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Il y a une vérité à ta paraphrase vrillée.
Dans le delta, traditionnellement, les gens parlent droi, simplement, et il y a peu d’arnaque. Le prix à un inconnu sera à peu près le même qu’à un client connu. (bien sur, l’arrivée du tourisme commence à changer les choses) Mais en fait, quand on suit bien les cours, on s’apercoit que petit à petit, c’est plutôt quand on est connu que c’est un poil plus cher. (sans généraliser, hein, mais ca arrive assez fréquemment)
Est-ce parce que le marchand n’a plus besoin de « ferrer son poisson »? Est-ce parce qu’une « contribution » à la vie du marchand est bienvenue?
Je ne sais pas. Ca se fait en douceur, et toujours avec le sourire, et sans aucune malice. Mais si tu veux garder les prix en place, aie deux fournisseurs et change de temps en temps.
J’ai toujours de très bonnes relations avec mes fournisseurs, même s’il m’arrive de varier un peu.
Quant ả la conclusion de Pierre, on est bien d’accord, même si moi-même je vis du tourisme. La quête effreinée au nombre de touristes, qui pousse les autorités à ne compter que les entrées sans se soucier de ce que ces touristes ont dépensé au Vietnam ou à quel tourisme ils se sont adonnés, c’est une course vers un mur de parpaings bien durs.
What gets measured gets treasured.
Sans doute! C’est fou comme c’est précieux, 30cts. Pourtant quand on lit le forum, ca donne l’impression que c’est peanuts…
La statistique de VNAT dit qu’en pratique, moins de 10% des touristes qui sont passés au Vietnam reviennent. La stat’ serait en légère augmentation cette année. (Contre 65% en Thailande en 2000)
Peut-être faudrait-ils qu’ils soient fous amoureux du Vietnam avant de venir, ca aiderait?
Mais en fait, ca n’aiderait pas. Être passionné, ca expose aux pires désillusions aussi, pour des choses qu’on aurait acceptées pour étrangères (ce qu’elles sont) si on était parti d’un pied neutre.
C’est ce qui rend si difficile le retour de nombreux Việt Kiều (pardon: bà con kiều bào) et autres passionnés. Ils en savent trop pour rester indifférents et pas assez pour accepter simplement le Vietnam d’aujourd’hui.
Parce que, Đẹp Trai, la simplicite, la culture, la douceur qui se degage, etc… c’est vrai (et très agréable). Et, amoureux, je te souhaite de les vivre toujours. Mais pour les autres, il faut aussi voir le quotidien, qui n’est pas toujours aussi rose.
Comme partout, il y a des gens super et des gens communs, des gens honnêtes et des pourris, et dans un pays ou c’est le réseau relationnel (et je ne parle pas de mafia ou d’embrouille) qui crée la stabilité, être sympa est très important.
Quand on n’a pas de relation à établir avec toi, un étranger qui passe, pourquoi faudrait-il être sympa, voire simplement honnête? C’est l’origine des arnaques à trois balles, et c’est vrai que ca peut être épuisant à la longue.
Moi, je m’en moque, je fais partie du paysage, et sujet aux règles des personnes permanentes: ils vont me recroiser demain voire avoir besoin de moi, aussi je suis toujours très bien traité (et moins arnaqué).
Mais pour un touriste qui arriverait tout sec au Vietnam, et qui n’aurait aucune idée de ce contexte, que voit-il? Il est un source de revenu qui sera partie demain, donc on le plume. Logique. C’est une des facettes de la volonté de ce peuple de s’en sortir. Point barre.
Pas de jugement, donc. Ni dans un sens ni dans l’autre.
C’est Mai qui reprend la main, je n’en esperais pas moins. Une fois de plus, Mai apporte un autre regard.
On est effectivement devant des choix personnels, et effectivement ils se comprennent d’abord dans notre echelle de temps, c’est-a-dire au niveau de notre relation aevc notre societe.
mai;39810 wrote:tes reflexions me sont sympathiques..mais un vagabond dans quelle société?C’etait en France.
Je souscris a ton analyse sociale des SDF et a leur vocation de faire peur.
