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Je vais être assez long, je voudrais vous demander de m’excuser
Bonjour aux vietnamophones,
Xin chào các ban.
Surtout à l’attention de valye.
Je suis allé la première fois au Viêt Nam en 1998 après ma retraite civile sur l’invitation d’un restaurateur vietnamien de Bordeaux.
J’avais toujours rêvé de retourner au Pays mais je n’osais pas. Je pensais qu’il faillait avoir un bon compte en banque. La suite ne m’avait pas donné raison.
L’image du Viêt Nam s’est arrêtée l’année où je l’ai quitté. Je montais un scénario dans ma petite tête à chaque fois que je pensais au pays, il est toujours basé sur les périodes où j‘a vécu la-bas en culotte courte et pieds nus.
A la descente de l’avion à l’aéroport de Tan Son Nhat sur le trajet pour aller à la maison de mes amis, je suis resté complètement abasourdi, complètement KO à la vue de la circulation. Je me disais, mon Dieu, où est-ce que je suis tombé ? Dans le temps, mon père avait une villa à Tan Son Nhat, c’était la campagne, maintenant l’aéroport est dans la ville, incroyable et ça grouille de partout.
Au cours de mon séjour, mes amis avaient mis notre disposition ( ma femme et moi ) pour visiter la ville, un guide. Comme nous ne connaissons pas encore le Dong, il payait à notre place le resto et les diverses dépenses, nous n. sommes aperçus qu’il ne nous rendait jamais la monnaie.
Deux jours après, je l’ai renvoyé. Nous n. sommes aperçus que les achats effectués par nous directement revenaient beaucoup moins chers et parfois sans marchandage.
J’ai eu la chance par un hasard en visitant l’emplacement où mon père avait une boulangerie, de rencontrer des gens qui ont connu mon oncle d’origine chinoise mais décédé depuis. J’étais aux anges de retrouver par l’intermédiaire de mon cousin tout le reste de la famille du côté de ma mère. Le bonheur était vite passé, j’exagère peut-être un peu, en cauchemar. Les gosses de mon cousin étaient de la glue. Ils pensaient que j’étais l’oncle d’Amérique. Plus je donnais plus, plus ils en demandaient. J’étais un moment donné obliger de mettre le holà.
J’étais dans le village de ma mère, je me suis aperçu que le comportement des gens de la campagne est tout à fait le contraire des gens de la ville. J’ai eu en cette occasion de refaire la tombe de ma mère. La région, surtout le village est très célèbre pour la poterie et c’est le jardin fruitier du Sud. Les caches pots que vous voyez chez IKA actuellement, provient de notre village.
Je ne peux vous détailler ici tout mon séjour mais je peux vous dire que j’étais très déçu . Je n’ai pas retrouvé mon Viêt Nam, le Viêt Nam de mon enfance, le Viêt Nam de mes rêves, non, ce n’était plus mon Viêt Nam. Même l’eau des arroyos où je me baignais étant gamin, était archi-polluée.
A Da Lat, mon ancienne école (C’est l’actuelle Université) est en pleine la ville alors qu’elle était perdue sur une colline et qu’on osait pas s’aventurer sur le stade hors des bâtiments par crainte de rencontrer un tigre ( sic ).
A Nha Trang, j’ai rencontré des gens très aimables, mon moral est remonté d’un cran mais le manger était exécrable. Je n’ai pas retrouvé le goût de la nourriture d’antan, sauf les fruits et crustacés vendus sur la plage par des vendeuses adorables.
Quand je suis revenu en France je me suis promis que le Viêt Nam c’est fini. Je n’ai pas retrouvé de ce que j’avais rêvé. Vis à vis de ma mère, j’ai fait mon devoir de fils en refaisant sa tombe laissée à l’abandon. Pour moi, la page était tournée.
Tu parles, deux ans après je suis retourné et petit à petit, j’ai recommencé à aimer mon Viêt Nam comme il est. J’ai parcouru le pays de long en large, du Sud au Nord, du Nord au Sud, bavardé avec le premier venu. Re apprendre à le connaître c’était ma priorité. J’ai retrouvé les odeurs que j’aimais tant et celà me manque actuellement beaucoup. Je retourne depuis tous les 2 ans. Je l’aime maintenant de tout mon c½ur. Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui. Le Viêt Nam, c’est l’image de ma chère mère. Le monde change, pourquoi pas le Viêt Nam ?
Les gens disent que je ne suis pas viêt, je ne suis pas non plus un tâi phap, on me le fait souvent savoir, cela m’est égale de ce que les gens pensent, de ce que les gens disent, je sais ce que je suis moi, c’est l’essentiel.
En résumé, je voulais dire à ceux qui retournent la première fois au pays, de ne juger pas trop vite comme moi. Il y a des coups de foudre qui sont comme une bombe à retardement. N’attendez pas à voir le pays comme vous aviez imaginé, vous allez être déçu. Le Viêt Nam, on l’aime tout doucement mais longuement et pour toujours.
Il me manque… il me manque beaucoup…. il me manque énormément …Merci Mike de nous donner la possibilité de crier notre amour pour ce pays lointain – Cam on