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Femmes damnées (1)
Comme un bétail pensif sur le sable couchées,
Elles tournent leurs yeux vers l’horizon des mers,
Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées
Ont de douces langueurs et des frissons amers.Les unes, coeurs épris des longues confidences,
Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux,
Vont épelant l’amour des craintives enfances
Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ;D’autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves
A travers les rochers pleins d’apparitions,
Où saint Antoine a vu surgir comme des laves
Les seins nus et pourprés de ses tentations ;Il en est, aux lueurs des résines croulantes,
Qui dans le creux muet des vieux antres païens
T’appellent au secours de leurs fièvres hurlantes,
Ô Bacchus, endormeur des remords anciens !Et d’autres, dont la gorge aime les scapulaires,
Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements,
Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires,
L’écume du plaisir aux larmes des tourments.Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres,
De la réalité grands esprits contempteurs,
Chercheuses d’infini, dévotes et satyres,
Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs,Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies,
Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains,
Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies,
Et les urnes d’amour dont vos grands coeurs sont pleins !Charles Baudelaire
YouTube – L’albatros | Charles Baudelaire
L’albatros
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.Charles Baudelaire, les Fleurs du Mal
YouTube – Il pleut – Apollinaire
Il pleut
Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir
c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes
et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires
écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique
écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas
Guillaume Apollinaire ( Recueil: « Calligrammes »)Ma bohême
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées!Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frouEt je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!Arthur Rimbaud
YouTube – On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Roman
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
− Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
− On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, − la ville n’est pas loin,
A des parfums de vigne et des parfums de bière…− Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
− Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père…
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
− Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. − Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
− Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire… !
− Ce soir-là,… − vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
− On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.Arthur Rimbaud
Bonjour Bao Nhân, Pierre, ngjm,
A propos de l’affaire du directeur de prison, pour généraliser dans toute institution, qu’elle soit de santé ou d’éducation (hôpitaux, écoles, prisons etc…) la première des règles qu’on apprend c’est de garder la distance, qui peut être bienveillante, mais toujours distance pour pouvoir rester professionnel.
des « dérapages » dans d’autres milieux professionnels n’auront pas autant d’impact sur les personnes concernées.
dans le cas de rapport soignant/soigné, enseignant/élève, gardien/prisonnier,… etc…, il faut impérativement garder une distance, car le soignant, enseignant, gardien etc… sont là en tant que référents et tracent des limites, s’ils sont trop proches, ils n’ont plus d’objectivité dans leurs domaines.
C’est rassurant et structurant pour la personne concernée (élève, malade, détenu etc…) mais aussi plus difficile comme attitude à tenir.
Bien sur personne n’est à l’abri des dérapages, on travaille ici avec de l’humain, en étant soi même humain. C’est pour cela qu’il faut être d’autant plus vigilant.YouTube – Charles Baudelaire – Enivrez-vous (par S.Reggiani)
[FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]ENIVREZ- Vous[/FONT]
[FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.[/FONT]
[FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous![/FONT]
[FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.[/FONT][FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]Charles Baudelaire (In Les petits poèmes en prose)[/FONT]
YouTube – Il pleure dans mon coeur – Paul Verlaine (Mon cahier de poésies – vol.1)
Il pleure dans mon coeurIl pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !Paul Verlaine (1844-1896)
YouTube – Françoise Hardy- Il N’Y A Pas D’Amour Heureux
Il n’y a pas d’amour heureuxRien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force
Ni sa faiblesse, ni son coeur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorceIl n’y a pas d’amour heureux
Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qui ‘on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots » Ma vie » et retenez vos larmesIl n’y a pas d’amour heureux
Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui, pour tes grands yeux, tout aussitôt moururentIl n’y a pas d’amour heureux
Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitareIl n’y a pas d’amour heureux
Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleursIl n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous deuxAragon (la Diane française 1946)
13 janvier 2011 à 17h26 en réponse à : National Geographic : Son Doong, la plus grande caverne du monde #130380Cours d’eau souterrain
« En avril 2009, une équipe de britanniques et de vietnamiens a commencé à explorer Hang Son Doong .
Dans la forêt puviale à la frontière lao-vietnamienne, ils ont découvert une grotte-tunnel traversant le calcaire sur plus de 4km, haute par endroit de 180m. UNe rivière souterraine l’a creusée , voilà 2 à 5 millions d’années.
Plus de 150 grottes ont été recensées dans la région depuis 1990, et plus de 140 km de galeries cartographiées. » (p 78 Natonal geographic janvier 2011)merci Bao Nhân pour ton topic,
grâce à tes infos,
j’ai acheté le National Géographic, et Géo pour l’article sur Hâ Noï.YouTube – PRÉVERT, Jacques – Pour toi mon amour.
Pour toi mon amour
» Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j’ai acheté des oiseaux
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j’ai acheté des fleurs
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j’ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
mon amour
Et puis je suis allé au marché aux esclaves
Et je t’ai cherchée
Mais je ne t’ai pas trouvée
mon amour «Jacques Prévert, Paroles (1949)
merci NVTL.
Le Dernier poème
J’ai rêvé tellement fort de toi,
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi.
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.Robert Desnos (1900-1945)
Merci NVTL,
ça me rassure de pouvoir compter sur toi:bigsmile::friends:c’est vrai qu’il faut prendre les choses de la vie avec humour et philosophie…
@ngjm 95,
t’as de la chance, de n’être que derrière ton ordi, je suis petite mais je cogne, :lol::friends:
Bao Nhân;125103 wrote:Que ce soit une Française ou Vietnamienne du Nord, du Centre ou du Sud, je te conseille d’éviter celles qui ont fait leur classe dans des marchés populaires.
PHTle problème c’est que ce n’est pas moi qui vais choisir les épouses de mes fils,
je n’ai pas mon mot à dire sur leurs choix.(soupir) que la vie est mal faite!:bigsmile:
je brûle une baguette d’encens et je prie Bouddha pour que mon futur statut de belle mère soit le meilleur possible 😆
,feliz cumpleaños,
お誕生日おめでとうございます,
sretan rođendan,
daudz laimes dzimšanas dienā,
buon compleanno,
selamat hari ulang tahun
Joyeux anniversaire Bao Nhân!
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