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Son Lam wrote:Pour ce qui est de votre passage « histoire à répétition », j’ai la chance de pouvoir suivre « Graffiti 70 », une émission qui retrace les années 70 en France à un niveau politique […]. C’est atterrant de voir que le cycle en question boucle en 30 ans…
Très juste.
Galbraith, l’économiste américain iconoclaste, a écrit un petit opuscule très enrichissant qui s’appelle Une courte histoire de l’euphorie financière* qui met très cruellement le doigt là-dessus: chacun voit midi à sa porte et reproduit du boom au crach les mêmes erreurs, en se montant le bourrichon sur des valeurs toujours aussi consensuelles.
Avec un cycle, comme tu le mentionnes, d’une trentaine d’années.
La différence aujourd’hui, bien sur, c’est que le monde est plein de gens, armé de la Bombe, et consomme cinq fois plus qu’il ne peut jamais produire… Y aura-t’il un cycle après? …hinhinhin.
* A Short History of Financial Euphoria. Je ne me suis pas cassé pour la traduction.
Son Lam wrote:Il y a longtemps que j’ai « posé les outils ».Vrai? Cool. Qu’est-ce que tu fais dans la vie? (Ca m’échappe)
Son Lam wrote:Mais j’espère jouer plus qu’un rôle de passant en tentant de réunir un maximum de gens autour de l’idée qu’une autre société est possible.Car sinon, bonjour le Xanax et le Lexomil : je me demande comment on peut vivre avec une telle résignation. Tout n’est pas foutu et il ne tient qu’à l’homme de rebondir, de crier haut et fort ses aspirations pour que tout cela change.
Crier? Pour qui?
Sortir du système, c’est poser les outils qui participent au système, se mettre sur le bord et vivre sa vie. Crier, c’est s’enferrer dans la société de communication
. Au lieu de ca, je crois plus utile de s’occuper simplement à vivre de ressources le plus indépendantes possible de l’économie de la société (l’agriculture autonome étant donc un idéal), et de cohabiter avec cette civilisation moribonde.*Vis à vis d’elle, le mieux, c’est d’être un simple passant. Pas d’enjeux, si ce n’est (mais pour quoi en faire) le témoignage.
Je ne crois pas que ca va changer parce que les gens expriment l’aspiration que ca change. Je crois que ca va changer quand le système perdra de son élan faute de combattants, c’est-à-dire si suffisament de gens se sont dégagés du système.**
* Je ne prétends pas avoir trouvé de solution en ce qui me concerne.
** les étages du haut de la pyramide de Maslow sont pourtant très liés à l’intégration dans la société (–sauf le dernier, mais c’est moi que ca regarde
. Ca suggère qu’on aura besoin d’accepter viscéralement de nouvelles valeurs, ce qui est un chemin éminement personnel.posecafe wrote:Exode urbain, village fortifié ?
Ça a déjà commencé avec les résidences gardiennées qui poussent le long de la cote à proximités des sites touristiques.Ou bêtement les Phú Gia /Phú Mỹ Hưng au Sud de Saigon. Cdeux-là, de ghettos, sont bien plus caractéristiques des problèmes à venir.
posecafe wrote:Au fait c’est mad max sô may ?Le premier, je crois. Je cherchais des citations du premier. Sur Google: « Mad Max quotes »
Tu as parfaitement raison sur deux points:
1. Normalement l’histoire se répète.
2. Là, elle risque de ne pas.Les raisons pour lesquelles elle risque de ne pas se répéter sont nombreuses, et tu as cité le développement technologique, qui change complètement le paysage quant à la communication entre les gens comme au niveau international. C’est tout-à-fait correct.
Je pense surtout que nous sommes aujourd’hui très nombreux sur Terre, et on ne pourra pas simplement « délaisser » les sociétés qu’on voudra quitter, comme ca avait été le cas à l’époque des anciens. Les Européens quittaient le vieux continent il y a 3-400 ans pour trouver un pays vierge à conquérir en Amérique, ou simplement un lieu òu vivre leur vie hors du contexte social qu’on leur proposait en Europe.
Mais aujourd’hui?
Òu qu’on aille, on est dans le réseau, dans le tissu de cette société contemporaine quasi-unique.
On ne peut pas s’en écarter, alors peut-on « faire sans », simplement cohabiter avec elle en refusant d’y jouer plus qu’un rôle de passant? Peut-on simplement « poser les outils », comme dirait Daniel Quinn et arrêter d’édifier cette cathédrale au capital qui nous attire et nous étouffe?
Je crois que oui.
