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Un tableau socioculturel du Việt Nam du XVIIe siècle

Discussions générales sur le Vietnam Le Vietnam, son passé, son histoire Un tableau socioculturel du Việt Nam du XVIIe siècle

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    • #9906

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      Chers ami(e)s,

      Le XVIIe siècle fut une période des plus troublées de l’histoire du Việt Nam.
      En effet, bien que le pays fût toujours sous le « mandat céleste » des vua (rois) Lê, le Đại Việt (nom de l’époque) était en réalité divisé en trois principautés rivales qui se livraient des guerres sans merci : le Đàng Ngoài (ou « royaume du Tonkin ») pour les chúa Trịnh, le Đàng Trong (ou « royaume de Cochinchine ») pour les chúa Nguyễn, et le Cao Bằng pour les Mạc.
      C’était aussi à partir de 1615 que les missionnaires jésuites européens arrivaient pour évangéliser le pays.
      Cependant, la lecture des annales, qui rapportent surtout des événements se rattachant aux affaires des souverains et de leurs serviteurs (et de leurs ennemis), ne permet pas de dresser un tableau socioculturel clair du pays. Heureusement, les écrits que nous ont légués les missionnaires complètent les renseignements fournis par les annales, particulièrement en ce qui concerne la vie et le langage du peuple.
      J’ai eu la chance d’avoir pu étudier cette période à l’École Pratique des Hautes Études (La Sorbonne, Paris), tant à travers des textes vietnamiens anciens qu’à la lumière de ceux des missionnaires.
      Les résultats de mes recherches, menées entre 2000 et 2004 sous la direction du Pr. Nguyễn Thế Anh*, viennent d’être (enfin) publiés :

      Nguyễn Tấn Hưng

      Le Vietnam du XVIIe siècle

      Un tableau socioculturel

      ISBN : 978-2-84654-101-5

      248 p.

      Aux éditions Les Indes Savantes, Paris

      Mail : contact@les indessavantes.com


      L’ouvrage est honoré d’une préface du Pr. Nguyễn Thế Anh, auquel je renouvelle ma plus profonde reconnaissance.

      Bien cordialement.
      Dông Phong


      * Pour connaître le Pr. Nguyễn Thế Anh, on peut cliquer sur Auteur:Nguyên Thê Anh – Puf .


      PS : J’espère que cette publication sera suivie de celle de ma traduction en français du Dictionarium annamiticum, lusitanum, et latinum d’Alexandre de Rhodes, qui constitue l’étude préliminaire de ces travaux de recherche.



      Préface

      Nguyễn Thế Anh
      École Pratique des Hautes Études
      Sciences Historiques et Philologiques