Mais ca reste ca: une analyse de l’aspect social des SDF. Acronyme administratif, d’ailleurs, et reducteur de ceux qui vivent le vagabondage par rapport a comment il est vu depuis la societe.
Le frere de cet ami n’etait pas mendiant que je sache, et je crois pas meme en ville. Et il vit sa vie pour elle-meme. Le rejet de la societe a ete un point final, il ne vit pas je crois ce rejet, mais « apres ce rejet ». Donc « vagabond » est plus approprie que « SDF ».
Permets-moi de te citer pour le plaisir:
mai;39810 wrote:Le problème est que nous sommes embarqués et que cette » raison économique » a tout gagné même les pays non occidentaux.n’oublie pas que dans les sociétés traditionnelles asiatiques le commerçant était au bas de l’échélle sociale et derrière le paysan…Aujourd’hui l’inventeur de cette « ratio économicus » c’est à dire l’occident domine la planète, (cette occidentalisation est le nom entre autres selon moi du mot globalisation)mais c’est cet occident qui dit dans ses marges de résistance « le monde n’est pas une marchandise » »nos vies valent plus que leur profits »Du petit lait.
mai;39810 wrote:..faut il croire à la dialectique?..je veux dire au retour du balancier ou tout simplement à la résistance?de petites résistances au jour le jour ,de dire non à son échelle de vie professionnelle et sociale sans tout déserter..sans mettre en đanger cette force elle même d’opposition?La encore, d’accord, mais c’est toujours une analyse du cote social de la resistance.
En realite, resistance ou pas, ou si cette resistance est la pour donner bonne conscience a une majorite qui poursuit le travail de notre societe commerciale et mondialement occidentalisee (j’aime l’assimilation), au niveau ecologique, on n’en va pas moins dans le mur.
Et quand la Terre ne sera plus capable de subvenir a notre mode de vie, nous allons tous nous retrouver face a cette mort annoncee. On verra alors ressurgir les barbares.
Mon constat qu’on baisse les bras –et moi avec tous, a ma maniere– est un constat amer. Mais je ne suis pas pret a me rendre asocial pour mes convictions. Je ne suis pas un heros, et avant tout je suis marie, pere, et bien implique dans une large famille vietnamienne qui attend en partie mon travail pour prosperer, puisque tels sont les objectifs de nos jours. Devrais-je me mettre en-travers?
L’implication sociale de chacun commence au premier pair, au premier lien, et des ce premier lien commence la pression pour proroger les valeurs sociales. La tragedie des biens communs bat son plein, d’autant plus que si la jouissance est presente, le sacrifice est futur, et encore facile a nier.
J’aime: les regards constructivement critiques
j’aime pas: les emporte-pieces a la « Viet = beau / tây = beauf »C’est vrai: etranger au Vietnam, on souffre des schemas simplistes d’une majorite de la population, et il faudrait accepter ceux de la petite minorite d’etrangers amoureux transis (et le plus souvent de loin) du Vietnam?
Ouvrons les yeux et profitons du Vietnam reel avec ses bons et ses mauvais cotes.
Ce j’aime-j’aime pas a vraiment un sens, merci pps, si on prend la peine d’avoir un peu de discernement.
Ben oui.
Il y en a plein, et meme des grosses.Voyez d’excellent vietattitude.com, pour un exemple de petite taille qui fait aussi agence en direct.
Et pour des receptifs de plus grande taille les excellents easia-travel.com, phoenixvoyages.com et exotissimo.com –mais il y en a bien d’autres.
Ceux-ci travaillent presqu’exclusivement au-travers de TO europeens.Mais pour se lancer la-dedans: courage: ceux que je cite la avaient une experience tres solide du terrain avant meme de commencer.
Passe sous Linux.
(on appréciera que cette solution, en plus d’offrir une gestion bien plus nette des time servers, apporte à l’usager en même temps un vrai sentiment de fraicheur et de liberté)
16 novembre 2007 à 14h52 en réponse à : "Dérapages écolo-écono-technico-phréniques contrôlés" #49356Un exemple, un exemple…
Il y en a pourtant mille, des exemples:
J’aime: le boulanger qui se lève tôt le matin et qui fait sa fournée pour servir les petit-déjeuneurs affamés à la tombée du lit.
