› Le Vietnam en France › Vos Origines, vos Racines › Hong : Itinéraire complexe d’une « poussière de vie »
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20 février 2012 à 5h44 #10242
Hong Dagognet, fille d’un militaire américain et d’une Vietnamienne retrace son histoire.
Pièce après pièce, Hong Dagognet a rassemblé les éléments de son passé : amérasienne, fille de la guerre du Vietnam, arrachée à son pays, à sa famille et à son frère jumeau.Son véritable prénom, son âge exact, son histoire, le visage de sa mère, celui de son frère jumeau… Tout cela Hong Dagognet ne l’a découvert que très tard dans sa vie. Cette mère de famille installée à Feillens, à côté de Mâcon, continue encore d’assembler lentement le complexe puzzle de sa vie. Bientôt, elle s’envolera pour les États-Unis, pour rencontrer à 43 ans son frère jumeau dont elle a longtemps ignoré l’existence.
Le parcours de Marie-Claire « Hong » Dagognet se confond avec l’Histoire. Comme des milliers d’enfants nés au Vietnam à la fin des années 60, elle est le fruit de l’union en 1968 d’un employé américain de l’armée et d’une Vietnamienne. Ses parents se sont rencontrés sur une base militaire. Pour la population vietnamienne, ces enfants amérasiens, Americano-vietnamiens sont des « Bui Doi » : des poussières de vie. Une expression faussement poétique qui cache en réalité tout le mépris qu’ont les locaux pour ces métisses symboles de la trahison nationale. Tout cela, Hong l’a su bien après.
Le Vietnam, puis la France…Petite fille, sa mère la confie pendant la journée aux bons soins d’une famille de Français installés au Vietnam. La jeune Hong qui ressemble tant à leur enfant disparue est pour eux comme une nouvelle fille. De cette époque, elle ne garde que quelques images confuses et des souvenirs qui se réveillent au contact de certaines odeurs : « Comme celle du kérosène qui me rappelle la base américaine. » Un matin, elle a 7 ans, la famille qui l’heberge rentre soudainement en France et emmène la petite fille avec elle Le soir, sa mère découvrira, impuissante, la disparition de sa fille. Elle mettra près de 25 ans à avoir de ses nouvelles. C’est donc bien loin de l’Asie, dans un petit village de l’Ain que grandit la fillette. On la rebaptise « Marie-Claire », elle est convaincue d’être Française. Les doutes viendront quelques années plus tard.
Une lettre rédigée en vietnamienEn 1998, la vie de Marie-Claire bascule. Elle reçoit une lettre. Le courrier est rédigé en Vietnamien, une langue que parle la jeune femme, mais qu’elle ne lit pas. « C’est là que j’ai pris conscience qu’il y avait quelque part dans le monde quelqu’un qui me recherchait depuis plus de 20ans ». Très vite, elle fait traduire la lettre par un commerçant lyonnais. « En lisant, il s’est mis à pleurer. » L’expéditeur n’est autre que sa mère, qui réclame des nouvelles de sa fille. Le timbre est américain. La maman de Hong et son frère jumeau ont bénéficié d’un programme de rapatriement et se sont installés aux USA pour refaire leur vie. Au bas de la lettre un numéro de téléphone. Il faudra à Marie-Claire deux mois pour trouver le courage d’appeler. Les deux femmes se parlent enfin et au mois d’avril 1999, sa mère vient lui rendre visite en France. « Elle m’a raconté mon histoire », relate-t-elle avec émotion. « Je croyais avoir 29 ans, elle m’a expliqué qu’en fait j’en avais 31. » Elle découvre aussi son vrai prénom « Hong ». « Ma mère m’a dit : maintenant que j’ai retrouvé ma fille, je peux mourir tranquille. » Les deux femmes mettent pourtant un peu de temps à s’apprivoiser : « Pour moi c’était comme une étrangère. » La crise d’identité commence alors avec ses interrogations, ses doutes, ses colères. « Quelque chose en moi disait : on m’a volé ma vie ! Et ce sentiment, même si je n’en parle pas, ne me quitte jamais. »
