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Dong Phong

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15 sujets de 496 à 510 (sur un total de 2,144)
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    Messages
  • en réponse à : Bánh DODO vn thật là nguy hiểm #152181

    @AnhTruc 150883 wrote:

    Bonjour TLM
    Bonjour Thuong19
    Bonjour Dong Phong
    Mon âge n’a rien à voir dans cette affaire.
    Et tu as parfaitement raison d’en douter.
    Moi aussi je doute, c’est pour cette raison que j’ai mis le texte sur Forum pour chercher une explication.
    J’ai lancé une affirmation à mon ami Dong Phong. C’est un petit jeu de défit entre nous deux. Et il a bien compris. N’avait-il pas dit : « Đồng thanh tương ứng…. » Et il a répondu en partie.
    Maintenant il reste à savoir s’il existait vraiment des biscuits DODO au VN. Et s’il existait une information sur le journal CA/TP au VN concernant ce sujet.
    Voilà ce qui est important
    Cordialement
    AnhTruc


    Bonjour Anh Truc et TLM,
    J’ai beau chercher les biscuits DODO avec Google, et n’ai trouvé que ce fil de discussion que tu as lancé sur FV !
    Le nom de DODO sent le canular !
    Bien amicalement.
    Dông Phong

    en réponse à : peine de mort au vietnam #152176

    @dannyboy 150849 wrote:

    Voici un autre exemple qui prouve qu’on ne peut croire sans réfléchir à ce que raconte les missionnaires européens au VN au 17e siècle.
    Le Code qui régit la société vietnamienne de l’époque s’appelle Hông Duc. Le voici B
    Ces missionnaires avaient bien compris que la peine de mort était appliquée en 3 degrés:

    1- Giảo (thắt cổ), trảm (chém đầu)
    2- Khiêu (chém bêu đầu)
    3- Lăng trì (tùng xẻo) tức xẻo từng miếng thịt rồi mổ bụng, moi ruột cho đến chết, sau đó còn bị cắt rời chân tay và bẻ gãy hết xương.

    C’est à dire pendaison, décapitation et le fameux « mort des mille coupures » qui est l’équivalence du « piétinement par l’éléphant »


    Moralité : Il est très facile pour un vietkiêu moyen de lire et de comprendre les textes des missionnaires européens décrivant la société vietnamienne. Il est encore plus facile pour ces vietkieu de gober sans réfléchir tout ce que racontent ces missionnaires. Mais en faisant cela, ils propagent une image d’une société vietnamienne régie par des Codes similaires à la Charia. Ce qui est totalement faux. Voir ici Hong Duc Codes (Flood of Virtue) – YouTube

    Chers ami(e)s,
    Par égard pour vous, et malgré mon désir de l’ignorer, je me sens obligé de revenir sur ce qu’a posté ce monsieur, de façon inexacte, pour ne pas dire insultante, à mon sujet.
    En effet, il n’a pas bien lu ce que j’ai écrit :

    @Dông Phong 150812 wrote:

    PS : Le lingchi 凌遲 (ou lăng trì en vietnamien) existait aussi dans l’ancien Viêt Nam.

    Bien sûr, ce monsieur n’a pas lu non plus mon bouquin, Le Viêt Nam du XVIIème siècle. Un tableau socioculturel, dans lequel les missionnaires jésuites, qui n’ignoraient rien du Code de Hồng Đức, ont décrit toutes les autres peines de mort alors pratiquées dans l’ancien Viêt Nam, en plus du « piétinement par l’éléphant » que j’ai cité précédemment :

    La strangulation[1] se passait soit par pendaison, soit par strangulation avec le supplicié couché sur une planche par terre, deux bourreaux lui serrant le cou avec une corde dont ils tiraient les deux bouts[2]. Le supplicié pouvait avoir aussi le cou écrasé entre deux barres de bois[3] : « Et s’il arrive que quelqu’un du sang Royal se soit révolté, et qu’il soit convaincu d’avoir voulu brouiller et soulever le peuple, on se saisit de sa personne, puis on lui met le col entre deux bâtons, comme les deux bras d’une échelle, que ceux qui sont destinés à cette exécution serrent avec tant de violence, qu’ils lui ôtent la respiration, et le font mourir de la sorte. Et pour s’assurer plus précisément de sa mort, ils allument deux flambeaux qu’ils lui mettent aux pieds, et si aux approches de ce feu il témoigne encore quelque sentiment, ils le serrent avec plus de force et de violence que jamais, jusqu’à ce qu’enfin il ne lui reste plus aucun signe de vie »[4].

    Concernant l’exécution de la peine capitale[5] par la décapitation[6], en voici le cérémonial relaté par le Père Alexandre de Rhodes : sur les quatre heures de l’après-midi, le supplicié était sorti de sa prison, avec son « échelle » sur le cou, et amené au lieu du supplice par une compagnie de soldats commandée par son capitaine ; arrivés sur place, les soldats se rangeaient en cercle autour du prisonnier auquel ils avaient ôté l’entrave et mis à genoux ; ils lui offrirent diverses viandes et l’invitèrent à manger, mais il s’en trouvait bien peu qui fussent en appétit ; après que la table de victuailles fut retirée, le capitaine donna le signal de l’exécution avec une clochette ; des soldats attachèrent les bras du supplicié, pendant que celui qui avait la charge de l’exécution leva son cimeterre nu vers les « quatre parties du monde » avec de profondes révérences, comme pour demander pardon de l’action qu’il devait faire, puis s’étant approché du supplicié, il lui « avala » d’un seul coup la tête qui fut « remise aussitôt, avec le corps, aux parents du mort, pour les mettre en terre » ; mais si le « Roi » l’avait commandé (comme il arrivait quelquefois en punition d’un crime atroce), la tête et le corps demeuraient « quelques jours sans sépulture exposés à la place publique »[7].

    La « mort lente », peine suprême, appelée lăng trì ou plus familièrement tùng xẻo, était un supplice consistant à découper le corps du condamné lentement, morceau par morceau … Le supplicié était promené sur une charrette à travers la ville, et à chaque arrêt, le bourreau lui coupait un morceau de chair, au signal d’un tambour frappé par un soldat ; à la fin, le bourreau tranchait la tête à ce « pauvre misérable tout chargé de plaies et couvert de sang », dont on divisait ensuite le corps en plusieurs pièces, que l’on exposait « en divers quartiers, pour empêcher par ce moyen que de semblables gens, dont il est bon de purger les Etats, n’aient d’imitateurs »[8].

    Moralité : on peut chercher bagarre et insulter les autres sur FV en racontant n’importe quoi sans avoir lu de bons livres ! (excusez- moi pour cette pub involontaire !).
    Dông Phong

    [HR][/HR][1] Giảo ou thắt cổ (Dictionarium d’AdR).

    [2] Planche en couleur reproduite in Simon Delacroix, Histoire universelle des missions catholiques, Paris, Librairie Grund, t. III, 1958.

    [3] Cán cổ ou kẹp cổ (Dictionarium d’AdR).

    [4] Giovanni Filipo de Marini, Relation nouvelle et curieuse, op. cit., pp. 141-142.

    [5] Làm hình (Dictionarium d’AdR).

    [6] Trảm ou chém (Dictionarium d’AdR) ; la décapitation avec exposition de la tête s’appelait khiêu.

    [7] Alexandre de Rhodes, Histoire du Royaume de Tunquin, p. 46.