      L’action missionnaire occidentale au Viêt-Nam commença véritablement vers 1615, avec l’arrivée des Jésuites de leur base de Macao. A ce moment, le pays, partagé entre “royaume du Tunquin” au nord et “royaume de Cochinchine” au sud, ne se présentait pas politiquement comme un État unifié. A cause de la situation politique et militaire difficile et des rapports délicats avec les autorités, les missionnaires furent exposés à des expulsions en de nombreuses occasions. Malgré tout, ils s’investirent activement dans les deux parties du pays, cherchant parallèlement à leur travail apostolique (évangélisation, fondation de communautés chrétiennes…) à connaître les gens et leurs pays, et à transmettre leurs découvertes pour faire connaître les contrées et les cultures avec lesquelles ils étaient entrés en contact. Ainsi, très tôt, des prêtres tels que Gaspar Luis, Giuliano Baldinotti, Christoforo Borri, avaient laissé des descriptions des deux pays vietnamiens. Surtout, la mission de ces prédicateurs donna lieu, comme en Chine et au Japon, à un certain nombre de réalisations linguistiques importantes. En effet, les missionnaires attachaient une grande importance à l’apprentissage de la langue populaire, car leurs sermons s’adressaient au peuple et dans leurs relations quotidiennes ils employaient nécessairement la langue du peuple pour pouvoir communiquer les idées et les textes. Il leur était donc indispensable de disposer d’un instrument qui pût leur permettre d’apprendre le vietnamien rapidement. Or, lorsqu’ils inaugurèrent la mission vietnamienne, les Jésuites avaient déjà une expérience de plus de vingt ans de recherche et de créations linguistiques du côté de la langue japonaise. C’est donc en quelque sorte sur le type du rômaji qu’allait être créée l’écriture romanisée du vietnamien, pour représenter les phonèmes de la langue parlée à l’aide d’un système alphabétique dérivé de l’alphabet latin.
      Destinée avant tout à l’instruction et à l’usage des missionnaires, l’écriture romanisée, qui privilégiait l’aspect proprement phonétique, c’est-à-dire descriptif, pour faciliter la prononciation la plus correcte possible, leur fournissait une interface des plus commodes avec la langue orale. Elle leur offrait en outre un moyen d’échange intellectuel et de communication écrite avec les dirigeants vietnamiens de la communauté chrétienne. On exigeait d’ailleurs de ceux-ci l’apprentissage de la nouvelle écriture, grâce à laquelle une formation rigoureuse pouvait être inculquée aux catéchistes vietnamiens, dont la compréhension de la doctrine chrétienne et la dévotion religieuse devaient contribuer à développer les conversions en dépit du nombre très limité des prêtres européens. Les premières traductions en vietnamien de textes religieux chrétiens ne tardèrent pas à paraître, l’effort portant avant tout sur la création d’un vocabulaire chrétien et sur la rédaction des premiers éléments de la littérature chrétienne. En même temps, l’analyse grammaticale et phonétique de la langue vietnamienne fut poursuivie de façon systématique, permettant de mettre peu à peu au point l’écriture alphabétique appelée plus tard quốc ngữ. C’était là une œuvre collective où il est difficile de discerner la part revenant à chacun, mais à laquelle la postérité allait attacher le nom d’Alexandre de Rhodes.
      Né en Avignon dans les Etats du Pape en 1593, Alexandre de Rhodes avait rejoint la Compagnie de Jésus à Rome en 1612. Arrivé à Macao en 1623, il fut envoyé à la mission de Cochinchine en 1624. Il en fut rappelé deux ans plus tard en vue de fonder, avec le missionnaire portugais Marques comme supérieur, la mission du Tonkin, où il séjourna de 1627 à son expulsion en 1630. Après 10 ans passés à Macao (1630-1640), il fut renvoyé en Cochinchine comme responsable de cette mission ; il y fit trois séjours entre 1640 et son expulsion définitive en 1645. De ses différents passages au Sud et au Nord Viêt-Nam, il rapporta une œuvre considérable ; sa connaissance parfaite de la langue, des mœurs, des ressources, de l’histoire du pays en fit un excellent reporter avant la lettre. Lorsqu’en 1645 il fut rappelé à Rome, il emmena dans ses bagages divers ouvrages historiques sur la mission du Viêt-Nam, un Dictionarium Annamiticum Lusitanum et Latinum et un catéchisme en latin et vietnamien divisé en huit jours, dont la publication eut un retentissement considérable.
      Le dictionnaire d’Alexandre de Rhodes représente une importance capitale dans la notation de la langue vietnamienne et le système qu’il offre n’a pas subi de grandes transformations jusqu’à nos jours. Alexandre de Rhodes n’avait certes pas inventé ce système de transcription qui était un produit des alphabets latin, grec, italien, espagnol et portugais, mais il l’avait codifié et répandu. Publié en 1651, ce premier dictionnaire imprimé en écriture romaine contient environ 8.000 entrées vietnamiennes avec leurs traductions en portugais et en latin, et comprend également en supplément un exposé (Brevis Declaratio) sur la transcription de la langue vietnamienne, en d’autres termes une notice sur la phonétique et les notions de grammaire.
      Parce qu’il enregistre entre autres certains groupes consonantiques reflétant la prononciation du temps de l’apostolat de son auteur, le Dictionarium constitue un document des plus précieux pour la linguistique historique. Ainsi, dans la version du quốc ngữ qu’il représente, les consonnes nasales finales dorso-prépalatale, dorso-vélaire et labio-vélaire, par exemple, font l’objet de trois notations graphiques différentes, qui reproduisent bien la prononciation standard de la région de Hà Nội, tel qu’un auditeur portugais attentif pouvait l’analyser dans le système de notation auquel il était habitué. Cela, malgré ce qu’a pu laisser entendre le P. Giovanni Filippo de Marini, dont la relation (Delle Missioni de’ Padri della Compagnia di Giesu nella provincia del Giappone, e particolarmente di quella di Tumkino… Rome, 1663), presque contemporaine des œuvres d’Alexandre de Rhodes, les complète pour l’histoire de l’action des Jésuites au Nord Viêt-Nam, et qui exprime quelque dédain pour son devancier de pratiquer plutôt le parler de Cochinchine, “grossier” par rapport à la langue standard de la capitale royale, car c’est aussi ce parler sudiste que l’orthographe du Dictionarium semble représenter dans certains cas. De toute manière, le Dictionarium reste irremplaçable pour connaître l’état de la langue vietnamienne au XVIIe siècle et son évolution.
      Ce n’est toutefois pas pour le seul dossier linguistique que Nguyễn Tấn Hưng s’est attaché à l’analyse approfondie du Dictionarium d’Alexandre de Rhodes, même s’il a dressé avec infiniment de patience la longue liste des mots ayant changé de prononciation et de sens au cours des siècles successifs, non pas en linguiste chevronné, mais en amoureux attentif de la langue qu’il pratique depuis l’enfance. Il a surtout voulu comprendre la perception des “pays” vietnamiens qui avait permis aux étrangers tels que les missionnaires occidentaux de rédiger leurs ouvrages sur le Viêt-Nam. D’où ce tableau socioculturel du Viêt-Nam du XVIIe siècle, composé à travers les écrits d’Alexandre de Rhodes et d’autres missionnaires, complétés cependant avec des textes anciens vietnamiens. Ce faisant, Nguyễn Tấn Hưng participe en quelque sorte, et sans vouloir peut-être se l’avouer, à cet ensemble d’initiatives interculturelles ayant présidé à la création du quốc ngữ.