Et je crois que le Vietnam est moins enfoncé dans les leurres des hypermarchés (consommatoires ou financier), et edvra revenir de moins loin pour retrouver une économie saine faite de l’assemblage de nombreuses économies locales de petite taille.
Ah. Il faut avouer que vu la propension de nos amis pour la rime, ca doit être ca.
Donc, appeler une nana qui se promène seule « bò lạc », finalement, c’est pas romantique. :no:
Jed crois que ce serait bien de prendre des idées mais de respecter le style des smileys d’aujourd’hui sur le forum, qui sont très beaux et sympa.
(rien de trop, pas de luisant, pas de mauvais gout)
Trouver une Minsk au Sud n’est pas aussi facile qu’au Nord, mais je suis sur que c’est possible. Et personne n’aura envie de te la piquer –c’est en soi déjà une bonne garantie.
La future 2, c’est une moto de ville, et c’est récent. De plus, c’est fabriqué au Vietnam, et les pièces moins bien ajustées que les jap’ font que j’aurais en fait plutôt moins confiance. Enfin, si tu casses, pas forcément facile de trouver à réparer. (c’est relatif: il n’y a rien de compliqué). Si tu pars avec une moto récente, verrouille-la bien et fais les niveaux tous les jours, et ca devrait le faire sans soucis.
Quant aux pirates de la route, fariboles: Il y a 10 ans, on en trouvait (rarement) et ils s’attaquaient à des bus ou des camions chargés. Les plus dangereux aujourd’hui ont une casquette rose de police de la route, et si on se tient à carreau et qu’on ne comprend pas le vietnamien, ils ont tendance à préférer arrêter des gens plus faciles à convaincre.
Je serais toi: fonce.
Tu sais, posecafé, on est tous en train de tirer des plans sur la comète.
À ton sens, qu’est-ce qui va arriver au Vietnam quand il n’aura plus de débouchés commerciaux faute d’acheteurs? –et plus de fournisseurs de mobylettes faute de devises?
Pire, quand la production agricole va décliner parce que ca devient cher de mettre de l’urée industrielle sur le champ, fera-t’il faim en ville?
Peut-on imaginer un exode urbain, une invasion de la campagne? Un retour au brigandage et aux villages fortifiés? Les brigands de grand chemin, ca ne fait pas longtemps qu’on n’en voit plus. Sur Đèo Hải Vân, encore en 95…
À la montée du col des Nuages, qui était très pentue, un guse se mettait à la porte arrière des bus et lâchait quelques billets à l’approche des buissons. Derrière le bus, des gusses sortaient des buissons et couraient récupérer les billets. Que se serait’il passé si on n’avait rien donné? Le bus aurait été arrêté et ca se serait mal passé. Ca n’arrivait que rarement, parce que tout le monde donnait. Il fallait voir le démarrage des bus au petit jour de Đà Nẵng: couverts d’encens: calandre, roues… Une prière pour les freins, une autre pour les brigands.
Le problème du brigandage, c’est que c’est facile et rapide, et c’est un retour vers « manger ou être mangé », òu les brigands ont un avantage majeur: ils sont prêts à le faire.
Max dans: Mad Max wrote:I’m scared, Fif. It’s that rat circus out there, I’m beginning to enjoy it. Look, any longer out on that road and I’m one of them, a terminal psychotic, except that I’ve got this bronze badge that says that I’m one of the good guys.« J’ai peur, Fif. C’est ce cirque de rats, dehors, ca commence à m’amuser. Tu vois, un peu plus longtemps sur cette route et je serai l’un des leurs, un psychotique en phase terminale, sauf que j’ai ce badge en bronze qui dit que je suis un des bons. »
Tu peux participer, Posecafé, tes idées, même synthétiques, sont bienvenues. Et si on n’est pas d’accord avec ce que tu proposes, on le discutera tranquillement: c’est pas maintenant qu’on va changer le cours des choses. C’est pas comme si ca pouvait être une questiond de vie ou de mort demain matin.
17 juillet 2006 à 5h53 en réponse à : [Parainage] peut-être est-ce que je ne comprends rien à l’Asie… #22784On reconnait ici le talent de notre ami Minh.
Dis, Minh, il va quand-même falloir qu’on se croise un jour. Tu descends dans le Sud de temps en temps? (même seulement jusqu’à Saigon, je peux me déplacer!)
Notre ami Caliméro vient me rejoindre dans le Delta dans les jours qui viennent: il fait même du delta extrème: il va aller s’installer à Cà Mau!
:bienvenue1: euh. Parmi nous deux, alors.
Malheur! C’est aussi loin que Saigon! Et il prend l’avion!
Methadrone.