    [8] Giovanni Filipo de Marini, Relation nouvelle et curieuse, op. cit., pp. 140-141.

    en réponse à : Bánh DODO vn thật là nguy hiểm #152166

    @thuong19 150868 wrote:

    Chao anh Anh Truc,si Dong Phong n’ignore pas ce phénomène étrange , en tout cas c’est mon cas.
    mais sans t’offenser par respect à ton grand âge, permets moi de douter quand même. Scientifiquement il est impossible à tout être vivant de renaître de ses cendres

    Bonjour Thuong et Anh Truc,
    Notre ami Anh Truc n’a fait que transmettre le buzz qui court ces derniers temps dans notre cher pays d’origine. Sur « Face de bouc », comme dirait l’amie BuuHoa !
    Dông Phong

    Rộ tin cấy trứng đỉa vào thức ăn hại người
    Thứ Ba, 21/08/2012 15:06

    (NLĐO)- Những ngày gần đây, trên mạng xã hội và một số diễn đàn trong nước xuất hiện thông tin các thương lái nước ngoài đang thu mua đỉa ở Việt Nam với giá cao, sau đó nuôi cho đỉa đẻ trứng, cấy trứng vào thức ăn gây hại cho người tiêu dùng.

    Nếu chẳng may ăn nhầm thức ăn này, trứng đỉa sẽ theo thức ăn vào bụng, nở thành ổ cắn nát nội tạng mà không có thuốc nào chữa được.

    Thông tin này đã thu hút hơn 22.447 lượt người chia sẻ trên facebook.

    Traduction :

    Buzz concernant l’ensemencement des œufs de sangsues dans les aliments pour nuire aux consommateurs.
    Mardi 21/08/2012 15:06
    (NLĐO). Ces jours-ci, sur les réseaux sociaux et dans un certain nombre de forums du pays, sont apparues des informations disant que des commerçants étrangers sont en train de faire la collecte commerciale des sangsues au Viêt Nam avec des prix élevés, et après cela ils les élèvent pour qu’elles pondent des œufs, et ensuite ils ensemencent ces œufs dans des produits alimentaires pour provoquer des préjudices chez les consommateurs.

    Si par malchance, on consomme ces aliments, les œufs de sangsues suivront les aliments jusqu’au ventre, puis éclosent en nids pour dévorer les viscères, ce qu’aucun médicament ne pourrait guérir.

    Cette information a attiré plus de 22 447 personnes qui se la partagent sur Facebook.

    Source : R

    en réponse à : Bánh DODO vn thật là nguy hiểm #152159

    @AnhTruc 150858 wrote:

    Bonjour TLM
    J’ai reçu récemment le mail dont je reproduis ci-dessous.
    Je ne fais aucun commentaire.
    Mais je sollicite les avis des forumeurs qui sont sur place au VN :

    « Tôi vừa nhận được tin từ người nhà ở Saigon cho biết đọc trên báo CA/TP, nên thử đi mua ngay một bao bánh DODO ( loại bánh bít qui cho trẻ em, rẻ tiền). Về nhà, bỏ bánh này vào trong nước, qua ngày hôm sau thấy nở ra lúc nhúc cả bầy giống như con lăng quăng màu trắng, nhưng qua ngày hôm sau chúng trở thành màu đen, lúc đó thấy rỏ là bầy ĐỈA, rất khủng khiếp…. »

    Je fais une traduction rapide : « je viens de recevoir les nouvelles des proches de Saigon me disant avoir lu sur le journal CA/TP, et pour l’expérience, j’ai acheté un paquet de biscuits DODO (les biscuits bon marché pour les enfants). A la maison, j’ai mis les biscuits dans l’eau, le lendemain j’ai vu éclore un tas de bestioles ressemblant aux « lăng quăng » de couleur blanchâtre, mais le surlendemain la couleur vire au noir, et j’ai vu clairement que ce sont des petites sangsues……… »

    Cordialement
    AnhTruc

    @Buuhoa 150859 wrote:

    Bonjour Anh Truc,

    O troi oï ! Ca craint ? J’aimerais bien avoir aussi la réponse des Forumeurs à ta question ! Bizarre quand même !


    Bonjour Anh Truc et BuuHoa,
    Des sangsues ?
    Cela me paraît improbable, car les biscuits ont été cuits (et même bis-cuits) au four !
    Ne s’agirait-il pas plutôt des charançons, avides de produits contenant de l’amidon ?
    Je parle en connaissance de cause, car nos paquets de nouilles et notre boîte de riz, pourtant bien fermés, viennent d’être envahis par ces petites bêtes.
    Et il y a 2000 espèces de charançons à travers le monde !
    Bien amicalement
    Dông Phong

    en réponse à : L’ancien roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, est décédé #152154

    Bonjour TLM,
    Ci-après, un long article publié dans Le Monde diplomatique de 1963, où Norodom Sihanouk, alors Chef de l’État du Cambodge, justifia sa ligne politique.
    Un document historique !
    Dông Phong

    Une politique de neutralité dans l’Asie troublée
    par Norodom Sihanouk, octobre 1963

    Dans le monde occidental, le neutralisme n’a pas bonne presse. Cependant des écrivains politiques de talent et des journalistes sérieux ont écrit des pages excellentes sur le neutralisme qui rassemble, en partie, les Asiatiques, les Africains et les Latino-Américains, en certaines occasions, à Bandoung, à Belgrade, à Addis-Abéba, et même aux Nations unies. Mais, à de très rares exceptions près, dès qu’ils évoquent le Cambodge et le « neutralisme cambodgien », ils s’égarent dans des spéculations fantaisistes ou malveillantes. Il est évident que notre « neutralisme » n’est pas du modèle standard et aussi que la propagande de Saigon et de Bangkok, soutenue et relayée trop souvent par celle des États-Unis, de l’Australie, du Japon, se charge d’en donner une image très déformée. Aussi, nous accordons des circonstances atténuantes à ceux qui traitent des problèmes cambodgiens « à la sauvette ».

    Neutralisme ou neutralité ?

    Pour éviter de mauvaises interprétations, nous avons toujours préféré qualifier notre ligne politique de neutralité, non de « neutralisme » qui peut impliquer une sorte de choix idéologique et surtout la participation à une action commune pour faire triompher ce choix en d’autres pays. Or le Cambodge, pour sa part, n’a nul désir de faire école, et a pour règle un respect scrupuleux du choix politique des autres pays.

    Lire la suite sur Une politique de neutralité dans l’Asie troublée, par Norodom Sihanouk (Le Monde diplomatique)

    en réponse à : peine de mort au vietnam #152153

    @Dông Phong 150765 wrote:


    Bonsoir Dédé et RdB,
    Il ne faut pas trop se moquer des horreurs des peines de mort des Chinois, voire des Vietnamiens d’autrefois, car rappelons-nous les châtiments infligés à François Ravaillac en 1610 (« Il subit d’abord le supplice des brodequins, des coins étaient enfoncés à coups de marteau dans ses genoux et ses chevilles, sa main qui tenait le couteau fut brûlée au feu de soufre ; ensuite, il fut écartelé à l’aide de quatre chevaux. A peine fut-il mort que la foule se jeta sur les morceaux du corps, et on en fit du feu au coin des rues »), ou à Concini en 1617 (sa dépouille fut « émasculée, dépecée, mangée, brûlée, jetée à la Seine ») (Marc Ferro, Histoire de France, Paris, Odile Jacob, 2003, pp. 204-205 et 739).
    C’étaient « horreurs sans frontières » !
    Dông Phong


    Bonjour TLM,
    Comme c’est marrant !
    Quand j’écris sur les atrocités judiciaires pratiquées en France au XVIIème siècle, aucun « embellisseur du colonialisme » ne proteste !
    Alors que quand j’écris sur le Viêt Nam de la même époque, j’entends des cris d’orfraie(s) ! Drôles d’oiseaux !
    :horse:
    Heureusement, ils ne sont point nombreux sur FV, et pratiquement plus personne ne leur répond !
    Dông Phong

    en réponse à : L’ancien roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, est décédé #152145

    @HAN VIËT 150846 wrote:


    Ce fameux procès international devrait avoir comme première cible les Américains ; tout ce ramdan médiatique depuis des années est une immense escroquerie intellectuelle et morale , on nous a lavé le cerveau .
    .
    .

