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Dong Phong

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15 sujets de 526 à 540 (sur un total de 2,144)
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  • en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151862

    @HAN VIËT 150492 wrote:

    _ 2è ligne : que veut direnại nhược hà ? on comprend à peu près Đối thử lương tiêu


    Excusez-moi, je n’ai pas répondu à cette question.
    Voici l’explication de texte du livre de Phan Văn Các, Trương Đình Nguyên, Nguyễn Đức Sâm, Hồ Hoàng Biên, Lê Văn Tầm, Giáo trình Hán Nôm (Cours de Hán Nôm), NXB Giáo dục, 1984, Tome I, pp. 33-34, d’où j’ai extrait ce poème :

    nại : (không dùng một mình) (ce mot ne s’emploie pas seul)
    nại hà : làm sao, làm thế nào (comment faire)
    nhược : bằng, như (avec, à l’aide de, comme)
    nại nhược hà : biết làm thế nào, không làm sao được (savoir comment faire, ne pas savoir comment faire)

    C’est pourquoi, j’ai traduit le sens poétique du 2ème vers « Đối thử lương tiêu nại nhược hà » par « Mais comment rester insensible à cette belle nuit «  (ce n’est pas de la traduction automatique mot à mot de Google !). Littéralement ce pourrait être « Devant cette belle nuit [je] ne sais que faire« .

    Dông Phong

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151859

    @HAN VIËT 150492 wrote:

    _

    _ autre poème lunaire , qui est l’auteur ?
    靜夜思床前明月光
    疑是地上霜
    舉頭望明月
    低頭思故鄉
    Phiên Âm:
    Tĩnh Dạ Tứ
    Sàng tiền minh nguyệt quang,
    Nghi thị địa thượng sương.
    Cử đầu vọng minh nguyệt,
    Đê đầu tư cố hương

    Dịch Nghĩa:
    Đầu giường, ánh trăng rọi sáng
    Tưởng là sương trên mặt đất
    Ngẩng đầu ngắm trăng sáng
    Cúi đầu nhớ quê cũ.
    Qui est l’auteur ?


    Ah ce cher Ly Bạch ou Lý Bố (Li Bai ou Li Bô, 701-762) !
    Toujours avec la lune qui finira par le faire se noyer !
    Dông Phong

    PS : Nguyễn Chí Thiện a rappelé ce poème de Li Bai dans le sien

    Autrefois, Li Bai
    Nguyễn Chí Thiện

    Autrefois, Li Bai leva les yeux. La lune luit.
    Il baissa alors la tête, la terre natale, par son souvenir, le déchira.

    (Voir : http://www.forumvietnam.fr/forum-vietnam/la-culture-le-sport-au-vietnam-t-ng-quan-v-n-hoa-th-thao/12402-disparition-du-poete-nguy-n-chi-thi-n.html)

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151858

    @HAN VIËT 150492 wrote:

    _ 2è ligne : il y a nại nại pas nại nhược ; que veut dire nại nại hà ou nại nhược hà ?



    Bien vu HAN VIET !
    Excusez-moi, j’ai fait une faute de transcription : le 6ème caractère de la 2ème ligne est
    (nhược) et non pas (nại) répété.
    Ah, ces copier/coller !
    Dông Phong

    PS : j’ai beaucoup de mal à poster ce message à cause de ma connexion Internet ce soir. Pourvu que çà passe !

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151849

    @robin des bois 150479 wrote:

    Un petit « aparte » de ma part pour noter 2 points :

    – je lis avec un très grand intérêt vos « échanges de qualité « sur un aspect de la personnalité et de la vie privée de l’oncle Hô que je ne connaissais bien évidemment pas : et comme ce pesronnage Historique me fascine , je suis celà de près
    [ il me semble avoir lu quelque part qu’une femme, écrivain(e) Vitetnamien(ne), avait écrit une « Biographie sur l’oncle Hô qui semble faire référence jusqu’ici : mais jusqu’où est-elle allée dans a vie privée ? Je ne sais pas – et ce n’est pas DTH]


    Bonjour RdB,
    Je vous remercie de votre aimable message.

    Quand je parlais d’Alexandre de Rhodes et d’Yersin, certains m’ont traité « d’embellisseur du colonialisme.
    Ces jours-ci, en évoquant l’oeuvre poétique du président Hô Chi Minh, je m’attends à ce que « des gens de l’autre bord » me traitent « d’embellisseur du communisme ».