J’aime pas: la boulange industrielle òu les employés commencent ou terminent un quart sans passion et òu la pâte est dosée par des machines.J’aime: le xe ôm qui est là même quand il pleut, même à deux heures du mat’ sous sa cape et qui reconnait ton pas sur le béton de la ruelle.
J’aime pas: le chauffeur de bus qui se fait plaisir en roulant à tombeau ouvert, non seulement le sien mais aussi celui des 15 passagers dont il méprise la vie, derrière.J’aime: le mécanicien de village, la tête bien faite et fendue du sourire qui va bien, et qui prend chaque bricole à coeur pour en faire quelque chose qui marche.
J’aime pas: l’usine òu on te renvoie d’un clampin à un inutile parce que ton projet et trop petit, trop compliqué.C’est facile d’aimer quelqu’un qui met le coeur à l’ouvrage, mais dès que les choses grandissent à force de coeur à la tâche, nécessairement elles impliquent des gens dont ce n’est pas la passion, et elles s’alourdissent et elles s’empâtent.
Il y en a d’autres qui sont bien plus controversées encore, quelque coeur qu’on y mette.
J’aime: dessiner et construire mon bateau avec un charpentier rugueux d’expérience, qui apporte à la créativité la lumière de son vécu.
J’aime pas: couper des arbres et mettre des gros diesels dedans.On a beau faire les choses qu’on aime, on trouve toujours ce qui ne va pas dès qu’elles prennent de l’ampleur. Parce que le succès d’une entreprise ne correspond pas forcément à celui de ceux qui la forment, et parce que s’il fallait juger une activité au fait qu’elle ne dérange pas la nature, on serait tous photographes animaliers.
Et encore…
Enfin, quelque bénigne que soit ton activité, son succès amène trop souvent un changement de mode de vie de ceux qui l’entourent. Au Vietnam (il va quand-même falloir parler du Vietnam), dès qu’on a un job un peu stable, on se marie, on construit et on achète une moto (avant, c’était un buffle). Bientôt on a des enfants.
Et ce qu’on se doit quand on a une famille et qu’on se respecte, c’est de bien nourrir la famille et de faire montre d’un certain succès. Alors re-moto pour madame, grande maison, le bambin doit être bien gros, et on bouffe et on consomme, et là même le photographe il n’est plus bénin.
C’est parce que le comportement des uns et des autres nous est imposé par la fameuse norme sociale, et que la norme sociale d’aujourd’hui, c’est le consommateur. Alors nouveau téléphone, les dernières couches culottes jetables, on change la moto à la première rayure.
Finalement c’est à croire l’humilité n’ait de place que chez ceux qui ne peuvent pas faire autrement. C’est pour ca que j’ai du mal à citer un business dont le succès commercial et financier est bon sans nuance: il pourrit les gens qui le vivent.
Depuis l’avènement de l’ère industrielle, de James Ludd et de ses machines à tisser des chaussettes, ca a été la course au progrès, et dès le début celui-ci a été confondu avec la croissance: mieux produire, c’est d’abord plus vite, de la meilleure qualité, moins cher, tout ca se traduit par plus d’argent, et la longue course est lancée, depuis la fin du XVIème siècle, vers l’apothéose qu’on vit actuellement.
Le progrès de la vapeur a apporté d’autres sources d’énergie que les moulins à eau òu à vent et le labeur animal et permis à moins de gens de produire autant;
Puis le progrès des transports a affranchi le commerce de produits frais des temps de transits prohibitifs;
Puis le progrès des télécommunications a permis de passer des accords sans même connaitre son vis-a-vis;
Puis, puis, puis…
Et maintenant le progrès biologique permet de nourrir de plus en plus de monde inconnu de l’autre côté de la terre en produisant vite et pas cher à partir de ressources épuisables mais qui ne sont à personne.
