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16 juillet 2006 à 7h53 en réponse à : [Parainage] peut-être est-ce que je ne comprends rien à l’Asie… #22727
(Attention: c’est tout un roman)
Auelles,
Mai s’est exprimé durement, et ca, je le lui laisse. Mais je voudrais apporter juste un exemple qui montre que les motivations de l’aide que quelqu’un peut apporter à des enfants peuvent être complexes voire difficiles à suivre.
Il y a quelques années, un couple d’Européens tout jeunes retraités qui était ici –ils sont devenus des amis et en sont tout à fait dignes– prenait son diner en ville assez régulièrement, avec quelques enfants de la rue quand ils étaient là: une facon simple de non seulement les nourrir sans qu’ils aient à recourir au larcin, mais aussi de passer du temps avec eux, donc de parler et peut-être d’apporter quelques éléments de stabilité dans la vision du monde de ces enfants. Il faut dire que parmi eux, plusieurs étaient au tout début de l’adolescence, moment à risque s’il en est, pour l’orientation des garcons et des filles. Ca a duré un temps et puis, comme tous les étrangers, ils ont fini par partir.
Une ou deux années ont passé, et les voilà qui reviennent pour donner un coup de pouce au beau projet qu’ils avaient réalisé du temps òu ils étaient là. Ils retournent diner au restau Le Mékong, et voilà que se pointe une jeune fille qu’ils avaient connue. 13 ou 14 ans, déjà une jeune femme, elle n’a pas mal tourné, et arrive avec un peu de marchandise pour touristes: cartes postales, etc. On papote, et, toute fière, je devine, de leur montrer qu’elle a l’ébauche de son petit business, elle leur propose des cartes postales.
Ils ont refusé. Ils lui ont donné de l’argent, mais en déclinant de prendre des cartes postales. « non non non, c’est pour toi qu’on le fait, pas pour des cartes postales » ou quelque chose du genre.
Là, je ne dis rien, mais je ne comprends pas. Je crois qu’il aurait été mieux de lui acheter ses cartes postales et de valoriser son effort, plutôt que de le nier et de la remettre dans une relation de dette avec un cadeau qu’elle n’avait pas demandé.
Ils savaient peut-être des statistiques que j’ignore sur òu mène la vente de cartes postales, mais j’en doute.
Si ce n’est pas ca, alors pourquoi ont-ils refusé de lui acheter une carte postale et de valoriser son travail? Mystère. Je le répète, ce sont des gens tout à fait adorables et humains et responsables. Mais je suis toujours resté à me demander quelle était leur motivation sur ce coup-là. Un besoin de donner? Dit comme ca, c’est un peu égoiste.
Humains, on est aussi sujets aux erreurs, et je me garde bien de les juger sur une fois.
Enfin, Auelles, à te lire, je devine que tu aurais été heureux qu’elle ait évité l’écueil des adolescentes de 13 ans et monté son affaire, même embryonnaire. Mais est-ce facile de garder la distance nécessaire à valider, valoriser son travail, et ne pas simplement vouloir avoir une relation particulière avec sa filleule (ce qui était de fait le cas)?
Difficile.
Pour en revenir au problème du besoin de donner, qui est très chrétien et probablement particulièrement catholique (j’ai été élevé catholique moi aussi, donc je ne connais pas bien les autres parfums), on le retrouve dans les différences entre les diverses ONG: il y a les opportunistes qui surfent sur un marché ouvert par la banque mondiale ou un gouvernement, les grandes entreprises qui sont aussi froides et structurées que Total (la Croix Rouge, etc…), et une foultitude de petites ONG òu on trouve de tout: des gens simples ou compliqués, des localistes et des mondialistes, mais aussi beaucoup des gens qui ressentent intensément, voire parfois qui se définissent par, le geste du don (de soi).
Pour m’y être frotté pendant quelques temps (comme d’autres sur le forum), je peux dire que ce ne sont pas ceux-ci les plus simples, ni forcément ceux qui apportent le meilleur. L’émotion interfère. Elle complique. Elle charge une relation qui du coup ne peut pas rester simple, elle colore une image et empêche de prendre plein de décisions.