    Tant pis, comme dit le proverbe « les chiens aboient et la caravane passe », je continuerai mon petit bonhomme de chemin d’historien non-partisan.

    Par ailleurs, je ne suis pas au courant qu’il existerait une biographie de HCM écrite par une auteure vietnamienne. Ce serait bien que vous nous retrouviez sa référence. Merci d’avance.
    DP

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151846

    @HAN VIËT 150463 wrote:

    Le poème du président HCM , il faut le dire , est assez moyen . Pour être bon poète , il faut avoir été immergé longtemps , au moins pendant une dizaine d’années , dans la culture ancienne , non seulement dans l’étude des classiques mais aussi celle des poètes célèbres . HCM n’a pas bénéficié de ce temps . En effet , le văn ngôn privilégie la concision ,la sobriété en plus bien sûr de la poétique , de la musicalité . Sur le poème de l’oncle , on pourrait enlever à chaque ligne un mot :


    Monsieur HAN VIET, vous êtes bien sévère !
    HCM a écrit son journal en prison, un endroit qui, habituellement n’inspire pas beaucoup de poésie.
    Peut être que le poème de HCM ci-dessous vous plairait-il mieux ?
    Dông Phong

    Original en caractères chinois :

    望月
    獄中無酒亦無花
    對此良宵奈奈何
    人向窗前看明月
    月從窗隙看詩家


    Transcription en quốc ngữ :

    Vọng nguyệt

    Ngục trung vô tửu diệc vô hoa
    Đối thử lương tiêu nại nhược hà
    Nhân hướng song tiền khán minh nguyệt
    Nguyệt tòng song khích khán thi gia


    Traduction par Dông Phong :

    Regarder la lune

    Dans le cachot pas de vin ni de fleur

    Mais comment rester insensible à cette belle nuit

    L’homme devant l’ouverture regarde la lune claire
    Et la lune à travers cette fente regarde le poète

    en réponse à : Disparition du poète Nguyễn Chí Thiện #151845

    @Bao Nhân 150466 wrote:

    Puisque vous avez évoqué Bùi Tín et Solienitsyne. Alors je ne sais pas si on puisse comparer Nguyễn Chí Thiện à ces deux-là qui ont quand même combattu pour libérer leur pays respectif : Solienitsyne, la guerre contre les nazi, et Bùi Tín, celles anti-française et américaine.

    PHT

    @Dông Phong 150467 wrote:


    NCT fut condamné la 1ère fois en 1958 à 2 ans de prison, lors des procès des nombreux intellectuels contestataires des groupes littéraires Nhân văn / Giai phẩm (dès 1955-1956, ils réclamaient plus de liberté et dénonçaient la sanglante « réforme agraire » – que HCM lui-même a désavouée ultérieurement).

    Il me semble que vous ignorez ces évènements (de 1956-1960) et leur suite.


    Tous ces intellectuels ont combattu contre les Français dans les maquis.
    De retour à Hanoi en 1954 après Diên Biên Phu, ils furent déçus par les mesures politiques mises en place par le régime. D’où leurs mouvements contestataires.
    C’était une période sombre de l’histoire de notre pays, qu’il faut regarder calmement sans esprit partisan.
    DP

    en réponse à : Disparition du poète Nguyễn Chí Thiện #151839

    @Bao Nhân 150464 wrote:




    J’ai non seulement eu l’occasion de lire un grand nombre d’articles sur Nguyễn Chí Thiện mais aussi de rencontrer et de partager avec des intellectuels ainsi que d’anciens combattants, ce qui m’a amené à penser qu’en venant au monde, ce Monsieur aurait dû se tromper de pays ou d’époque, car dans les années 60, beaucoup d’hommes et femmes de sa génération doivent partir au front, dont certains y ont perdu la vie, laissant ainsi derrière eux, vieux parents, femmes et enfants… Alors est-ce le moment de plaisanter de la manière dans un pays en guerre et encore sous la loi martiale ?