    Oui, sans oublier l’agent orange américain dont, modestement à mon niveau, j’essaie d’aider les enfants encore nés handicapés aujourd’hui au Viêt Nam.
    Mais que voulez-vous, c’est bien connu :

    Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.

    (Jean de la Fontaine, Les animaux malades de la peste)

    Réellement, le monde souffre toujours de la peste endémique, malgré le Dr. Alexandre Yersin ! Mais le pauvre, il ne pouvait rien contre la bêtise humaine.

    Dông Phong


    Bonjour Mike et TLM,
    Il va y avoir du boulot pour nos gentils Modos, vu le grand nombre de spams qui sont passés à travers le filtre ce matin !
    Dông Phong

    en réponse à : peine de mort au vietnam #152115

    @Dông Phong 150765 wrote:


    Bonsoir Dédé et RdB,
    Il ne faut pas trop se moquer des horreurs des peines de mort des Chinois, voire des Vietnamiens d’autrefois, car rappelons-nous les châtiments infligés à François Ravaillac en 1610 (« Il subit d’abord le supplice des brodequins, des coins étaient enfoncés à coups de marteau dans ses genoux et ses chevilles, sa main qui tenait le couteau fut brûlée au feu de soufre ; ensuite, il fut écartelé à l’aide de quatre chevaux. A peine fut-il mort que la foule se jeta sur les morceaux du corps, et on en fit du feu au coin des rues »), ou à Concini en 1617 (sa dépouille fut « émasculée, dépecée, mangée, brûlée, jetée à la Seine ») (Marc Ferro, Histoire de France, Paris, Odile Jacob, 2003, pp. 204-205 et 739).
    C’étaient « horreurs sans frontières » !
    Dông Phong

    Bonjour TLM,
    Les peines de mort très sophistiquées étaient bien codifiées dans l’ancien Viêt Nam.
    Ci-après, d’après les missionnaires jésuites, ce qui était réservé aux adultères au XVIIème siècle.
    Heureusement que les maris et les femmes infidèles ne risquent plus grand’chose aujourd’hui ! (à cause de la disparition dramatique de la population de nos éléphants ???!!!).
    Dông Phong

    Si la peine de mort était appliquée avec les trois degrés décrits dans le Code, il se pratiquait aussi la peine capitale dite du piétinement par l’éléphant[1]. C’était le châtiment réservé aux adultères qu’avaient décrit, presque avec amusement, le Père Alexandre de Rhodes et ses confrères de Marini et Borri. D’après le Père de Marini : « A l’égard des adultères, la Loi défend à celui qui surprendrait sa femme en la maison d’un autre, ou d’autres avec dans le crime, de la tuer ; mais non pas, pour lui faire confusion, de lui couper les cheveux, et de la mener en cet état au Mandarin, lequel selon la Loi du pays, après l’avoir convaincue du crime dont elle est accusée, la fait jeter à un Eléphant qui est dressé à faire les fonctions de bourreau »[2]. Ainsi, pour le Père Alexandre de Rhodes : « Il se pratique par tout le Royaume je ne sais quoi de singulier, et de plus rigoureux qu’en pas un autre Royaume que l’on sache, pour la peine des Adultères, tant hommes, que femmes, mêmes des Concubines. Qui est, que la personne convaincue de ce péché, est menée aussitôt les poings liés à la Campagne, où un Eléphant dressé à obéir à tous les commandements de son Maître, l’enlève avec sa trompe soudain que le commandement lui en est fait, et la jette haut en l’air, puis la reçoit quand elle tombe sur les pointes tranchantes de ses dents, qui la transpercent aux endroits du corps qui rencontrent ; et en fin la secoue à terre, et l’écrase sous les pieds, où elle vomit l’âme avec le sang, si elle n’était pas déjà morte à sa chute d’en haut. Et après la mort de l’Adultère, le complice du crime est puni de même supplice par le même Eléphant »[3]. Et le Père Cristoforo Borri d’approuver : « Tout cela est exécuté point par point par l’éléphant, pour l’étonnement et la terreur des spectateurs, qui, par cette rigueur de la peine, apprennent quelle doit être la fidélité entre conjoints »[4].

    (Extrait de mon bouquin Le Viêt Nam du XVIIème siècle. Un tableau socioculturel).

    PS : Le lingchi 凌遲 (ou lăng trì en vietnamien) existait aussi dans l’ancien Viêt Nam.

    [HR][/HR][1] Voi đạp ou voi dày (Alexandre de Rhodes, Dictionarium).

    [2] Giovanni Filipo de Marini, Relation nouvelle et curieuse, 1666., p. 137.

    [3] Alexandre de Rhodes, Histoire du Royaume de Tunquin, 1651, p. 47.

    [4] Cristoforo Borri, ‘‘Relation’’, 1631, p. 324.

    en réponse à : có sức khỏe et khỏe ?? #152094

    @stern 150787 wrote:

    Bonjour Dông Phong.
    Oui bien sur je sais qu’il y a plusieurs significations selon le contexte mais le cas ci-dessous quel est la différence:

    em có sức khỏe et em có sức khỏe tốt ? sachant que « có sức khỏe » est déjà un adjectif

    Merci

    em có sức khỏe : tu as (j’ai) de la santé (« có sức khỏe » n’est pas un adjectif, mais une proposition comprenant 1 prénom+1 verbe + 1 nom commun)
    em có sức khỏe tốt : tu as (j’ai) une bonne santé ; si c’est une question : as-tu une bonne santé ?

    DP

    en réponse à : có sức khỏe et khỏe ?? #152092

    @stern 150783 wrote:

    bonjour tout le monde !

    Ce n’est pas trop clair la différence entre có sức khỏe et khoẻ
    je sais que
    sức khỏe = santé (nom commun)
    khỏe = en bonne santé / bien (adjectif).
    Mais có sức khỏe = ? On me dit que c’est un adjectif et que có sức khỏe (adjectif) = khỏe (adjectif)

    J’ai vu une phrase comme em có sức khỏe tốt. On me dit qu’on ajoute tốt pour dire que tu vas bien. Mais n’est-ce pas inutile de mettre tốt car có sức khỏe veut déjà dire: en bonne santé / bien ?

    Et pourquoi ne peut-on pas mettre em khỏe tốt si có sức khỏe = khỏe ?

    Merci


    Bonjour Stern,
    Un mot vietnamien peut avoir plusieurs nuances, voire des sens différents (homophones).

    Extraits du Dictionnaire vietnamien-français de Lê Khả Kế et Nguyễn Lân, 1994 :

    khỏe : 1. bien portant, en bonne santé ; 2. fort, robuste, solide, vigoureux ; 3. rétabli, guéri
    sức khỏe : santé
    : 1. avoir, posséder, il y a ; 2. exister, se trouver ; 3. disposer de…: 4. être présent ; 5. oui ; 6. seulement ; 7. si, même si…
    tốt : 1. bon ; 2. beau ; 3. bien ; 4. croître, pousser

    C’est en pratiquant régulièrement qu’on comprend les mots et expressions vietnamiens dans leur contexte.

    Cordialement.
    Dông Phong

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #152087

    @thuong19 150766 wrote:

    salut dannyboy, salut Dong Phong,
    décidément , vous ne serez jamais d’accord. Ce qui importe ce n’est pas de vous invectiver ou d’accuser l’autre « d’abaisser le niveau de nos ancêtres »,car sincèrement je ne crois pas que ce soit le cas. Ce qui importe c’est de citer les sources qui vous ont aidés à forger votre opinion, votre vision des choses.Les lecteurs que nous sommes, nourris de vos interventions seront sûrement capables en lisant vos reférences d’en tirer leur « vérité ».