Ca demande encore des efforts supplémentaires, parce que le don doit être désintéressé. C’est une abnégation (au sens originel: un refus de, un recul par rapport à) vis-à-vis de ta filleule. Le risque est grand qu’avec le temps elle suive une voie que tu ne comprennes pas, et que tu la « perdes », si on peut dire parce que tu ne « l’as » pas.
Qui sait pourquoi elle était effrayée quand vous êtes arrivés? Je racontais ailleurs récemment que les parents pouvaient jouer à faire peur à leurs enfants avec des étrangers. De là à ce qu’on nous donne le rôle de croque-mitaine quand les enfants ne sont pas sages… (et à Đồng Hới, de surcroit!) Et même si ca ne vient pas des adultes, vous connaissez la cruauté des enfants entre eux. La petite a peut-être aussi peur d’être pariah à cause de sa filiation (filleule -> filiation?). Est-ce que ca ne pourrait pas expliquer sa peur? A quoi devra-t’elle se soumettre maintenant pour être acceptée dans leurs jeux? J’extrapole, mais pas tant que ca.
Les écueils sont là, ils sont nombreux, il y en a pour longtemps. Ca justifie la politique de l’ONG que décrivait Mai de ne pas laisser les parrains et marraines approcher des filleuls. Mais c’est dur, et ca empêche le contrôle ou en tout cas le contrôle direct. Tout ca est très compliqué à faire fonctionner droit.
J’ai beaucoup de respect pour ceux qui y arrivent comme pour ceux qui, parrains et marraines, plongent comme ton épouse et toi. Vous avez fait des erreurs, disais-tu dans ton blog, mais aucune qui ne se répare avec patience dans le temps. (Je cite posecafe et la chanson: il faut donner le temps au temps)
L’engagement plus simple, et plus intense, mais pas forcément possible, est l’adoption. Mais là aussi on pèche par fierté en supposant apporter le meilleur quand on enlève quelqu’un à sa société.
Re: méthane intestinal: ca ne se taxe pas mais ca pourrait se vendre: ca s’appelle le biogaz, et des fermes se chauffent voire produisent de l’électricité avec ca (les plus grosses): on met du lisier dasn une bâche fermée enterrée et on récupère dans des canalisations les gaz qui se dégagent. Je prédis, moi, un boom (!) sur le chou et sur les fayots!
Tuổi Trẻ titre hier en page 3: « Giá vàng tăng, giá dấu lập kỷ lục mới ». Avec le baril de Brent à $78, le côut de production et de transport augmente et la rentabilité des entreprises est moins bonne, du coup au lieu de se jeter sur les valeurs –encore peu nombreuses– de la bourse vietnamienne dans leur commerce à la petite semaine, les spéculateurs se retournent vers l’or, qui monte.
L’or est la valeur refuge par excellence, quand tout va mal, les gens achètent de l’or, qui est censé rester stable pendant que les entreprises perdent de leur valeur. Ca stigmatise un effet pervers de la bourse.
Les spéculateurs achètent les parts d’une entreprise non pas pour lui apporter du capital (ils l’achètent le plus souvent à d’autres détenteurs d’actions et non pas à l’entreprise elle-même), ni le plus souvent en tant qu’investisseur pour les dividendes qu’elle va verser, mais simplement parce que quand une entreprise est en train de monter, comme les investisseurs espèrent qu’elle va dégager des bénéfices et distribuer des dividendes, ils sont prêts à acheter des parts de cette entreprise plus cher et donc la valeur de l’action elle-même augmente. Les spéculateurs ne sont là que pour la marge entre l’achat et la revente de l’action.
Grand bien leur fasse, me direz-vous.
Mais quand les affaires vont mal, par exemple quand l’augmentation du pétrole présage une augmentation des côuts et un ralentissement de l’économie, les spéculateurs lâchent leurs parts d’entreprises, et s’ils ne trouvent pas de boite qui monte, se retournent sur une valeur sure, l’or. La valeur des actions étant fixée par le marché boursier, quand il y a beaucoup de gens qui vendent, leurs prix baissent. Ce qui, nous l’avons dit, ne touche pas directement les entreprises, puisque ce sont d’autres acteurs du marché qui achetent –ou pas.