    PHT

    Bonsoir monsieur Bao Nhân,
    NCT fut condamné la 1ère fois en 1958 à 2 ans de prison, lors des procès des nombreux intellectuels contestataires des groupes littéraires Nhân văn / Giai phẩm (dès 1955-1956, ils réclamaient plus de liberté et dénonçaient la sanglante « réforme agraire » – que HCM lui-même a désavouée ultérieurement). Avez-vous vu leurs violents réquisitoires dans les revues Nhân văn / Giai phẩm ? (Beaucoup plus violents que les 4 lignes ironiques de NCT que vous avez citées).
    NCT a continué le même combat après sa libération (ce qui lui a valu d’autres internements, en totalité 27 ans), alors que les autres ont jeté l’éponge après leurs condamnations, parfois très lourdes, et restaient dans l’ombre pendant 30 ans.
    Il me semble que vous ignorez ces évènements (de 1956-1960) et leur suite.
    Ce fut grâce à l’ouverture politique du Đổi mới que ces intellectuels ont été « réhabilités » vers 1988-1990. Quatre d’entre eux, Phùng Quán, Trần Dần, Lê Đạt, Hoàng Cầm, ont même reçu le « Prix national de littérature » en 2007 pour leurs oeuvres précédemment condamnées (à titre posthume pour Trần Dần décédé 10 ans plus tôt en 1997).
    Voilà les faits avérés.
    Et surtout, s’il vous plaît, ne m’accusez pas de faire de « l’anticommunisme primaire attardé », car je viens de faire l’apologie du président HCM dans le fil de discussion « Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités ».
    Faire de l’histoire « factuelle et non-partisane » doit être la règle ici et ailleurs, du moins c’est ce que j’essaie de faire. Les polémiques concernant l’histoire passée sont inutiles.

    Dông Phong


    Bonsoir RdB,
    Pour Singapour, çà doit être vrai, car j’y ai rencontré une petite expate qui s’y plaît bien, malgré les averses torrentielles.
    Mais elle n’a pas le choix, son père était chômeur en France en dépit de ses diplômes.
    DP

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    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151825

    @DédéHeo 150452 wrote:


    Mais l’histoire de la dernière femme d’HCM est encore pire. C’était une jeune vietnamienne d’ethnie Tay qui aurait été assassinée sur ordre du Polit-buro de l’époque. Les enfants HCM auraient étés confiés à d’autres personnes. Dương Thu Hương en a fait la trame de son roman de 2009 : Au Zénith, « Đỉnh Cao Chói Lọi » Wikipedia tieng Viet

    C’est vrai qu’au milieu des années 60 Hô Chi Minh avait été dépossédé du pouvoir et le gouvernement était en train de le transformer en saint ayant consacré sa vie au Pays. Alors on souhaitait faire disparaitre toute empreinte féminine. Les guerres de succession devaient faire rage aussi.

    Au début des années 2000, le bruit courrait que Nông Đức Mạnh était un fils survivant d’Hô Chi Minh, mais ce n’est pas vrai. Son wiki : Nông Đức Mạnh

    Bref, avant le roman de Dương Thu Hương on savait qu’il y avait une femme Tay et des enfants, mais que sont-ils devenus ?


    Bonsoir Dédé et TLM,
    Il faut faire très attention quand on considère la vie personnelle de HCM, dont les dirigeants vietnamiens ont fait « une icône tutélaire nationale » entourée de « mystères » (dans le sens religieux du terme). N’oublions pas que dans l’hagiographie chrétienne, les saints sont des célibataires endurcis et épargnés de la tentation de la chair !
    L’ouvrage de Mme Duong Thu Huong, comme c’est indiqué, n’est qu’un roman et non pas une analyse historique, tout comme ceux d’Alexandre Dumas (le vrai d’Artagnan n’était pas celui des Trois mousquetaires !).
    Il y a du boulot pour les historiens des générations futures.

    En attendant, je me permets de rappeler à TLM que nous sommes dans un fil de discussion intitulé « Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités ». Ne digressons donc pas trop, car çà risque encore de dégénérer entre « les pros et les cons » (comme disent les anglophones).
    Revenons à la poésie !
    Dông phong

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151824

    @DédéHeo 150445 wrote:

    ….

    Lý Thụy devenu Ho Chi Minh cherchera plusieurs fois à reprendre contact avec sa jolie Chinoise mais cela s’avérera impossible. Voici une lettre qu’il écrit de Thaïlande le 14 août 1928, malheureusement interceptée par la Sûreté et actuellement conservée au CAOM (Centre des Archives d’Outre-Mer) à Aix-en-Provence :

    LetterByHoToWife.jpg


    Bonjour Dédéheo,
    Merci beaucoup pour ce document très précieux.
    Même dans un moment aussi douloureux de sa vie personnelle, HCM s’était comporté en poète.
    Que sa missive à sa femme fût confisquée et enfermée dans les archives de la police française, cela ne fait que nous confirmer la représentation graphique de l’idéogramme (ngục, prison, cachot), composé de (ngôn , parole) encadré par deux Rantanplan et (khuyển, chien).
    Dông Phong

    en réponse à : Un bateau de Halong se retourne, 3 morts et 1 disparu #151821

    @DédéHeo 150440 wrote:


    La proue du Đông Phong QN 1402 accroche le toit de l’annexe QN-6116 qui se retourne. C’est un petit bateau transportant 18 touristes qui ressemble à une cage. Malgré la proximité du bord, 5 des 18 touristes entassés dans la « cage » restent coincés sous l’eau.