2 comprimés avant chaque repas, supprimez l’alcool et les femmes pendant la cure et revenez me voir dans 6 mois avec vos urines.
:bienvenue1:
Pas une surprise, vu le nombre de vietnamiens qui chassent les oiseaux!
Dans le delta comme dans les montagnes du centre, pas un bruit. Pas un chant. Quand on entend des animaux, c’est qu’il y en a un qui va mourrir. C’est la course, ou la douleur. C’est qu’il s’oublie. Même les tigres se planquent, s’il en reste.
C’est que l’homme fait la guerre totale à ses cohabitants.
Les seuls qu’on voit facilement sont en cage, ou ont la viande trop dure pour être réellement chassés. Comme les aigrettes, qui sont à peu près le seul zoziau qu’on trouve dans les « jardins ornithologiques » (mon oeil).
Mais, bonne nouvelle, depuis la grippe aviaire, les gens ont pris peur, et un tour opérateur de mes amis remarquait qu’on revoyait des oiseaux. On était sur mon bateau, au milieu de Măng Thít. Et j’ai vu une bécasse il y a quelques jours sur la route du chantier naval.
:jap:
On est tous là pour ca.
Tes idées me paraissent tout à fait bonnes.
Quelqu’un d’autre…?
Sơn Lâm, tu te perds, là.
Au Vietnam, l’analogie est plutôt avec les vaches (si).
Une fille qui se promène seule se fait appeler bò lạc (vache perdue).
Romantique, non?
:bigsmile:
17 juillet 2006 à 2h07 en réponse à : [Parainage] peut-être est-ce que je ne comprends rien à l’Asie… #22772auelles wrote:si après beaucoup de patience et de temps les murs restent infranchissables et bien ils le resteront.Je confirme, les gusses: Auelles est prêt.
auelles wrote:j’espère que le passé récent avec les américains ou le conditionnement idéologique du régime qui a succédé ne viennent pas trop inteférer, mais j’ai quand même un doute…Bien sur que si.
Đồng Hới, c’était juste la province limitrophe entre les deux Việt Nam. La province de la DMZ. Évidemment, c’est là que ca a tapé le plus dur. Dans un sens comme dans l’autre. Par endroits, les arbres sont tellement truffés d’éclats que jusqu’à il y a quelques années, on ne pouvait pas les couper. Les pôles opposés s’attirant, c’est aussi une des provinces qui ont la ligne la plus dure. Des purs. Des durs.
Ton doute est justifié.
Les gens les plus gentils ont souvent été « attendris ». Ils en restent difficiles d’accès.
16 juillet 2006 à 10h28 en réponse à : [Parainage] peut-être est-ce que je ne comprends rien à l’Asie… #22734Bảo Nhân, je suis d’accord, et je reconnais ton attention sympa dans ta réponse.
Mais le titre qu’Auelles a choisi en fait une question de fond et non pas de circonstance. Je n’ai pas vu Auelles appeler à la clémence pour quelque raison que ce soit, j’ai vu une question d’un parrain frustré par l’incompréhension.
En ce sens, toute brutale qu’elle soit, la réponse de Mai est pertinente. L’interculturel, c’est souvent violent. Ou faux.
Auelles a la gentillesse, mais aussi le courage de partager cette question, qui est une des quelques vraies questions de fond du choc culturel. On lui doit d’être droits dans nos bottes en lui répondant franchement.
Ca n’enlève rien à son geste.
Et si jamais il y avait un travail sur soi à faire pour être en phase avec ce que c’est au fond que le parrainage, je crois Auelles tout-à-fait capable de le faire: Auelles, c’est un franchisseur d’obstacles.Chapeau Auelles :friends:
Sans même parler de parrainage, j’ai vu pas mal de gusses partir dégôutés du Vietnam après des un an, un an et demi. En claquant la porte. Avec des « tes Viets, tu te les gardes! »…Moi-même, si je n’avais pas rencontré ma femme… Ca prend du temps et de la douleur, comme tous les apprentissages.
Et si on n’est pas prêt à souffrir, je crois qu’on est mieux chez soi, entouré de gens qui nous ressemblent. Je dis ca sans jugement de valeur: c’est une vraie solution.
Auelles, lui, il a souffert, et il est solide. Prêt? Je ne sais pas. Il est certainement surpris. Mais il sait franchir et se dépasser. S’il y en a un qui l’a fait ici, c’est lui. :jap:
Mais espérer qu’une petite du bout du monde accueille l’inconnu et le différent sans crise? Pas possible. Quand un lien se sera créé, si un lien se crée, peut-être un jour elle sera tentée de se frotter à cette découverte, à cette nouveauté, je le lui souhaite.