Par contre, la valeur et l’histoire d’une action ont un effet important dans un cas: quand l’entreprise qui les a émises va chercher du capital en émettant d’autres actions. Par exemple, si une entreprise a besoin de se diversifier, ou de réinvestir pour faire face à un contexte difficile, et si elle est en bourse, elle peut avoir besoin d’augmenter son capital. Elle publie alors de nouvelles actions et collecte le produit de ces ventes.
Si la conjoncture est difficile et que les spéculateurs ont revendu –faute de confiance– beaucoup de parts de l’entreprise, elle ne pourra pas obtenir facilement de capital en émettant de nouvelles actions, puisque l’argent disponible sur le marché se fait rare. Si la frilosité persiste, ca peut entrainer un profond mouvement, et mettre à mal des entreprises qui auraient bedsoin simplement d’un peu de trésorerie pour faire ce qu’il faut pour survivre.
Quand on se jette sur l’or, on assèche le capital qui circule dans une société, et on force l’économie à ralentir. C’est pour ca qu’en 97, le Vietnam avait pris des décisions radicales pour arrêter (couic) le marché noir de l’or.
Là ou on s’amuse, c’est que la valeur de l’or est elle aussi un consensus. Qu’est-ce qui donne à l’or sa valeur? (hormis que ca allume les yeux des femmes?) Rien. C’est durable et relativement rare, point. Cette valeur, c’est comme le gôut du steak, une question d’appréciation.
Cypher dans: Matrix wrote:I know this steak doesn’t exist. I know that when I put it in my mouth, the Matrix is telling my brain that it is juicy and delicious.Bon annif à LeThi et Hoan Kiem!
un an de plus, déjà grands! Ca nous pousse!
Haha, vous en faites pas, on reste toujours les mêmes pour ceux qu’on aime!
16 juillet 2006 à 3h22 en réponse à : [Parainage] peut-être est-ce que je ne comprends rien à l’Asie… #22723Auelles,
J’ai lu ce que dit Mai crument et j’y trouve une part de vérité: les Vietnamiens ont été habitués à voir des étrangers venir les aider pour des tas de raisons, souvent des raisons personnelles, et prennent bien sur de la distance par rapport à ca.
Je rejoins Posecafe sur pas mal de ce qu’il exprime.
On parlait récemment des frustrations qu’on pouvait vivre à s’immerger au Vietnam avec ses gôuts et ses valeurs occidentales. Je crois que chercher le contact avec un enfant d’ici en restant en France est immensément plus dur: on reste chacun dans sa culture, sans franchir le pont.
Je comprends que tu souhaites qu’elle garde la sienne –c’est louable. Je comprends aussi que tu gardes la tienne. C’est naturel en France de s’attendre à une manifestation de la part de la petite. Peut-être moins ici de la donner.
Je ne suis pas vietnamien d’origine, mais je peux essayer de donner quelques éléments qui, s’ils sont simplifiés et donc contestables, me paraissent pertinents (il y en a à prendre et à laisser):
Ici, on n’a de liens solides que dans la durée et la proximité (les fameux cercles confucéens), et ca prend du temps, même en vivant ensemble, pour établir les liens de confiance. Plus on est éloigné, moins on se doit. Tu es loin, ca prendra longtemps.
Ici, quelqu’un qui part me quitte. L’ami d’hier qui est parti ne sera un ami que s’il revient. Tant qu’il est parti, je ne lui dois rien (sans doute parce que les Vietnamiens se sont habitués à des départs définitifs).
Auelles dans: le blog wrote:Chacun était bien conscient que c’était peut-être la dernière fois que nous nous voyonsIl y a malheureusement de nombreux exemples des effets extrèmes de ces départs.
Ici, on respecte les gens éduqués mais les gens simples ne pensent pas à donner une éducation à un enfant. Ton geste n’a peut-être pas été ressenti comme une subvention à un besoin spécifique, mais comme une aide plus générale.
Ici, la fierté peut prendre une forme de froideur: si je ne t’ai rien demandé, ton aide doit être invisible, ou elle peut provoquer une dette inopportune.