    Le Dong Phong 02, à droite sur cette foto, n’est pas si grand. Comment une collision avec cette annexe, à gauche sur la foto peut la retourner ? Les gilets de sauvetages sont en place, ont-ils été récupérés après l’accident ?

    Je rassure TLM que je n’y suis pour rien ! :sorclo:
    Dông Phong

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151203

    @ngjm95 150426 wrote:

    Je doute fort bien que la rédaction du New York Times soit dans les mêmes dispositions quand ils ont fait paraître un hommage à titre posthume à Ho Chi Minh à l’annonce de son décès alors que le Têt 68 était encore dans toutes les têtes.
    September 4, 1969

    [SIZE=-1]OBITUARY[/SIZE]Ho Chi Minh Was Noted for Success in Blending Nationalism and Communism

    Ho Chi Minh Was Noted for Success in Blending Nationalism and Communism

    Sans parler de Williams Duiker ( de l’ambassade américaine pendant la guerre du Vietnam) avec son livre : Ho Chi Minh: A life.

    Ne pas oublier aussi la journée Ho Chi Minh de l’Unesco.

    Ils sont devenus fous les américains !


    Cela prouve surtout que le monde n’est pas peuplé uniquement de petits esprits mesquins, sectaires et haineux.
    Dông Phong

    en réponse à : Littérature vietnamienne dans toutes ses diversités #151206

    Bonjour TLM,
    Faire l’apologie du président Hồ Chí Minh, l’icône tutélaire du Viêt Nam, serait comme disent les proverbes « ne prêter qu’aux riches » ou « féliciter le gendre du roi pour ses beaux habits ».

    Mais HCM était aussi l’un des derniers poètes vietnamiens « de souche », sinon le dernier, à avoir écrit des textes en caractères chinois classiques. Son œuvre la plus connue est Ngục trung nhật ký / Journal de prison, un recueil de poèmes écrits pendant sa détention en Chine par les troupes nationalistes de Tchang Kai Chek en 1942-1943.

    Je remercie d’avance les « lettrés de FV » de bien vouloir nous informer des poètes vietnamiens qui ont encore écrit en chinois après cette période, s’il y en a.
    Dông Phong

    Original en caractères chinois :

    獄中日記題詞
    身體在獄中
    精神在獄外
    欲成大事業
    精神更要大

    Transcription en quốc ngữ :

    Ngục trung nhật ký đề từ

    Thân thể tại ngục trung
    Tinh thần tại ngục ngoại
    Dục thành đại sự nghiệp
    Tinh thần cánh yếu đại

    Traduction par Dông Phong :

    Épigraphe pour le journal de prison

    Le corps est à l’intérieur de la prison
    L’esprit est à l’extérieur de la prison
    Si l’on veut réaliser une grande œuvre
    Il faut que l’esprit se montre grand

    PS : juste pour vous faire remarquer la représentation graphique du caractère ngục (prison, cachot) composé du caractère ngôn (parole, parler) entouré par 2 caractères khuyển et (chien)

    en réponse à : Disparition du poète Nguyễn Chí Thiện #151216

    @HAN VIËT 150414 wrote:

    _ NC Thiên a beaucoup souffert . Il a passé beaucoup de temps en prison . Il a commencé à avoir des ennuis avec les autorités dès 1960 et cela a continué pendant longtemps; je me demande quelles étaient ses motivations pendant tout ce temps, a t-il écrit ses mémoires ? à ce moment , le pays luttait pour sa survie , pour accomplir le mandat du ciel , l’indépendance et la réunification . ce n’était pas le moment de se mettre en travers , il a manqué de réalisme , il a fait preuve d’aveuglement .
    _ d’autres lettres de prison :Ngục trung thư de Phan Bội Châu ; Nhật ký trong tù de Ho chi minh . Comment situer NC Thiên par rapport à ces 2 résistants . D’après Bùi Tin , la cause était juste mais les moyens utilisés étaient trop radicaux .
    _ NC Thiên a été emprisonné entre autres à la prison Hoa lo . Tri th Parmi les « pensionnaires » célèbres : Truong chinh , Lê Duân ,Dô muoi , Nguyên van Linh , Xuân Thuy …. . on comprend qu’ils n’ont pass vu d’un bon oeil la dissidence de NC Thiên
    _ dans la cour de cette prison , il y avait la guillotine ; parmi les condamnés Ng thai Hoc , Pho’ duc chinh , etc ..
    _ Dissidents russes célèbres : Solienitsyne , Sakharov , Plioutch , Boukovski , etc
    _ Taper List of Chinese dissidents – Wikipedia, the free encyclopedia
    Quel était le sens du combat des chinois et russes par rapport au destin de leur pays à ce moment de leur lutte ?
    En URSS , le régime s’était beaucoup adouci par rapport au temps de Staline .
    En Chine , Deng xiao Ping avait décidé de mener une politique d’ouverture économique pour lutter contre les retards du pays surtout au point de vue technologique et militaire sinon la Chine s’exposait à de nouvelles expéditions néocolonialistes comme l’a montré la Libye .
    La modernisation avait entraîné beaucoup de souffrances , la cause était-elle juste ? les dissidents avaient -ils des motivations justifiées ?
    _ au point de vue littéraire , je n’ai lu aucune ligne , je ne peux pas juger de sa valeur poétique de NCThiên

    Bonsoir monsieur HAN VIET,
    Je vous remercie d’avoir réagi à ce fil de discussion, pour lequel le silence des membres de FV (malgré 247 affichages à cette heure-ci) reflète soit… un malaise soit… du respect pour le poète qui vient de disparaître.
    Je ne connais pas bien le sujet, et ne fais que répercuter l’actualité sans prendre parti, ayant seulement lu, il y a quelque temps déjà, quelques uns de ses poèmes, que j’ai trouvés très beaux (si j’ai dit que NCT était « célèbre », je n’ai que fait référence aux honneurs internationaux qu’on lui a rendus).
    Je suis en train de me documenter un peu plus.
    Pour le moment, je ne sais pas exactement s’il a été condamné en 1960 (voire avant) :
    – pour avoir participé aux mouvements des intellectuels contestataires Nhân văn / Giai phẩm de 1955-1957
    – ou pour avoir protesté contre la désatreuse « réforme agraire », que HCM lui-même a désavouée ultérieurement.
    L’histoire récente de notre pays, si malheureuse et si complexe, demande aux historiens d’être très prudents et de ne pas faire « d’élucubrations partisanes » et personnelles.
    Cordialement.
    Dông Phong

    en réponse à : Disparition du poète Nguyễn Chí Thiện #151219


    Ci-dessous la traduction française de quelques poèmes de Hoa địa ngục / Fleurs de l’Enfer (Ed. Đường Mới, La voie nouvelle, 1985).

    (Source : V)

    ARBRE
    Nguyễn Chí Thiện

    Avec toutes les espèces, je nais, je croîs en cet espace sauvage.
    Mes racines s’enfoncent, profondes, dans le terreau natal.
    Lumière du soleil, gouttes liquoreuses du ciel,
    Matières informes qui, dans l’univers, sans cesse tournoient,
    Je vous aspire, vous rejette et vous voilà bourgeons et fleurs.
    Je croîs et ma peine grandit.
    O mon pays Tes enfants ne mangent plus !
    Sécheresse, cataclysme, guerre, séparation.
    La sève s’est tarie et mes frères,
    Rabougris, affamés, se dessèchent.

    Voilà tant d’années que les loups règnent en maîtres,
    Laissant hommes et bêtes exsangues, la peau tannées.
    Nuit après nuit, plongés dans la même insomnie,
    Montagne et fleuve partagent notre veille.

    Je n’ai guère de rêve ; je ne me vois pas en arbre millénaire,
    M’enracinant dans l’éternité.
    Sur cette terre désolée, un seul désir me hante,
    Donner ma part de fleurs, donner ma part de fruits.

    Sur mon corps, criblés de flèches et mordu par la haine,
    Le temps s’est fixé, gigantesque abcès.
    Enchaînée dans cette forêt sacrée,
    Ma floraison secrète n’est encore que livides bourgeons.

    Tout autour rien que la mousse en nappe grise,
    Feuilles mortes, tristesse d’automne, ombres et moisissures.
    En silence, penché sur mon image que reflète stagnante
    J’écoute, éveillé, le vent siffler des cimes,
    J’ai foi en ce Ciel
    Qui ne trahira pas ma terre nourricière,
    Dans la nuit, sur l’immensité de ces régions torrides,
    Le feu qui couve en moi et mille éclats explosera.