Le sort difficile des « poussières de vie »Cette confusion, elle n’est pas la seule à la connaître « c’est le cas de la plupart des amérasiens ». En France, ils ne sont qu’une poignée, mais sur Internet une véritable communauté des « poussières de vie » s’est construite. « C’est peut-être encore plus dur pour les enfants de soldats noirs américains », raconte Hong. Au Vietnam, ces métisses sont bien souvent rejetés, en Europe et surtout aux États-Unis, ils ont aussi du mal à trouver leur place. « Ces gens-là ont été oubliés. » Au Vietnam nombreux sont ces « visages de la honte » qui cherchent encore à regagner « leur pays », les États-Unis. « Mais, même loin du Vietnam, je sais que mon frère a subi le racisme. »
En 2004, elle se rapproche véritablement de sa mère lors d’une visite en Californie. « Et là ça a été le déclic, les sentiments sont apparus. » Un an après, Hong trouve le courage de s’envoler pour son pays de naissance : le Vietnam. Là-bas, elle rencontre les premières enfants de sa mère. Ses demi-sœurs se jettent immédiatement dans ses bras et s’occupent d’elle comme d’une princesse. « En descendant de l’avion, j’avais l’impression d’avoir mis un pied dans mon berceau ». Sur place, sa mère lui fait visiter la maison de sa naissance ou encore sa toute première école. Un choc : « Je ne savais plus vraiment qui j’étais. »
Elle voit son jumeau le mois prochainIl ne reste désormais plus qu’une étape pour assembler définitivement toutes les pièces du puzzle : faire la rencontre de son frère jumeau aux USA. Le 15 mars, Hong s’envolera à nouveau pour les États-Unis. En attendant, ses deux cultures cohabitent déjà dans sa maison de Feillens. Aux côtés des bibelots ramenés d’Asie, elle a planté des petits drapeaux américains envoyés par des vétérans rencontrés sur Internet. Quand elle leur écrit, elle signe de son vrai prénom : Hong. « C’est mon histoire, j’en suis fière. »
Benoit Montaggioni
Le journal de Saone et Loire
20 février 2012 -
20 février 2012 à 6h00 #146919
Mekong, l’histoire que tu racontes est celle d’une des premières membres de FV. Je ne donne pas ici son pseudo pour respecter son anonymat.
Depuis un certain temps, elle n’intervient plus sur FV.
Mais si elle nous lit, qu’elle sache que Mme & M. Abgech seraient très heureux d’avoir de ses nouvelles, nous avons essayé à plusieurs reprises de lui téléphoner en vain, je suppose que le numéro a changé. Si tu me lis, envoie moi un MP avec tes nouvelles coordonnées.
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20 février 2012 à 13h52 #146949
@mekong 143806 wrote:
Pour la population vietnamienne, ces enfants amérasiens, Americano-vietnamiens sont des « Bui Doi » : des poussières de vie. Une expression faussement poétique qui cache en réalité tout le mépris qu’ont les locaux pour ces métisses symboles de la trahison nationale. Tout cela, Hong l’a su bien après.
Le Vietnam, puis la France…Con cặc !
En fait c’est une expression faussement interprétée à des fins politiques, surtout à l’époque de la guerre froide, par les journalistes colonialistes.
Le mot « bụi đờ » est souvent employé pour parler de gens asociaux comme les hippies par exemple.
Comme beaucoup d’autres, moi, 100% vietnamien, mais en raison de mon style de vie lorsque j’étais encore jeune, on m’a traité tout de même de « bụi đờ ». Pourtant ma seule ressemblance à ceux-là c’est que j’aimais me trainer dans des rues et vivre en marge de la société.
D’ailleurs, pourquoi on n’en parle qu’après 30 Avril 1975 ?
@mekong 143806 wrote:
Une expression faussement poétique qui cache en réalité tout le mépris qu’ont les locaux pour ces métisses symboles de la trahison nationale.
À savoir que ces enfants sont nés et ont grandi pour la plupart dans la partie sud et centre du pays où habitent les soi-disant bons Vietnamiens car étant pro-occidentaux contre les méchants nordiques.
Et ces « locaux » d’où sortent-ils ?
Tiens ! je l’ai trouvé dans English French Vietnamese Dictionary la fameuse expression qualifiée par ceux qui ne maitrisent pas le vietnamien de faussement poétique, et pourtant il n’y a rien de poétique.
bụi đời
polisson; galopinEnfin, fous-nous cette récupération déjà démodée i
PHT
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20 février 2012 à 14h06 #146951
Le drame des enfants de la guerre il en existe partout, mais ce qui nous emmerde c’est lorsque ça a été exploité à des fins politiques.
