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Répondre à : expo musée guimet, paris

Discussions générales sur le Vietnam La Culture au Vietnam expo musée guimet, paris Répondre à : expo musée guimet, paris

#12631
mike
Modérateur
    Tiger wrote:
    http://www.lefigaro.fr/culture/20051015.FIG0082.html

    Les féroces gardiens et la belle Tara Au Musée national des arts asiatiques – Guimet, jusqu’au 9 janvier 2006.

    A.-M. R.
    [15 octobre 2005]

    «IL S’AGIT d’une exposition de sculpture et non d’architecture», prévient Thierry Zéphir, cocommissaire de l’exposition avec Pierre Baptiste, conservateur au Musée Guimet. Autrement dit, peu de photographies de kalan, mais en revanche un très beau relevé d’Henri Parmentier et des photographies de sites du début de XXe siècle, prises par un passionné, Charles Carpeaux (le fils du sculpteur) qui nous permettent de mesurer les outrages des guerres et du temps.

    Le parcours des oeuvres est chronologique, ce qui bouscule un peu la géographie et les religions puisqu’on va passer de pilastres en brique d’un temple hindouiste détruit de My Son, datant du VIIe siècle, profondément gravé de guirlandes de fleurs, à un ensemble provenant d’un temple bouddhique celui-là, Duong Dang, du Xe siècle. Parmi les pièces les plus remarquables de ce temple, une tête géante de bouddah, et une très belle tête d’Avalokitesvara, un des multiples bhodisatvas, les sages qui sont parvenus au nirvana, reconnaissables à leur chignon sur l’oreille. A voir aussi les hautes statues de «gardiens de l’espace», géants de grès au visage féroce, et, provenant également de Duong Dang, un durga hindouiste qui maîtrise le démon buffle, témoin du syncrétisme que pratiquaient les Chams.

    Tous les spécialistes s’accordent pour faire du Xe siècle l’«âge d’or» du Champa, celui où l’art s’épanouit et s’enrichit avant de se synthétiser jusqu’à l’appauvrissement et la simple stèle gravée, après le XIIIe siècle.

    Age d’or médiéval

    C’est dans cet âge d’or, coeur de l’exposition, que vous verrez un gracieux Shiva dansant et la Devi de bronze vêtue de plissés moulants du musée de Saïgon, sans compter une multitude d’animaux mythiques, l’oiseau Garouda – monture de Shiva, l’éléphant Ganesha, des éléphants-lions, des serpents naga, des danseurs, des lions la tête en bas sur le piedroit d’une porte, des êtres hybrides exultant de joie et d’exubérance, une foule de délicates petites danseuses apsara à l’assaut de pilastres. C’est l’époque de l’épanouissement, de l’opulence, bientôt de l’excès lorsque la décoration va prendre le pas sur la sculpture au XIIIe siècle.

    Pourtant le Champa va encore produire pendant deux siècles de remarquables sculptures comme la belle série des huit petits gardiens de l’espace et les splendides tympans en amande de Trah Kieu et de Thap Mam.

    Plus tard, la sculpture rentrera dans les murs, remplaçant souvent le ronde-bosse par le haut-relief. Un grand Shiva des «Tours d’argent» ayant conservé des vestiges de polychromie laisse apercevoir cette évolution. C’est aussi l’époque des plus petits objets : un petit linga, une aiguière à deux becs, un bol, une aiguière d’argent…

    Mais c’est de Danang que vient la pièce la plus exceptionnelle : la Tara de Dong Duong, conservée dans un des ateliers du musée de la ville. Cette magnifique et altière déesse vêtue d’un plissé de cuivre moulant, porte des incrustations d’argent dans les cheveux, de l’or, du cristal de roche et de la cornaline dans les yeux et sur le visage. Ses mains perdues devaient porter une fleur de lotus et une trompe.