Ici, on ne refait pas le monde autour d’un verre. Les principes et les valeurs de quelqu’un sont ce qui se vit au quotidien. Rares ceux qui les débattent et agissent en fonction de leurs conclusions. En d’autres termes, la dignité est viscérale ou pas.
Ici, l’écart entre la vie de tous les jours et ce qu’on montre à la télé de la vie des Européens est énorme et mal compris. L’accueil de la famille et du mentor (si j’ai bien suivi) sont une chose, Celui de la petite en est une autre. Peut-elle s’identifier?
Je voudrais partager une histoire qui m’avait bouleversé à l’époque òu j’ai rencontré ma femme. C’était le Hanoi de 93, le Vietnam s’ouvrait à l’adoption. Une voisine, Diana, adoptante qui par pure bonté s’était déclarée ouverte à accueillir garcon ou fille de plus de quelques mois. Arrive Giang, une petite fille malingre. Diana l’accueille, mais ca ne se passe pas bien: la fille crie toute la nuit. Elle fait toutes les bêtises possibles: elle fait pipi sur les passants du premier, elle se mouche dans les oreilles de tous ceux qui espèrent un signe d’affection (dont moi, bonjour la colle!), tout à l’avenant.
Elle a des dents définitives, fait sa lessive toute seule, elle a au moins 7 ans. Ca a duré trois semaines d’enfer, et Diana, bien que désespérée, n’a pas lâché. Toujours attentive et toujours prévenante.
On annonce l’arrivée de sa famille d’origine –la petite et son frère, brutalement orphelins, ont été accueillis par un oncle qui n’a pas les moyens de les nourrir– pour une visite. Je garde la petite pendant que Diana descend accueillir la famille. Et je lui ai dit que c’était elle qui choisissait.
Quand on est descendus, le frère et l’oncle étaient là, ca pleurait à chaudes larmes. Giang est allée tout droit vers Diana et elle l’a adoptée (et, ce qui m’étonne maintenant, elle l’a prise dans ses bras). C’était son choix. Un choix de durée.
Un an après, j’ai recu une carte de Diana qui racontait que Giang était en CE2 et qu’elle était première de sa classe.Si je raconte ca, c’est parce que le choix était très évidemment un choix de vie: contact quotidien et construction de la relation. Ca, Auelles, tu ne peux pas espérer le vivre sans être au Vietnam ou sans qu’elle vienne en France vivre avec vous.
Sois patient, et si elle grandit dans de bonnes conditions, un jour elle viendra vers toi.
Là est la clé: Đồng Hới, c’est un des bleds les plus pauvres et les plus ravagés du Việt Nam. Un étranger s’y faisait lancer des pierres sans provocation il y a pas 15 ans. Ce qu’elle peut espérer y vivre dépend de ton aide, mais aussi beaucoup du guidage et des incitations qu’on lui donnera. En fonction de ca, elle restera étrangère à nos valeurs ou non.
Les valeurs occidentales de charité, de bonté, sont connues au Vietnam, mais ne sont pas la fondation de la culture: ce sont des valeurs spécifiquement chrétiennes. Et la proximité affective ne se crée ni ne se manifeste comme chez nous.
Patience. Si le contact s’établit, c’est gagné.
P.S. Tu es passé à Cần Thơ en Juin avec ton épouse! Dommage que nous ne nous soyions pas croisés.
Flute, Caliméro, tu y étais? J’y suis passé aussi! Mais pourquoi je ne t’ai pas appelé? :icon_eek:
Je n’ai pas vu Pascal non plus.VNlover wrote:on recherche une generation prete a se sacrifier, qui se designe volontaire, personne :bigthumbup:Soit. On est d’accord.
Mais si on ne s’y emploie pas, les autres, ou au pire Dame Nature elle-même, se chargeront bien de nous remettre au pas. C’est pas vraiment une question d’être volontaire, tu sais.
Quand l’eau monte, il faut bien nager.VNlover wrote:je vais faire mon anti-utopiste mais une fois les illusions perdues, que reste t’il :heat:En v’la un qui construit son avenir sur des illusions? Je veux voir la fin de l’histoire :bigsmile:
Tu mets sous une tente un garcon peint en bleu et une fille peinte en jaune et ils ne doivent ressortir que quand ils sont verts.