Tiens !
Présentation de l’éditeur
» Ce qui est terrible chez un enfant, ce n’est pas tellement de savoir qu’il n’est pas aimé, et pourtant c’est important, mais c’est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres. » Ces mots bouleversants sont ceux de Daniel, un de ces » fils de Boches « , de ces » enfants de la honte « , ou de la » collaboration horizontale « , comme les qualifiaient les patriotes zélés de 1945, les premiers à prendre la tondeuse pour stigmatiser le comportement des mères qui, aujourd’hui encore, se terrent dans la souffrance. Ces enfants maudits, niés avant même leur naissance, mis au ban la société, seraient aujourd’hui 200 000, estime-t-on à l’Institut d’histoire du temps présent. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l’ennemi, et des femmes d’un pays qui les accueillait malgré lui, ces petits êtres indésirables ont grandi dans la honte, portant au plus profond de leur âme une double filiation qui a laissé chez nombre d’entre eux une plaie jamais refermée. Mis au rancard de l’Histoire, les enfants oubliés du pacte d’amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont retrouvé leur famille allemande en recourant aux services d’information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la WASt, qui, submergée de demandes, a décidé d’apporter son aide en éditant un petit formulaire que nous avons encarté dans cet ouvrage. D’autres » enfants » poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho… et leur permettre de vivre leur singularité avec plus de sérénité.
Biographie de l’auteur
Jean-Paul Picaper a fait des études d’allemand et de suédois, puis de sciences politiques qu’il a enseignées à l’Université de Berlin-Ouest. Il a été le correspondant du Figaro en Allemagne de 1977 à 2003. Il réside toujours dans la capitale allemande et collabore à différentes publications, dont le magazine Internet Glacis (Under construction) qu’il a créé. Il a publié notamment Nucléaire, l’Europe partagée (Ramsay), Sur la trace des trésors nazis (Tallandier) et Helmut Kohl (Fayard). Ludwig Norz est né à Bucarest, de père allemand et de mère roumaine. Il collabore depuis 1991 à laWASt à Berlin. Diplômé des Beaux-Arts et d’Histoire, il réalise également de nombreuses recherches pour plusieurs institutions internationales, dont l’Institut d’histoire Rom. Il a fondé l’association d’art et de culture germano-franco-roumaine Fantom qui organise des conférences internationales, des expositions et des fouilles archéologiques.
Détails sur le produit
- Broché: 386 pages
- Editeur : Editions des Syrtes (8 avril 2004)
- Collection : Document / Histoire
- Langue : Français
- ISBN-10: 2845450885
- ISBN-13: 978-2845450882
Source : ICI
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20 février 2012 à 14h57 #146952
Here we are, I found it in English French Vietnamese Dictionary.
bụi đời
Loose derelict; street-urchin -
22 février 2012 à 22h01 #147003
@abgech 143808 wrote:
Mekong, l’histoire que tu racontes est celle d’une des premières membres de FV. Je ne donne pas ici son pseudo pour respecter son anonymat.
Depuis un certain temps, elle n’intervient plus sur FV.
Mais si elle nous lit, qu’elle sache que Mme & M. Abgech seraient très heureux d’avoir de ses nouvelles, nous avons essayé à plusieurs reprises de lui téléphoner en vain, je suppose que le numéro a changé. Si tu me lis, envoie moi un MP avec tes nouvelles coordonnées.
bonjour Abgech,
je transmets ta demande à l’intéressée.
j’espère que tout va bien de ton côté, j’attends madame pour le jardin…au printemps???
amicalementle thi
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23 février 2012 à 17h28 #147020
Bonjour à tous en fait je ne comprends pas tout ce que veut dire Bao Nhan ….
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23 février 2012 à 21h07 #147027
@LOAN 143942 wrote:
Bonjour à tous en fait je ne comprends pas tout ce que veut dire Bao Nhan ….
Tu ne le comprends pas c’est parce que ça ne te concerne pas. Ce que je voulais dire c’est relatif au terme « bụi đời » dont le sens a été détourné à des fins politiques par les médias malintentionnés afin de nous incriminer.
Enfin, « bụi đời » n’est pas du tout une appellation à caractère raciste réservée aux seuls métisses amérasians, mais n’importe qui peut être aussi traité comme tel.