Dans ce sens, le coup de main de l’ami Minh ( :bigsmile: *) est le plus précieux des coups de main.
* pour les francophones hésitants, la mimine, c’est la main!
Bon, vu l’empoignade générale pour réponde à mes dérapages (merci à Sơn Lâm et les quelques fidèles de m’éviter le four, faites signe plus souvent, même avec un :tcon:, ca donne l’impression qu’on est lu), vu l’empoignade, donc, je vais mettre derrière nous en deux mots la partie de bravoure qui concerne le quid du comment et à quoi s’attendre quand la Croissance (avec une majuscule, comme Dieu) partira en vrille (faut-il vraiment employer le futur?) et que nous serons face à nos enjeux.
Tenez-vous bien, c’est un peu laborieux.
Mais d’abord, après le traditionnel Warning: roman noir, un mot peu rassurant de notre ami Morpheus dans Matrix.
Morpheus dans: Matrix wrote:CNN is everywhere. It is all around us. Even now, in this very room. You can see it when you look out your window or when you turn on your television. You can feel it when you go to work… when you go to church… when you pay your taxes. It is the world that has been pulled over your eyes to blind you from the truth.J’ai remplacé « The Matrix » par « CNN » pour ajouter un peu de perspective. (CNN est une chaine d’information très « mainstream », qui reflète les enjeux et les courants de pensée majeurs des USA et des grandes corporations)
la Matrice est partout. Elle est tout autour de nous. Même maintenant, dans cette pièce-même. Vous la voyez quand vous regardez par votre fenêtre ou quand vous allumez votre télévision. Vous la sentez quand vous allez au boulot… quand vous allez à l’église… quand vous payez vos impôts. C’est le monde qui a été tiré devant vos yeux pour vous rendre aveugle à la vérité.
La suite de cette citation est intéressante, je la ressortirai à bon escient.Revenons aux choses sérieuses
Qu’est-ce qui va casser?
- Deux secteurs deviennent déjà des secteurs pivots:
- l’énergie, bien sur: les stocks se concentreront, ainsi le pétrole restera dans les mains de quelques conglomérats gigantesques (c’est déjà le cas) et le nucléaire (qui présente aussi des enjeux politiques et militaires) sera tenu par des gouvernements. Par contre, on peut s’attendre à ce que la production d’électricité (ou d’hydrogène?) à partir de sources renouvelables se démocratise: les ressources comme le vent ou surtout le soleil sont très distribuées, et on verra des villages se chauffer à une source, ou s’éclairer avec une turbine dans une chute d’eau.
Il y aura donc une séparation entre les grands pouvoirs monolithiques des réseaux (essence et électricité) et des petits producteurs locaux, peut-être moins efficaces en termes de côut direct, mais indépendants. Le jour òu transporter l’énergie (faire partir des camions ou maintenir un réseau) deviendra cher, les productions locales acquerront une valeur majeure.
- L’agriculture, qui a historiquement été une ressource locale, voit ses produits aujourd’hui distribués par des grands réseaux. Le marché international du blé comme du riz sont énormes, et ce qui est produit ici sera consommé ailleurs. ce sont devenus des commodités, soumises à des prix de marchés, òu les traders, en mettant les producteurs en concurrence, imposent à tout le monde des rentabilités énormes, qu’on atteitn aujourd’hui à l’aide de semences génétiquement modifiées, ce qui donne un pouvoir immense aux grandes entreprises de l’agro-alimentaire, les Monsanto, les Cargill.
À côté de ca, resteront les petits producteurs locaux, qui souffrent bien entendu de cet état de fait (d’òu une grande part des subventions), puisqu’ils produisent plus cher, mais qui eux aussi seront indépendants des grandes transnationales.
On m’opposera qu’il est maintenant possible de faire des cultures « hors sol », qui ne prennent pas (autant) de place et permettent des rendements par hectare très spectaculaires. À ceux-là (je les attends de pied ferme), je rétorque que par contre en termes des autres ressources et notament d’énergie, on est très loin, très très loin du rendement d’un champ ouvert.
- l’énergie, bien sur: les stocks se concentreront, ainsi le pétrole restera dans les mains de quelques conglomérats gigantesques (c’est déjà le cas) et le nucléaire (qui présente aussi des enjeux politiques et militaires) sera tenu par des gouvernements. Par contre, on peut s’attendre à ce que la production d’électricité (ou d’hydrogène?) à partir de sources renouvelables se démocratise: les ressources comme le vent ou surtout le soleil sont très distribuées, et on verra des villages se chauffer à une source, ou s’éclairer avec une turbine dans une chute d’eau.