Voilà pourquoi j’ai du mal à citer un business dont le succès financier m’est agréable sans nuance. Ca corromp dedans, ca corromp dehors, et la norme de ce début de siècle est une norme de fin de civilisation:
Chacun pour soi, puisqu’on est tous des inconnus.
Alors je fais mon job comme je l’entends en en acceptant les contradictions: on ne sort pas du monde comme ca pouvait être le cas à l’époque des pyramides (cf Daniel Quinn), mais on peut faire sa vie à côté de cette société putride, en usant la bête tant qu’elle est encore là.
Ne renoncons pas tout seul de son côté au pétrole: c’est futile. La transformation et la consommation de pétrole augmente de 3% par an régulièrement et la Chine ne fait que commencer. Et la production de pétrole en est au point òu elle en est depuis 650,000,000 d’années: nib.
Et le Vietnam là-dedans?
Le Vietnam est en train de se recouvrir de supermarchés, dont les centrales d’achats nivellent les prix agricoles, et cette même agriculture est aujourd’hui au diapason du retour sur investissement: on vend à 4000đ le mètre cube la terre fertile de rizière pour faire des étangs à poissons ou, pire, à crevettes, dont la pollution, ma foi, est l’affaire des autres. On exporte, on exporte et on exporte encore des protéines animales et principalement aquatiques, en usant maintenant les ressources vivaces du Vietnam en subvenant aux nouveaux besoins des pays qui les ont déjà usées, pour faire du dollar et acheter la Honda @.
Le frère d’un ami proche a tenu le même raisonnement que moi, et comme il était honnête et célibataire, il a laissé toutes ses affaires et s’est fait vagabond. Il vit simplement, ne manque de rien de fondamental au niveau matériel, mais il renonce à se présenter aux réunions de famille et ne dérange plus ses amis de sa présence. C’est un prix lourd à payer pour être en règle avec sa conscience.
BEBE;39659 wrote:Y a pas seulement prof quand on est licencié en français.Non, mais combien d’étudiants en langue francaise rêvent de devenir secrétaire ou guide touristique?
La proportion de ceux qui confondent la langue avec un métier reste malgré tout importante. Essaie de recruter un francophone pour voir: plein de bonne volonté mais pas les bonnes motivations.
Cela dit: je m’y colle: je cherche un guide francophone embarqué sur mes bateaux. Avis aux amateurs vietnamiens de Cần Thơ.
virgin;39361 wrote:c’est un marché flottant aussi? dans le delta?
merci pour l’info,si tu peux me dire ou il se trouve j’irai la prochaine fois !
Trà Ôn est à peu pres au milieu, au-dessous de Cần Thơpure_paul_spoon;39739 wrote:J’aime:tout a l’air possible au Vietnam.J’aime pas:Tout est possible,tout!
J’aime: tout est possible
J’aime pas: tout peut arriver
L’indicatif de Hanoi, c’est 04

Quelles nouvelles de ton bambin?
6000 licenciés en francais en 45 ans, ca en fait des profs reconvertis ou au chômage!
12 novembre 2007 à 10h28 en réponse à : "Dérapages écolo-écono-technico-phréniques contrôlés" #49123Pfiou, je viens de relire les dix pages.
Et je vois que ma vieille question est en suspens: Existe-t’il un commerce dont tous approuvent sans nuance le succès?
Je crois que si la réponse est non, c’est en soi une réponse très intéressante.
HUYARD Pierre;39491 wrote:Il faut comprendre le « second degré » comme une échelle d’appréciation des brûlures.Superbe, Pierre. Je la retiens.
Les idées alternatives sont soutenues par des minorités qui y ont intérêt. Mais la pensée mainstream, elle, est soutenue par une majorité qui y a intérêt.
Voire, pire encore, quand la majorité est comme on la connait ramollie du bulbe, par une minorité d’intelligentsia qui en tire bénéfice sur son dos.
Avec tout ca, on n’est surs que d’une chose: on ne sait pas ou on va, et on peut avoir confiance dans nos élites pour ne pas en savoir plus.
C’est un sujet lourd, qu’on avait abordé il y a bien longtemps sur ce même forum. C’était la déprime, je ne recommande à personne.

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