    Bonjour Thuong,
    Je te remercie de ton message empli de sagesse.
    Comme je l’ai écrit précédemment, j’ignorerai désormais purement et simplement les provocations de ce monsieur Dannyboy qui me « cherche » (conseil d’un gentil modo).
    En tous les cas, je n’utiliserai jamais de grossièretés qui méritent une « mise en vacances ».
    Je suis trop vieux pour changer d’habitudes !
    Dông Phong

    en réponse à : peine de mort au vietnam #152076

    @DédéHeo 150738 wrote:

    Ce matin, le p’ti dej, c’est KFC VFcrOrjDpxZNwS9R_250x80.jpg

    Ok, c’est plutôt horreurs-d-archives que mysteres-d-archives

    On aurait pu filmer ça ! Avez vous vu 1897. Le président Félix Faure en voyage | Mystères d’archives – Saison 3

    Turandot : Chinese Torture / Supplice chinois

    [IMG]http://turandot.chineselegalculture.org/GetFile.php?Table=Photographs&ID=Photographs.ID.54.No.0&Op=O[/IMG]

    @robin des bois 150763 wrote:

    Tiens c’est une idée à lancer pour créer une nouvelle rubrique sur F-V : « Horreurs et mauvais gout « 

    ( *) :j’ai très mauvaise conscience : je ne devrais pas rire sans doute !!!


    Bonsoir Dédé et RdB,
    Il ne faut pas trop se moquer des horreurs des peines de mort des Chinois, voire des Vietnamiens d’autrefois, car rappelons-nous les châtiments infligés à François Ravaillac en 1610 (« Il subit d’abord le supplice des brodequins, des coins étaient enfoncés à coups de marteau dans ses genoux et ses chevilles, sa main qui tenait le couteau fut brûlée au feu de soufre ; ensuite, il fut écartelé à l’aide de quatre chevaux. A peine fut-il mort que la foule se jeta sur les morceaux du corps, et on en fit du feu au coin des rues »), ou à Concini en 1617 (sa dépouille fut « émasculée, dépecée, mangée, brûlée, jetée à la Seine ») (Marc Ferro, Histoire de France, Paris, Odile Jacob, 2003, pp. 204-205 et 739).
    C’étaient « horreurs sans frontières » !
    Dông Phong

    en réponse à : une statue de Yersin à Nha Trang #152069

    @dannyboy 150511 wrote:

    Vous faites ce que vous voulez Mister Dông Phong.
    Moi, je continuerai à vérifier la solidité de vos arguments chaque fois que vous essayez d’embellir « la présence occidentale au VN » ou que vous abaissez le niveau de mes ancêtres. ;-)
    A bientôt donc !

    @dannyboy 150750 wrote:


    Se baser sur les statues pour prétendre que « nos compatriotes sont de plus en plus reconnaissants » n’est donc pas un raisonnement fiable.

    Chers ami(e)s,
    Je dois dégager des phéromones particulièrement attirantes pour ce monsieur Dannyboy ! En effet, il n’arrête pas de me coller aux f… pour y chercher des petites bêtes.
    Néanmoins, pour ne pas polluer FV, je m’interdis de polémiquer avec lui, malgré ses petits chatouillis fort agaçants.
    Au contraire, je lui offre gentiment la référence du « petit livre blanc » ci-dessous, pour qu’il puisse se distraire et s’instruire autrement que sur Internet.
    Et surtout, qu’il aille se faire « empapaouter » ailleurs !

    Mais, chers ami(e)s, je crois que vous aussi, vous aimerez cet ouvrage à la fois savant et hilarant (en deux volumes, 2007 et 2012) : son auteur, Gilles Guilleron, est professeur agrégé de lettres à l’Université de Lorient.

    Dông Phong

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    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #143235

    Bonjour TLM,
    Pour nous changer de registre, un poète « révolutionnaire ».
    Dông Phong

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    Trần Dần (1926-1997)

    De son nom de naissance Trần Văn Dần, Trần Dần (Nam Định 1926-Hanoi 1997) était un écrivain-poète très original qui a révolutionné la prosodie vietnamienne.
    En 1946, avec d’autres jeunes poètes (Trần Mai Châu, Đinh Hùng, Vũ Hoàng Chương,…), il fonda le groupe de poésie symboliste Dạ đài, et quand la « guerre d’Indochine » éclata avec les Français, il revint à Nam Định pour travailler dans le service d’information de la IVème Région (maquis). En 1948, il participa au Comité de propagande de la Région du Nord-Ouest, et créa le 1er groupe artistique de l’Armée Populaire, Nhóm Sông Đà. À cette époque il commença à écrire des poèmes « en marches d’escalier » et à peindre des tableaux cubistes, que les gens ne comprenaient pas bien. Il fut admis au Parti Communiste Indochinois en 1949.
    En participant à la campagne de Điên Biên Phủ en 1954, il écrivit son premier roman Người người lớp lớp.
    Après l’indépendance du Nord Vietnam en 1954, il continuait ses activités littéraires au sein de l’armée.
    En 1955, il démissionna de l’armée et du Parti, et se maria avec madame Bùi Thị Ngọc Khuê, que nous verrons citée à travers ses poèmes. Puis il participa activement aux mouvements libertaires Nhân Văn – Giai Phẩm, pour lesquels il fut exclu de l’Association des Écrivains et condamné en camp de rééducation. Revenu à Hanoi en 1961, il vivotait en traduisant des ouvrages étrangers et en peignant, sans jamais se plaindre.
    Jusqu’en 1988, date de la réhabilitation des intellectuels de ces mouvements contestataires, Trần Dần était interdit de publication bien qu’il continuât à produire une œuvre considérable. En 2007, dix ans après sa disparition, Trần Dần et trois autres poètes de ces mouvements (Lê Đạt, Phùng Quán, Hoàng Cầm) reçurent le « Prix National » de littérature.
    Récemment, en 2008, un important et émouvant ouvrage (Trần Dần – Thơ, Éd. Nhã Nam et Nhà Xuất Bản Đà Nẵng, 489 p.) est consacré à son héritage littéraire.
    Ci-après, un de ses poèmes « en marches d’escalier » les plus connus, avec ma traduction en français..
    Dông Phong

    Nhất định thắng

    Trần Dần

    Tôi ở phố Sinh Từ
    Hai người
    Một gian nhà chật.
    Rất yêu nhau sao cuộc sống không vui ?
    Tổ quốc hôm nay
    tuy gọi sống hòa bình
    Nhưng mới chỉ là năm thứ nhất
    Chúng ta còn muôn việc rối tinh.

    Chúng ta
    Ngày làm việc, đêm thì lo đẫy giấc
    Vợ con đau thì rối ruột thuốc men
    Khi mảng vui – khi chợt nhớ – chợt quên
    Trăm cái bận hàng ngày nhay nhắt
    Chúng ta vẫn làm ăn chiu chắt
    Ta biết đâu bên Mỹ tít mù
    Chúng còn đương bày kế hại đời ta ?

    Tôi đi giữa trời mưa đất Bắc
    Đất hôm nay tầm tã mưa phùn
    Bỗng nhói ngang lưng
    máu rỏ xuống bùn
    Lưng tôi có tên nào chém trộm ?

    A ! Cái lưỡi dao cùn !
    Không đứt được – mà đau !
    Chúng định chém tôi làm hai mảnh
    Ôi cả nước ! Nếu mà lưng tê lạnh
    Hãy nhìn xem : có phải vết dao ?
    Không đứt được mà đau !
    Lưng Tổ Quốc hôm nay rớm máu

    Tôi đã sống rã rời cân não
    Quãng thời gian nhưng nhức chuyện đi Nam
    Những cơn mưa rơi mãi tối sầm
    Họ lếch thếch ôm nhau đi từng mảng
    Tôi trở nên người ôm giận
    Tôi đem thân làm ụ cản đường đi

    – Dừng lại !
    – Đi đâu ?
    – Làm gì ?