- L’économie mondiale « imbriquée » va se ralentir voire s’arrêter.
- La finance va prendre un sale coup. Comme c’était reflété hier, donc, dans Tuổi Trẻ, les spéculateurs vont se retourner sur l’or, qui a l’avantage de ne pas perdre de valeur (tant que tout le monde y croit) et le désavantage de ne pas être comestible. L’immense majorité des échanges financiers d’aujourd’hui (plus de 2000 milliards de dollars par jour déjà en l’an 2000, il y a bien longtemps) est à court terme, et plus de 95% de l’argent qui a circulé aujourd’hui recirculera dès demain. C’est bien de la spéculation stérile.
Ca veut dire, comme j’ai développé dans le message précédent, que les entreprises qui auront besoin de ressources vont se retrouver dans le trou, et que pas mal de choses vont s’arrêter.
- Le transport n’est pas gratuit. Quand vous venez au Vietnam, vous consommez rien qu’avec le billet d’avion la totalité de votre part équitable des ressources renouvelables de cette Terre. Mesurez bien ce que ca veut dire. En un seul voyage.
Les pays étrangers vont redevenir étrangers, les communications entre pays vont se raréfier (en tout cas en personne), les peuples qui apprennent maintenant à se connaitre vont redevenir lointains et incompris, les économies et les politiques vont devoir se relocaliser.
- Le commerce va commencer lui aussi à peser son poids. Un grand porte container d’aujourd’hui, avec ses 100,000 chevaux, consomme près de 300 tonnes de fioul lourd par jour. Celui-là, c’est sur, il rouille au Bangladesh avant d’avoir eu le temps de dire ouf!
Les pays qui produisent ce qu’ils consomment survivent, les autres se radicalisent et périclitent (mais non, ce n’est pas un héros grec!). La politique actuelle du Vietnam de produire pour l’export afin de financer ses imports chics (motos, avions etc…) est bien sur bonne quand on cherche la croissance à tout crin, mais est un échec majeur dans le domaine de l’indépendance, qui se dit « Độc Lập » et qu’on trouve en tête de la devise nationale.
- La finance va prendre un sale coup. Comme c’était reflété hier, donc, dans Tuổi Trẻ, les spéculateurs vont se retourner sur l’or, qui a l’avantage de ne pas perdre de valeur (tant que tout le monde y croit) et le désavantage de ne pas être comestible. L’immense majorité des échanges financiers d’aujourd’hui (plus de 2000 milliards de dollars par jour déjà en l’an 2000, il y a bien longtemps) est à court terme, et plus de 95% de l’argent qui a circulé aujourd’hui recirculera dès demain. C’est bien de la spéculation stérile.
- La politique internationale se radicalise, et les questions qu’on croyait oubliées de lebensraum qui avaient provoqué les visées expansionnistes de l’Allemagne de 1939 vont se retrouver à l’échelle mondiale. Il va falloir se creuser la caboche pour trouver qui envahir. Mars?
En tout cas, les gouvernements vont tenter de relancer l’économie avec des grands projets, et ceux qui sont le plus impliqués dans la production d’armes auront vite fait de chercher sur qui les consommer. Regardez bien, ca a déjà commencé.
Une fois ces prémisses posées, on voit clairement quelques critères se dégager:
Les survivants seront relativement autonomes et non monolithiques, ils subviendront à leurs propres besoins et seront donc politiquement indépendants. Ils auront évité les écueils de la simplification agricole à outrance qui est instillée par les super-céréales des producteurs d’OGM, ils auront des ressources en eau à eux (ce qui n’est pas vraiment le cas du Vietnam, les grands fleuves du pays prenant tous leur source à l’étranger).
Et ils sauront se battre pour défendre leurs ressources. Les pacifistes, je le crains, iront vite à la trappe. Et je ne suis pas un guerrier, loin de là.
Avec l’apauvrissement, les rancoeurs s’exacerbent, les banlieues flambent, les laissés pour compte se rebiffent, les leaders se font apostropher (mais non, c’est pas un philosophe classique!). L’unité sociale sera déterminante pour la survie d’un pays.
Après la crise (un an? dix ans? plus?), ce qui restera dépendra beaucoup d’à quel point les gens auront tenu ensemble. Mais on peut s’attendre, avec l’inertie de tout un chacun et le besoin de défendre les acquis, à ce que ca se passe dans le sang, et à ce que la population mondiale soit bien moindre alors que maintenant.
:affraid:
Ca va? Vous êtes encore là?
- Deux secteurs deviennent déjà des secteurs pivots:
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