:bigsmile:Trai Tim wrote:doit-on véritablement utiliser le « bon » classificateur à chaque fois ou en existe t-il un qui soit assez général ?le cuiller qui est sur le table a été lavé à l’eau chaud.
Même en francais, on a des classificateurs, non interchangeables. Et, honnêtement, ils sont bien moins justifiés que leurs confrères vietnamiens.
(Et en Allemand, c’est top: demoiselle, c’et pas féminin, c’est neutre! :petard:)
Whoa, l’homme!
Hé, Mike, il y a des idées de smileys très sympa sur le site que présente Banzai.
Regarde page 4. (Bon, il faudrait les mettre au format des tiens, que j’adore: très bon ton et classieux!)
J’en vois qui me plaignent. 😥
Va falloir faire gaffe à ce que je dis.
:tease:
Le nème, il est pas choua du tout nhé.
abgech wrote::bigthumbup: Nem Chua, bien placé, non ?Dans le mille :tdr1:
C’est aussi une de mes raisons principales: m’affranchir.
De Microsoft, des virus et autres abus informatiques…Le XXème siècle a effectivement donné aux hommes qui l’ont vécu une image de progrès permanent, que tu décris très honnêtement (en mentionnant que nous sommes dans une phase de recul).
Je ne crois pas que ce recul soit conjoncturel. Avec l’épuisement des ressources bon marché, il va falloir se battre pour avoir sa place au soleil. Ca aura été bien. Mon père est comme toi (
) il dit que c’est de plus en plus facile de vivre sur Terre. C’était plus dur de son temps.Comprends bien: c’est pas du pessimisme. Je prends une photo, elle est noire. J’extrapole, je vois un mur. Pas facile à accepter. Mais suis-je pessimiste parce que j’accepte de comprendre ce que je vois? Après, il faut en prendre son parti. Être optimiste, c’est beaucoup une question de volonté.
Je ne crois pas que tous les « acquis sociaux » soient bons. Certains droits individuels taxent lourdement les ressources communes et les espoirs des autres (et en particulier des générations futures).
Je crois que le monde occidental va devoir passer par une grande crise avant de renaitre.
Il y a un super sujet d’anticipation à écrire, là.
Pour ma part, j’avais pris les choses à l’envers: j’avais d’abord ouvert Thạch Lam à l’époque (Nắng Trong Vườn) et armé du dico et d’un cahier, j’avais commencé à déchiffrer.
Ne t’attends pas à ce que le vietnamien s’apprenne comme l’allemand: il n’y a pas vraiment de règles dures, mais des manières de parler: du coup, la meilleure facon de l’apprendre est d’en [/i]faire l’expérience[/i], tout simplement. En en lisant ou en le parlant avec quelqu’un.
Mais mon conseil tient toujours: n’abandonne pas l’oral. Trouve-toi des gens du Nord, ils sont plus faciles à comprendre pour commencer. Ou écoute la radio vietnamienne. En sourdine quand tu dors, ca rentre petit-à-petit.
Quand tu auras un peu de vocabulaire fonctionnel, pose-toi devant la télé vietnamienne (VTV4, par satellite) et suis un jeu ou les nouvelles. Au début, tu tiendras 3 minutes avant de tomber de fatigue. Mais petit-à-petit tu vas comprendre mieux et plus longtemps, et tu tomberas de sommeil au bout de 10 minutes, 20 minutes, jusqu’à ce que tu fasses tes journées complètes.
Les règles aident à structurer l’intelligence de la langue, mais tu gagneras du temps à te frotter à la langue pour y habituer ton inconscient. Il n’y a que peu de rationnel en vietnamien. Il faut en faire l’expérience.
En se donnant à fond, on peut tenir une conversation du quotidien en quelques mois.
(et pour tout dire, quand je vois le niveau de vietnamophones en troisième année aux Langues-O, des gens très bien et intelligents, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a un vrai problème de méthode. Heureusement, maintenant il y a Philippe lambert, qui est un vrai crack. J’espère qu’il va leur en donner pour leur argent)
Son Lam wrote:Merci de t’être dévoilé ainsi. Je regrette juste en avoir été l’initiateur. Accepte mes excuses pour la phrase de trop.Vraiment pas de quoi. ne t’en fais pas. :kimouss:
Moi aussi, je suis soixante-huitard. Je suis né sur les barricades. :france:Bảo Nhân, penses-tu que ca puisse être le Gadafi de Lybie?