    Họ kêu những thiếu tiền, thiếu gạo
    Thiếu cha, thiếu Chúa, thiếu vân vân
    Có cả anh nam chị nữ kêu buồn

    – Ở đây
    khát gió, thèm mây…
    Ô hay !

    Trời của chúng ta gặp ngày mây rủ
    Nhưng trời ta sao bỏ nó mà đi ?
    Sau đám mây kia
    là cả miền Nam
    Sao nỡ tưởng non bồng của Mỹ ?

    Tôi muốn khóc giữ từng em bé
    – Bỏ tôi ư ? – từng vạt áo – gót chân
    Tôi muốn kêu lên – những tiếng cọc cằn…

    – Không ! Hãy ở lại !
    Mảnh đất ta hôm nay dù tối
    Cũng còn hơn
    non bồng Mỹ
    triệu lần…
    Mảnh đất dễ mà quên ?
    Hỡi bạn đi Nam
    Thiếu gì ư ?
    Sao chẳng nói thực thà ?
    Chỉ là :
    – thiếu quả tim, bộ óc
    Những lời nói sắp thành nói cục
    Nhưng bỗng dưng tôi chỉ khóc mà thôi
    Tôi nức nở giữa trời mưa bão.
    Họ vẫn đi.

    – Nhưng sao bước rã rời ?
    Sao họ khóc ?
    Họ có gì thất vọng ?
    Đất níu chân đi,
    gió cản áo quay về.
    Xa đất Bắc tưởng như rời cõi sống.
    Tưởng như đây là phút cuối cùng
    Trăng trối lại : – Mỗi lùm cây – hốc đá
    – Mỗi căn vườn – gốc vả – cây sung
    Không nói được, chỉ còn nức nở
    Trắng con ngươi nhìn lại đất trời
    Nhìn cơn nắng lụi, nhìn hạt mưa sa
    Nhìn con đường cũ, nhìn ngôi sao mờ
    Ôi đất ấy – quên làm sao được ?
    Quên sao nơi ấm lạnh ngọt bùi
    Hôm nay đây mưa gió dập vùi
    – Mưa đổ mãi lên người xa đất Bắc…

    Ai dẫn họ đi ?
    Ai ?
    Dẫn đi đâu ? – mà họ khóc mãi thôi
    Trời vẫn quật muôn vàn tảng gió
    Bắc Nam ơi, đứt ruột chia đôi
    Tôi cúi xuống – quì xin mưa bão
    Chớ đổ thêm lên đầu họ
    – Khổ nhiều rồi!
    Họ xấu số – Chớ hành thêm họ nữa
    Vườn ruộng hoang sơ – Cửa nhà vắng chủ
    Miền Nam muôn dặm,
    non nước buồn thương
    Họ đã đi nhưng trút lại tâm hồn
    Ơi đất Bắc ! Hãy giữ gìn cho họ.

    Tôi ở phố Sinh Từ
    Những ngày ấy bao nhiêu thương sót
    Tôi bước đi
    không thấy phố
    không thấy nhà
    Chỉ thấy mưa sa
    trên màu cờ đỏ.
    Gặp em trong mưa
    Em đi tìm việc
    Mỗi ngày đi lại cúi đầu về
    – Anh ạ
    Họ vẫn bảo chờ…

    Tôi không gặng hỏi, nói gì ư ?
    Trời mưa, trời mưa
    Ba tháng rồi
    Em đợi
    Sống bằng tương lai
    Ngày và đêm như lũ trẻ mô côi
    Lũ lượt dắt nhau đi buồn bã…
    Em đi
    trong mưa
    cúi đầu
    nghiêng vai
    Người con gái mới mười chín tuổi

    Em ơi
    Em có biết đâu
    Ta khổ thế này
    vì sao ?
    Em biết đâu
    Mỹ miếc, Ngô nghê gì ?
    Khổ thân em mưa nắng đi về lủi thủi
    Bóng chúng
    đè lên
    số phận từng người

    Em cúi đầu đi, mưa rơi
    Những ngày ấy bao nhiêu thương sót
    Tôi bước đi
    không thấy phố
    không thấy nhà
    Chỉ thấy mưa sa
    trên màu cờ đỏ.

    Đất nước khó khăn này
    sao không thấm được vào Thơ ?
    Những tủ kính tôi dừng chân dán mũi
    Các thứ hàng ế ẩm đợi người mua
    Nhưng mà sách – hình như khá chạy
    À quyển kia của bạn này – bạn ấy
    Quyển của tôi tư lự nét đăm đăm
    Nó đang mơ : – Nếu thêm cả miền Nam
    Số độc giả sẽ tăng dăm bảy triệu
    Tôi đã biến thành người định kiến
    Tôi ước ao tất cả mọi người ta
    Đòi thống nhất phải đòi từ việc nhỏ

    – Từ cái ăn
    cái ngủ
    chuyện riêng tư
    – Từ suy nghĩ
    nựng con
    tán vợ.

    Trời mưa mãi lây rây đường phố
    Về Bắc Nam tôi chưa viết chút nào
    Tôi vẫn quyết Thơ phải khua bão gió
    Nhưng hôm nay
    tôi bỗng cúi đầu
    Thơ nó đi đâu ?
    Sao những vần thơ
    Chúng không chuyển, không xoay trời đất ?
    Sao chúng không chắp được đôi bờ ?
    Tôi muốn bỏ thơ
    làm việc khác

    Nhưng hôm nay tôi mê mải giữa trời mưa
    Chút tài mọn
    tôi làm thơ chính trị

    Những ngày ấy bao nhiêu thương sót
    Tôi bước đi
    không thấy phố
    không thấy nhà
    Chỉ thấy mưa sa
    trên màu cờ đỏ.

    Em ơi ! – ta ở phố Sinh Từ
    Em đương có chuyện gì vui hử
    À cái tin trên báo – Ừ em ạ
    Hôm nay bọn Mỹ miếc, lũ Ngô nghê
    Chúng đang phải dậm chân đấm ngực !
    Vượt đầu chúng nó,
    mọi thứ hàng
    Những tấn gạo vẫn vượt đi
    Những tấn thư, tài liệu
    Vẫn xéo qua đầu chúng, giới ranh gì ?
    Ý muốn dân ta
    là lực sĩ khổng lồ
    Đè cổ chúng mà xóa nhòa giới tuyến
    Nhưng
    Trời mưa to lụt cả gian nhà
    Em tất tả che mưa cản gió
    Con chó mực nghe mưa la rú
    Tiếng nó lâu nay như khản em à
    Thương nó nhỉ – nó gầy – lông xấu quá
    Nó thiếu ăn – Hay là giết đi ư ?
    Nó đỡ khổ – Cả em đỡ khổ
    Em thương nó – Ừ thôi chuyện đó
    Nhưng hôm nay em mới nghĩ ra
    Anh đã biến thành người định kiến
    Mực ơi !
    đừng oán chủ, Mực à !

    Những ngày ấy bao nhiêu thương sót
    Tôi bước đi
    không thấy phố
    không thấy nhà
    Chỉ thấy mưa sa
    trên màu cờ đỏ.