PHT
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24 février 2012 à 14h41 #147042
Bon je ne ne vois pas le rapport avec l’article ca parle pas de toi que je sache et les » bui doi » sont les personnes nés pendant la guerre du Vietnam d’un père américain et une mère vietnamienne …à chacun sa définition quand tu auras ton portrait dans un journal tu pourras parler de toi …
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24 février 2012 à 15h49 #147044
@le thi 143915 wrote:
…je transmets ta demande à l’intéressée…. [/quote]
Pour notre plus grand plaisir, elle nous a appelé hier soir.@le thi 143915 wrote:
…j’espère que tout va bien de ton côté, j’attends madame pour le jardin…au printemps???…
Au printemps tardif ! Pour l’instant nous sommes au bord de la mer. Nous remontons en Suisse, dans une semaine, pour repartir pour le Vietnam le 28 mars. Retour mi-mai, quinze jours en Suisse et départ pour le sud, vers début juin, donc, pour le jardin, en juin ?
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24 février 2012 à 17h08 #147045
Sans être un spécialiste du bouddhisme il me semble que dans sa vision du monde, « impermanents » et « non-être » (en connexion avec tout ce qui nous entoure), nous sommes tous des poussières de vie. La chanson de Trịnh Công Sơn, « Cát Bụi », me semble coller complètement à ce sens. Bụi Đời a sans doute pris une connotation péjorative dans les medias mais une autre interprétation est tout aussi possible… Je pense que Bảo Nhân a raison.
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24 février 2012 à 18h13 #147046
@tôidibo 143979 wrote:
Sans être un spécialiste du bouddhisme il me semble que dans sa vision du monde, « impermanents » et « non-être » (en connexion avec tout ce qui nous entoure), nous sommes tous des poussières de vie. La chanson de Trịnh Công Sơn, « Cát Bụi », me semble coller complètement à ce sens. Bụi Đời a sans doute pris une connotation péjorative dans les medias mais une autre interprétation est tout aussi possible… Je pense que Bảo Nhân a raison.
Bonjour J-C,
Content de te revoir, cher fan de TCS !
Ci-après, cette fameuse chanson de TCS.
Bien amicalement,
avec mes hommages à Madame L.
Dông Phong
Cát bụiTrịnh Công Sơn
Hạt bụi nào hóa kiếp thân tôi
Để một mai vươn hình hài lớn dậy ?
Ôi cát bụi tuyệt vời,
Mặt trời soi một kiếp rong chơi.Hạt bụi nào hóa kiếp thân tôi
Để một mai tôi về làm cát bụi ?
Ôi cát bụi mệt nhoài,
Tiếng động nào gõ nhịp không nguôi ?Bao nhiêu năm làm kiếp con người,
Chợt một chiều tóc trắng như vôi,
Lá úa trên cao rụng đầy
Cho trăm năm vào chết một ngày.Mặt trời nào soi sáng tim tôi
Để tình yêu xay mòn thành đá cuội ?
Xin úp mặt bùi ngùi
Từng ngày qua mỏi ngóng tin vuiCụm rừng nào lá xác xơ cây
Từ vực sâu nghe lời mời đã dậy ?
Ôi cát bụi, phận này,
Vết mực nào xóa bỏ không hay ?1965
Traduction par Dông Phong :
Sable et poussière
Quel grain de poussière se réincarnera en mon corps
Pour que cette carcasse s’épanouisse un jour ?
Ô merveilleux sable et poussière,
Le soleil illumine une vie baladeuse.Quel grain de poussière se réincarnera en mon corps
Pour que je redevienne sable et poussière un jour ?
Ô sable et poussière exténués,
Quel bruit peut-il rythmer sans arrêt ?Tant d’années en cet humain sort,
Puis un soir soudain les cheveux blanchissent comme de la chaux,
Les feuilles fanées de là-haut vont toutes tomber
Et en un seul jour y viendront mourir cent années.Quel soleil pourra éclairer mon cœur
Afin que l’amour le broie en petits cailloux ?
Veuillez me laisser baisser ma face malheureuse
Pour attendre chaque jour quelque nouvelle heureuse.Dans quelle forêt les feuilles, quittant leurs arbres,
Écouteront l’invitation s’élever du fond de l’abysse ?
Ô sable et poussière, ce pauvre destin,
Quelle tache d’encre pourra l’effacer enfin ?
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