Ce serait fun.
Son Lam wrote:La planète fournit actuellement en nourriture 6 fois les besoins de l’être humain (*). Ce n’est pas une utopie
. Largement de quoi faire, si ces frontières n’existaient pas.
[…]
(*)cf : http://www.forumvietnam.info/forum/index.php?topic=1199.0
Non, non, Sơn Lâm. L’homme consomme aujourd’hui 5 fois les ressources que la Terre peut produire de facon durable. Je cite le même fil de discussion que toi
Nem Chua wrote:L’empreinte écologique de l’humanité aujourd’hui est de l’ordre de 55 à 60 milliards d’hectares de fair earthshare, soit 5 fois la production écologiquement durable de la planète Terre.Alors qu’est-ce qu’on fait?
Abolir les frontières, aujourd’hui, ca reviendrait à augmenter radicalement les échanges commerciaux, donc l’interdépendance des différentes parties du monde: si un tombe, les autres suivent. Est-ce ca qu’on veut?
C’est d’ailleurs le programme de la mondialisation, appuyée sur l’OMC et soutenue par le grand business.
abgech wrote:Pour faire gros :petard:, j’imagine qu’il y a une ou plusieurs entreprises transnationales qui planchent sur la possibilité de faire payer l’air que l’on respire et d’en tirer un profit. :tcon:La principale raison pour laquelle on ne paie pas l’air dans les grands centres commerciaux de Singapour est essentiellement parce qu’on ne sait pas encore en mesurer le débit.
Mais patience, patience, on commence à savoir faire des débimètres en phase vapeur.
Son Lam wrote:à partir d’une remarque, tu fais beaucoup trop d’extrapolations et me gratifie d’intentions injustifiées. Dans quel but ? Te rassurer sur les tiennes ?:scratch:???
pardon, alors.Bon
Appelle-moi un utopiste réaliste, alors. Ou un utopiste les yeux ouverts.
À 20 ans, élève ingé parmi des gusses au cheveu court et au regard clair, j’étais bab (il fallait me voir avec les grands pulls, la barbe et les cheveux longs et les écharpes qui volaient autour de moi :oops:). Dès que j’ai eu mon diplôme, je suis venu au Vietnam y chercher la société idéale dont je croyais voir les traces parmi les Vietnamiens de France.
Haha.
Maintenant j’ai la viande dure. Au milieu de tout ce que j’y ai trouvé de bon, j’ai aussi connu la frustration, la différence, le rejet, l’arnaque, la corruption, le vol, la destruction morale, l’envie, la solitude.
Je ne suis pas aigri, mais j’ai les yeux ouverts, et je ne regarde plus les Vietnamiens: je suis leurs regards, pour anticiper –du coup, je recois peu de coups, et ceux que je recois je les vois souvent venir.
Je suis heureusement marié, mes enfants sont une joie de tous les jours. Je suis un homme heureux.*Ou sont passés les bons principes quand après la révolution d’Octobre il a commencé à faire faim? Et en Chine? Et les départs du Vietnam en 79-83. Les gens qui leur rendaient la vie dure étaient-ils moins bons, moins utopistes que les autres? Pourtant souvent ils s’étaient battus pour l’indépendance, la liberté et le bonheur (de tous).
Qu’est-ce qui a bien pu arriver?
L’utopie ne marche que si tout le monde est utopiste. Mais si tout le monde est des moutons, c’est tentant d’être un loup le jour òu il fait vraiment faim. On dit « il faut de tout pour faire un monde », et ca je ne sais pas, mais très clairement, il y a de tout dans ce monde. Donc l’utopie le restera.
Ca n’enlève rien à ce qu’on a dit ci-dessus: carpe diem et préparons demain.
Avec les deux yeux ouverts et la tête froide.
* On dit que les gens heureux n’ont pas d’histoire, mais je crois que ceux qui n’ont pas été confrontés à l’histoire ont le bonheur fragile.
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