    Tôi đi giữa trời mưa đất Bắc
    Tai bỗng nghe những tiếng thì thầm
    Tiếng người nói xen tiếng đời ầm ã
    – Chúng phá hiệp thương
    – Liệu có hiệp thương
    – Liệu có tuyển cử
    – Liệu tổng hay chẳng tổng ?
    – Liệu đúng kì hay chậm vài năm ?
    Những câu hỏi đi giữa đời lòng chòng.
    Ôi xưa nay Người vẫn thiếu tin Người
    Người vẫn thường kinh hoàng trước tương lai
    Người quên mất Mỹ là sư tử giấy
    Người vẫn vội – Người chưa kiên nhẫn mấy
    Gan người ta chưa phải đúng công nông
    Người chửa có dạ lim trí sắt
    Người mở to đôi mắt mà trông !
    A tiếng kèn vang
    quân đội anh hùng
    Biển súng
    rừng lê
    bạt ngàn con mắt
    Quân ta đi tập trận về qua
    Bóng cờ bay đỏ phố đỏ nhà…
    Lá cờ ấy là cờ bách thắng
    Đoàn quân kia muôn trận chẳng sờn gan

    Bao tháng năm đói rét nhọc nhằn
    Từ đất dấy lên
    là quân vô sản
    Mỗi bước đi lại một bước trường thành
    Thắng được chiến tranh
    giữ được hòa bình
    Giặc cũ chết lại – lo giặc mới
    Đoàn quân ấy – kẻ thù sợ hãi
    Chưa bao giờ làm mất bụng dân yêu
    Dân ta ơi ! chiêm nghiệm đã nhiều
    Ai có LÝ ? Và ai có LỰC ?
    Tôi biết rõ đoàn quân sung sức ấy
    Biết nhân dân
    Biết Tổ Quốc Việt Nam này
    Những con người từ ức triệu năm nay
    Không biết nhục
    Không biết thua
    Không biết sợ !

    Hôm nay
    Cả nước chỉ có một lời hô :
    THỐNG NHẤT
    Chúng ta tin khẩu hiệu ta đòi
    – Giả miền Nam !
    Tôi ngửa mặt lên trời
    Kêu một tiếng – bỗng máu trời rơi xuống
    Vài ba tia máu đỏ rớt vào tôi
    Dân ta ơi !
    Những tiếng ta hô
    Có sức đâm trời chảy máu.
    Không địch nào cưỡng nổi ý ta
    Chúng ta đi – như quả đất khổng lồ
    Hiền hậu lắm – nhưng mà đi quả quyết
    Hôm nay
    Những vần thơ tôi viết
    Đã giống lưỡi lê : đâm
    Giống viên đạn : xé
    Giống bão mưa : gào
    Giống tình yêu : thắm

    Tôi thường tin ở cuộc đấu tranh đây
    Cả nước đã bầu tôi toàn phiếu
    Tôi là người vô địch của lòng tin.
    Sao bỗng đêm nay
    tôi cúi mặt trước đèn ?
    Gian nhà vắng chuột đêm nó rúc.
    Biết bao lo lắng hiện hình ra
    Hừ ! Chúng đã biến thành tảng đá
    chặn đường ta !

    Em ơi thế ra
    Người tin tưởng nhất như anh
    vẫn có những phút giây ngờ vực
    Ai có lý ? Và ai có lực ?
    Ai người tin ? Ai kẻ ngã lòng tin ?
    Em ơi
    Cuộc đấu tranh đây
    cả nước
    cả hoàn cầu
    Cả mỗi người đêm ngủ vẫn lo âu
    Có lẫn máu, có sót thương, lao lực.
    Anh gạch xóa trang thơ hằn nét mực
    Bỗng mắt anh nhìn thấy ! lạ lùng thay !
    Tảng đá chặn đường này !
    Muôn triệu con người
    muôn triệu bàn tay
    Bật cả máu ẩy đá lăn xuống vực !
    Anh đã nghĩ : không có đường nào khác
    Đem ngã lòng ra
    mà thống nhất Bắc Nam ư ?
    Không không !
    Đem sức gân ra !
    Em ơi em !
    Cái này đỏ lắm, gọi là TIM
    Anh cho cuộc đấu tranh giành THỐNG NHẤT.

    Hôm nay
    Trời đã thôi mưa
    thôi gió

    Nắng lên
    đỏ phố
    đỏ nhà
    Đỏ mọi buồng tim lá phổi
    Em ơi đếm thử bao nhiêu ngày mưa !
    Bây giờ
    Em khuân đồ đạc ra phơi
    Em nhé đừng quên
    Em khuân tất cả tim gan chúng mình
    phơi nắng hết.

    Em nhìn
    cao tít
    trời xanh
    Dưới phố bao nhiêu cờ đỏ !
    Hôm nay em đã có việc làm
    Lương ít – sống còn khó khăn !
    Cũng là may…
    Chính phủ muôn lo nghìn lắng
    Thực có tài đuổi bão xua mưa
    không thì còn khổ !
    Em treo cờ đỏ đầu nhà
    Lá cờ trừ ma
    Xua được bóng đen chúng nó…
    Đúng rồi ! Đó là công sức của dân ta
    lùa mây đuổi gió
    Những vết thương kháng chiến đỏ lòm
    Đã mỉm miệng, lên da lên thịt.
    Tôi bỗng nhói ở nơi lồng ngực.

    Em ơi
    Chúng đốt phố Ga-li-ê-ni
    và nhiều phố khác
    Anh đã sống ở Sài-Gòn thuở trước
    Cảnh miền Nam thành một góc tim anh
    Chúng đốt tận đâu
    mà lửa sém tim mình
    Tim nó bị thui đen một nửa
    Từ dạo ấy
    mà em chẳng rõ.

    – Em hãy đỡ cho anh khỏi ngã
    Đứng đây
    Một lúc !
    Cờ bay
    đỏ phố
    đỏ nhà
    Màu cờ kia là thang thuốc chữa cho anh
    Em có thấy bay trên trời xanh
    Hàng triệu tâm hồn ?
    Em ơi
    Hôm nay
    trời xanh
    xanh đục
    Nắng lên
    đỏ phố
    đỏ cờ…

    Ta ở phố Sinh Từ
    Em này
    Hôm nay
    đóng cửa
    Cả nhà ra phố
    mít tinh
    biểu tình
    Vung cờ đỏ
    hát hò
    vỡ phổi.
    Hỡi những người
    thành phố
    thôn quê
    Đói no lành rách
    Người đang vui
    Người sống đang buồn
    Tất cả !
    Ra đường
    Đi !
    hàng đoàn
    hàng đoàn
    Đòi lấy tương lai :
    HÒA BÌNH
    THỐNG NHẤT
    ĐỘC LẬP
    DÂN CHỦ
    Đó là tim
    là máu đời mình
    Là cơm áo ! Là ái tình
    Nhất định thắng !

    1955

    Traduction par Dông Phong :

    Nous vaincrons sûrement

    J’habite la rue Sinh Từ
    Deux personnes
    Dans une pièce exigüe.
    On s’aime beaucoup mais pourquoi la vie n’est pas gaie ?
    Quoique la patrie aujourd’hui
    soit considérée comme vivant en paix
    Ce n’est que la première année
    Et nous avons encore mille affaires embrouillées…

    Nous
    Le jour travaillons, la nuit nous nous soucions de dormir pleinement
    Femme et enfants malades nous nous tourmentons pour les médicaments
    Parfois nous nous amusons parfois nous nous souvenons parfois nous oublions
    Cent préoccupations quotidiennes nous dévorent
    Nous travaillons et gagnons notre vie laborieusement
    Comment pouvons-nous savoir que dans la si lointaine Amérique
    Ils mettent en œuvre des stratagèmes pour attenter à notre vie ?

    Je marche sous la pluie en cette terre du Nord
    La terre est aujourd’hui détrempée de crachin
    Brusquement une douleur dans mon dos
    du sang coule sur la boue
    Qui donc m’a poignardé traîtreusement dans le dos ?