    Traduction de Jean Maïs

    De la Pensée à l’Action
    Nguyễn Chí Thiện

    Pour joindre la Pensée à l’Action
    Jette un pont formé par les Mots.
    Mais par-dessus l’immense fleuve de la Dictature
    Ne pense à construire ni route ni pont.
    Jour après jour vivent les Mots…
    Secrètement, ils poussent la Pensée vers l’autre rive
    A travers le réseau de chaînes et de fers
    Qu’en vain le Parti installe à la place de routes et ponts
    Car une fois éclose, ta Pensée vit, indestructible
    Et viendra le jour où Elle éclatera en prodiges.

    Traduction de Jean Maïs et de B.X. Quang

    Je garde silence
    Nguyễn Chí Thiện

    Je garde silence
    Quand par le fer, quand par l’acier ils me torturent,
    Jusqu’à la souffrance extrême.
    Faites de moi un héros si vous le voulez, pour le raconter aux enfants.
    Je garde silence, simplement je me dis :
    Qui se mettrait à supplier, à demander grâce
    Aux bêtes sauvages rencontrées en pleine jungle ?

    Traduction de B.X. Quang

    Du singe à l’homme
    Nguyễn Chí Thiện

    Du singe à l’homme il a bien fallu quelques millions d’années,
    De l’homme au songe, combien en faut-il, d’années ?
    Citoyens du monde, venez voir !
    Au fin fond de la jungle, des camps de concentration,
    Des prisonniers nus et en groupes ils se lavent ;
    Dans des cases sombres et puantes, ils se couchent
    Avec des punaises, avec des moustiques ;
    Pour un rien ils se battent – pour un bout de manioc –
    Supportant fers, supportant chaînes, et des coups de toutes sortes.
    Mutilés, déchiquetés, tués même, qu’importe !
    Leurs cadavres sont toujours bons pour nourrir les rats !
    Loin d’être agiles comme leurs ancêtres de la Préhistoire,
    Ces singes bougent lentement,
    On dirait même des clous, tant ils son décharnés.
    Cependant ils travaillent. Sans arrêt, ils « produisent ».
    Citoyens du monde, venez voir !

    Traduction B.X. Quang

    Mes poèmes
    Nguyễn Chí Thiện

    De la poésie, mes poèmes ?
    Oh non ! Sanglot de ma vie,
    Grincement de la porte au fond de ma prison,
    Râle de mes poumons pourris,
    Bruissement de la terre où meurt mon rêve, enseveli.
    Coups de pioches, souvenirs exhumés,
    Claquement de dents de la misère,
    Estomac broyant le vide,
    Solitude qui bat dans un cœur sans joie,
    Cri d’impuissance sur un monde qui s’effondre,
    Oh non ! Unique cri de ma vie bâtarde,
    La mort, elle aussi, est bâtarde et non point poésie.

    Traduction Jean Maïs

    Autrefois, Li Bai
    Nguyễn Chí Thiện

    Autrefois, Li Bai leva les yeux. La lune luit.
    Il baissa alors la tête, la terre natale, par son souvenir, le déchira.
    Aujourd’hui, je lève les yeux : poussière et toiles d’araignée.
    Puis je baisse la tête et j’écrase quelques punaises,
    Et je récupère quelques grains de riz égarés.
    Li Bai laissait reposer ses pieds sur le ventre du roi Tang,
    Il était ivre.
    Mes pieds reposent dans ces fers rouillés,
    Mon corps se vide, j’ai faim.
    Li Bai vivait au temps de la monarchie aveugle,
    Féodalité, cruauté barbare, sans liberté aucune.
    Je vis le temps de l’Abondance communiste,
    Bonheur et Liberté à profusion,
    Le paradis sur terre.
    Quelle infortune pour Li Bai, mais quelle chance pour moi !

    Traduction B.X. Quang

    Porte de ma vie
    Nguyễn Chí Thiện

    Porte de ma vie, que de chemins obstrués,
    Avec cette prison
    Elle est plus condamnée encore.
    Comment oublier ces horizons qui n’ont pas su tenir leurs promesses,
    Pour que mon cœur trouve sa paix
    Et ma toux, enfin, son silence.
    Dans le noir,
    Couleur de l’attente et du rêve abandonnés,
    Je suis assis, sans thé, sans tabac
    Et je te reçois, ma Muse, avec des mots grossiers.

    Traduction B.X. Quang

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