    Ah ! Une lame de couteau usée
    Qui ne coupe pas – mais qui fait mal !
    Ils voulaient me trancher en deux morceaux
    Ô tout le pays ! Si votre dos est froidement paralysé
    Regardez donc : est-ce un coup de couteau ?
    Qui ne coupe pas mais qui fait mal !
    Le dos de la Patrie est aujourd’hui ensanglanté

    Je sens mes nerfs me lâcher
    En ce temps rempli d’histoires de voyage vers le Sud
    Dans la pluie sans fin sous le ciel sombre
    Ils avancent clopin-clopant par groupes enlacés
    Je deviens celui qui porte la colère
    De mon corps je fais une butte pour barrer la route

    Arrêtez !
    Où allez-vous ?
    Que faites-vous ?

    Ils clament leur manque d’argent, manque de riz
    Manque de père, manque de Dieu, manque de et cætera
    Hommes et femmes clament leur tristesse

    Ici
    on a soif de vent, on a envie de nuage…
    Comment !

    Notre ciel rencontre des jours de gros nuages
    Mais pourquoi l’abandonner pour partir ?
    Derrière ces nuages
    est tout le Sud du pays
    Comment oser croire que c’est le paradis des Américains !

    Non ! Restez !
    Notre coin de terre quoique sombre aujourd’hui
    Vaut encore mieux
    que le paradis américain
    un million de fois…
    Un coin de terre facile à oublier ?
    Ô amis qui partez vers le Sud
    Que vous manque-t-il ?
    Pourquoi ne pas le dire sincèrement ?
    Il ne s’agit que :
    – d’un manque de cœur, de cervelle
    Des mots qui vont devenir grossiers
    Mais soudain je ne fais que pleurer
    Je sanglote sous la pluie orageuse.
    Ils continuent de partir.

    Mais pourquoi ces pas désarticulés ?
    Pourquoi pleurent-ils ?
    Qu’est-ce qui les désespère ?
    La terre retient leurs pieds,
    le vent repousse leurs robes en arrière.
    S’éloigner de la terre du Nord est comme quitter le monde des vivants.
    Croyant que c’est là leur dernière minute
    Ils disent leurs dernières volontés : chaque bosquet – chaque caverne
    Chaque jardinet – chaque figuier chaque sycomore
    Ils ne peuvent pas parler, ne savent que sangloter
    Les yeux exorbités ils regardent encore la terre et le ciel
    Regardent le soleil qui décline, regardent les gouttes de pluie qui tombent
    Regardent le vieux chemin, regardent l’étoile voilée
    Ô cette terre – comment l’oublier ?
    Comment oublier ce lieu de chaleur, de froid, de sucré, de douceur
    Aujourd’hui voilà la pluie qui les maltraite
    La pluie se verse sans arrêt sur ceux qui quittent la terre du Nord…

    Qui les guide ?
    Qui ?
    Guider vers où? et ils ne font que pleurer sans arrêt
    Le ciel fouette toujours avec mille coups de vents massifs
    Ô Nord et Sud, douloureusement divisés en deux
    Je m’incline m’agenouille pour supplier la pluie orageuse
    De ne plus verser sur leur tête
    Ils sont déjà si malheureux !
    Ils sont nés sous une mauvaise étoile – Ne les maltraitez pas plus
    Jardins et rizières en friches – Maisons sans propriétaires
    Le Sud à mille lieues,
    le pays tristement pitoyable
    Ils partent mais ils laissent ici leur âme
    Ô terre du Nord ! Gardez-la bien pour eux.

    J’habite la rue Sinh Từ
    En ces jours pleins de peines et de douleurs
    Je marche
    sans voir la rue
    sans voir de maison
    Je ne vois que la pluie qui tombe
    sur la couleur rouge du drapeau.
    Et je t’ai rencontrée petite sœur sous la pluie
    Qui as été chercher du travail
    Chaque jour baissant la tête en revenant
    Oui grand-frère
    Ils disent d’attendre encore…

    Je n’insiste pas avec des questions, pour quoi dire ?
    Il pleut, il pleut
    Depuis trois mois
    Elle attend
    Et vit avec l’avenir
    Jour et nuit comme ces bandes d’orphelins
    Qui marchent tristement à la queue leu-leu en se tenant la main…
    Elle marche
    sous la pluie
    la tête baissée
    l’épaule inclinée
    La jeune fille qui vient d’avoir dix neuf ans

    Ô petite sœur
    Tu ne sais point
    Pourquoi
    nous souffrons de cette façon ?
    Ne connais-tu point
    ces beaux Américains, ces stupides Ngô* ?
    Pauvre de toi qui vas et viens solitaire sous le soleil et la pluie
    Leur ombre
    écrase
    le sort de tout un chacun

    Tu baisses la tête en marchant, la pluie tombe
    En ces jours pleins de peines et de douleurs
    Je marche
    sans voir la rue
    sans voir de maison
    Je ne vois que la pluie qui tombe
    sur la couleur rouge du drapeau.

    Ce pays si difficile
    pourquoi n’imprègne-t-il pas la Poésie ?
    Dans les vitrines où en arrêt je colle mon nez
    Les marchandises boudées attendent des acheteurs
    Mais les livres semblent marcher pas mal
    Ah le bouquin de cet ami – de cet autre
    Et le mien au regard fixe d’un air songeur
    Rêvant : Si l’on ajoute tout le Sud
    Le nombre de lecteurs augmentera de cinq sept millions
    Je suis devenu un homme à idée fixe
    J’espère que tous les gens
    Qui réclament l’unification le fassent à partir des petites choses

    À partir du manger
    du dormir
    des affaires personnelles
    À partir de toute réflexion
    des câlins pour ses enfants
    du baratin pour sa femme.

    La pluie traîne sans fin dans les rues
    Sur Nord Sud je n’ai jamais rien écrit
    J’ai toujours décidé que la Poésie doit soulever des tempêtes
    Mais aujourd’hui
    je baisse soudain la tête
    Où est-elle partie la Poésie ?
    Pourquoi les vers
    Ne déplacent-ils pas, ne font pas tourner ciel et terre ?
    Pourquoi n’arrivent-ils pas à rassembler les deux rives ?
    Je voudrais abandonner la Poésie
    pour faire autre chose

    Mais aujourd’hui je m’en passionne sous la pluie
    Avec mon piètre talent
    je fais de la poésie politique

    En ces jours pleins de peines et de douleurs
    Je marche
    sans voir la rue
    sans voir de maison
    Je ne vois que la pluie qui tombe
    sur la couleur rouge du drapeau.

    Ô petite sœur ! nous sommes à la rue Sinh Từ
    Qu’est-ce que tu as là de si joyeux
    Ah c’est la nouvelle dans le journal Ouais petite sœur
    Aujourd’hui la clique des beaux Américains, la bande des stupides Ngô
    Ont dû taper du pied et se frapper la poitrine !
    Passent par-dessus leurs têtes
    toutes sortes de marchandises
    Des tonnes de riz continuent de passer
    Des tonnes de lettres, de documents
    Foutent le camp au-dessus de leurs têtes, quelle frontière ?
    La volonté de notre peuple
    est d’être un athlète géant
    Pour les écraser et effacer la ligne de démarcation
    Mais
    Aujourd’hui il pleut fort inondant notre maison
    Tu te hâtes de nous protéger de la pluie et d’arrêter le vent
    En entendant la pluie notre chien noir se met à hurler
    Sa voix semble enrouée, n’est-ce pas petite sœur
    Quelle pitié il est maigre avec un si vilain poil
    Il n’a pas assez à manger Peut-être devrions nous le tuer ?
    Il souffrirait moins Et toi aussi tu souffrirais moins
    Tu as pitié de lui Ouais arrêtons d’en parler
    Mais aujourd’hui tu viens de t’apercevoir
    Je suis devenu un homme à idée fixe
    Hé Noiraud !
    n’en veux pas à tes maîtres, oui Noiraud !

    En ces jours pleins de peines et de douleurs
    Je marche
    sans voir la rue
    sans voir de maison
    Je ne vois que la pluie qui tombe
    sur la couleur rouge du drapeau.

    Je marche sous la pluie en cette terre du Nord
    Mes oreilles entendent soudain des murmures
    Des voix humaines mêlées aux bruissements de la vie
    Ils perturbent la négociation
    Y aura-t-il négociation
    Y aura-t-il des élections
    Élections générales ou pas ?
    Dans le délai requis ou retardées de quelques années ?
    Des questions qui courent au milieu de la vie chahutée
    Hélas depuis toujours l’Homme manque de confiance en l’Homme
    L’Homme a l’habitude de paniquer devant l’avenir
    L’Homme oublie que l’Amérique est un lion de papier
    L’Homme se presse toujours L’Homme ne connaît point la patience
    Le foie des gens ne vaut pas celui de l’ouvrier ou du paysan
    L’Homme n’a pas encore l’estomac en bois de lim ni l’esprit en fer
    L’Homme ouvre ses yeux en grand pour regarder !
    Ah la trompette retentit
    l’armée héroïque
    Un océan de fusils
    une forêt de baïonnettes
    éblouissent mille yeux
    Notre armée passe en revenant de manœuvres
    L’ombre du drapeau qui flotte rougit les rues et les maisons
    Ce drapeau est le drapeau aux cent victoires
    Cette armée qui reste imperturbable lors de mille batailles

    Après tant d’années de faim de froid et de peines
    Surgissant de la terre
    est l’armée des prolétaires
    Chacun de ses pas fait une grande muraille
    Elle a gagné la guerre
    elle sait défendre la paix
    L’ancien envahisseur est mort elle s’en soucie de nouveaux
    Cette armée l’ennemi la craint
    Elle n’a jamais fait perdre l’amour que le peuple lui voue
    Ô notre peuple ! après tant d’expériences
    Qui détient LA RAISON ? Et qui détient LA FORCE ?
    Je connais bien cette armée en plein forme
    Connais le peuple
    Connais cette Patrie du Việt Nam
    Des gens qui depuis des temps immémoriaux
    Ne connaissent pas la honte
    Ne savent pas perdre
    Ne connaissent pas la peur !

    Aujourd’hui
    Tout le pays n’a qu’un seul mot d’ordre :
    UNIFICATION
    Nous croyons en le slogan qui réclame
    Rendez-nous le Sud !
    Je tourne ma face vers le ciel
    Et crie un mot soudain le sang du ciel tombe
    Deux ou trois jets de sang rouge me tombent dessus
    Ô notre peuple !
    Les mots que nous crions à haute voix
    Ont la force de percer le ciel et le faire saigner.
    Aucun ennemi ne peut résister à notre volonté
    Nous avançons – comme une terre géante
    Doux et généreux – mais bien déterminés
    Aujourd’hui
    Les vers que j’écris
    Ressemblent à une baïonnette : piquer
    Ressemblent à une balle : déchirer
    Ressemblent à une tempête : hurler
    Ressemblent à l’amour : ardents

    D’habitude j’ai confiance en cette lutte
    Tout le pays m’a élu à l’unanimité
    Je suis le champion de la confiance.
    Pourquoi soudain cette nuit
    je baisse la tête devant la lampe ?
    Dans la maison déserte des rats de nuit se mettent à couiner.
    Alors tant de soucis sont apparus
    Hum ! Ils se sont transformés en rochers
    pour barrer notre route !

    Petite sœur ainsi
    L’homme le plus confiant que je suis
    a quand même des instants de doute
    Qui détient la raison ? Et qui détient la force ?
    Qui croit encore ? Qui a perdu la confiance ?
    Ô petite sœur
    Cette lutte
    tout le pays
    toute la terre
    Même chaque dormeur s’en soucient
    Mélangeant leur sang, leur amour, leur surmenage.
    Je raye ma page de poésie à l’encre encore fraîche
    Soudain mes yeux voient ! comme c’est bizarre !
    Un rocher barre cette route !
    Des millions de personnes
    des millions mains
    Éclaboussées de sang poussent le rocher dans le gouffre !
    J’ai pensé : aucune autre route
    Ne peut nous détourner
    de l’unification du Nord et du Sud ?
    Non ! Non !
    Apportons toutes nos forces !
    Ô petite sœur petite sœur !
    Cette chose très rouge, appelée CŒUR
    Je la donne à la lutte pour arracher l’UNIFICATION.

    Aujourd’hui
    La pluie a cessé
    et il n’y a plus de vent

    Le soleil monte
    rougissant la rue
    rougissant les maisons
    Rougissant tous les cœurs tous les poumons
    Essaie donc petite sœur de compter combien il y a eu de jours de pluie !
    Maintenant
    Tu sors les meubles pour les faire sécher
    Mais n’oublie pas
    De porter dehors nos cœurs et nos foies
    pour les sécher tous au soleil.

    Tu regardes
    tout là-haut
    le ciel bleu
    Dessous dans la rue il y a plein de drapeaux rouges !
    Aujourd’hui tu as trouvé du travail
    Peu de salaire – la vie est encore difficile !
    C’est déjà une chance…
    Le gouvernement a des milliers et des milliers de soucis
    Il a vraiment du talent pour expulser la tempête et chasser la pluie
    sans cela il y aurait encore plus de misères !
    Tu suspends un drapeau rouge sur le pignon de la maison
    Le drapeau exorcisant
    Capable de chasser leurs ombres noires…
    Exact ! Ce sont là les efforts de notre peuple
    pour canaliser les nuages et chasser les vents
    Les blessures de la résistante encore si rouges
    Ont souri, se cicatrisent et reprennent du muscle.
    Brusquement je sens une vive douleur dans la poitrine.

    Ô petite sœur
    Ils ont brûlé la rue Gallieni
    et bien d’autres rues
    J’ai vécu à Saigon dans le passé
    Le paysage du Sud occupe un coin de mon cœur
    Jusqu’où ont-ils brûlé
    mais le feu a cramé mon cœur
    Ce cœur qui a grillé à moitié
    Depuis ce temps
    mais tu ne t’en apercevais pas.

    Soutiens-moi pour que je ne tombe pas
    Restons ici
    Un moment !
    Le drapeau flotte
    rougissant la rue
    rougissant les maisons
    Cette couleur du drapeau est le remède qui me soigne
    Vois-tu voler dans le ciel bleu
    Des millions d’âmes ?
    Ô petite sœur
    Aujourd’hui
    le ciel est bleu
    d’un bleu trouble
    Le soleil monte
    rougissant la rue
    rougissant le drapeau…

    Nous habitons la rue Sinh Từ
    Hé petite sœur
    Aujourd’hui
    fermons la porte
    Toute la maisonnée dans la rue
    meeting
    manifestation
    Brandissons le drapeau rouge
    chantons à tue-tête
    à faire éclater les poumons.
    Que les gens
    de la ville
    de la campagne
    Bien nourris affamés bien vêtus ou couverts de haillons
    Ceux qui connaissent la joie
    Ceux qui vivent dans la tristesse
    Tout le monde !
    Sortons sur les routes
    Marchons !
    par troupes
    par troupes
    Réclamons l’avenir :
    PAIX
    UNIFICATION
    INDÉPENDANCE
    DÉMOCRATIE
    Ce sont là le cœur
    le sang de notre vie
    Notre riz nos vêtements ! L’amour
    Nous vaincrons sûrement !

    1955

    * Jeux de mots intraduisibles. Ngô nghê = stupide, mais Ngô est aussi la famille de Ngô Đình Diệm, le président de la République du (Sud) Vietnam de l’époque.

    PS : le serveur de FV n’a pas voulu prendre la forme voulue par le poète : les vers commençant par une lettre minuscule, ainsi que les vers courts, doivent être décalés sur la droite, pour former des « marches d’escalier ».

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