    • #144999
      thuong19
      Participant

        @Dông Phong 141247 wrote:


        vietnamxviiesicle.jpg

        Ce faisant, Nguyễn Tấn Hưng participe en quelque sorte, et sans vouloir peut-être se l’avouer, à cet ensemble d’initiatives interculturelles ayant présidé à la création du quốc ngữ.

        bonjour Anh Dông PHông,
        d’abord félicitations à l’auteur NT Hung qui continue à nous éclairer sur le passé historique du pays. le topic que j’ai ouvert et posté en même temps que le tiens semble faire double usage. mais l’info concernant le contexte dans lequel se déroulent les aventures du mandarin Tân, personnage principal des romans des soeurs Tran Nhut illustrera à merveille le livre de Nguyễn Tấn Hưng.
        QUant à ta référence au quốc ngữ, espérons que certain(s) membre(s) ne v(a)ont pas re-polémiquer sur ce thème. un topic y est déjà consacré:wink2:

      • #145017

        @thuong19 141249 wrote:

        bonjour Anh Dông PHông,
        d’abord félicitations à l’auteur NT Hung qui continue à nous éclairer sur le passé historique du pays. le topic que j’ai ouvert et posté en même temps que le tiens semble faire double usage. mais l’info concernant le contexte dans lequel se déroulent les aventures du mandarin Tân, personnage principal des romans des soeurs Tran Nhut illustrera à merveille le livre de Nguyễn Tấn Hưng.
        QUant à ta référence au quốc ngữ, espérons que certain(s) membre(s) ne v(a)ont pas re-polémiquer sur ce thème. un topic y est déjà consacré:wink2:

        Re-bonjour Thuong,
        Miracle !
        Merci Thuong d’avoir vaincu Mr. BUG qui nous crée des misères ces derniers temps. Comment as-tu fait ?
        Merci aussi pour ton MP et tes félicitations.
        Mais ne crains rien car, en tant qu’historien, je ne m’intéresse qu’aux FAITS avérés et vérifiables par tout le monde. Donc je ne répondrai à aucune élucubration idéologique ni à aucune insulte.
        Bien cordialement.
        Dông Phong

      • #145046

        @DédéHeo 141277 wrote:

        Donc on remplis le papier suivant et on l’envoi a l’adresse en bas avec un chèque de + 4€

        Le Viêtnam au XVIIe siècle

        Nguyen Tan Hung

        ISBN : 978-2-84654-101-5
        Prix : 26 € TTC + 4€ = 30 ?????

        et je mets mon adresse sur ce papier :
        http://lesindessavantes.com/bdc_lesindessavantes/Bdc_2009.pdf
        Cest ça ?

        J’ai vu dans l’autre fil la réponse de DP
        Mais ca doit etre ça :
        On clique sur ce lien pour afficher le PDF du Bon de commande :
        http://lesindessavantes.com/bdc_lesindessavantes/Bdc_2009.pdf
        On imprime au boulo car c’est moins cher…
        C’est un papier avec le texte suivant :

        Bon de commande

        Les ouvrages du catalogue sont en vente chez votre libraire.
        À défaut vous pouvez adresser votre commande, à l’aide de ce bon de commande,
        accompagné de votre règlement, à l’ordre de : Les Indes savantes.


        Titre de l’ouvrage __________________Prix unitaire ___Quantité__ Prix Total
        ________________________________________________________________
        ________________________________________________________________
        ________________________________________________________________
        ____________________________________________Total hors frais de port
        _______________________________________Participation aux frais d’envoi
        _____________________________________4 EURO pour le premier ouvrage
        ______________________________________+ 2 EURO par ouvrage suivant
        ________________________________________________Total général

        Nom : ………… . . . . . Prénom :……….
        Adresse : ……………
        Code postal :…. . . . . . Ville :……….
        Date : …………. . . . . Signature : ………

        22, rue de l’Arcade, 75008 Paris – Tél. : +(33) 1 40 41 01 53 – Fax : +(33) 1 40 41 01 56
        e-mail : [email protected]

      • #145056

        @DédéHeo 141310 wrote:

        J’ai vu dans l’autre fil la réponse de DP
        Mais ca doit etre ça :
        On clique sur ce lien pour afficher le PDF du Bon de commande :
        http://lesindessavantes.com/bdc_lesindessavantes/Bdc_2009.pdf
        On imprime au boulo car c’est moins cher…
        C’est un papier avec le texte suivant :

        Bonjour DédéHeo,
        Il est revenu ton post, après avoir affronté Mr. BUG !

        En tous les cas, je te remercie de l’intérêt que tu portes à ma publication.
        Bien amicalement.
        Dông Phong

      • #145058

        @thuong19 141249 wrote:

        bonjour Anh Dông PHông,
        d’abord félicitations à l’auteur NT Hung
        QUant à ta référence au quốc ngữ, espérons que certain(s) membre(s) ne v(a)ont pas re-polémiquer sur ce thème. un topic y est déjà consacré:wink2:

        Le quoc ngu semble un sujet brulant ; si on a des idées incorrectes , on se fait incendier avec virulence : talibans , Khmer rouge , Hitler , attardés ; après, il ne faut pas répondre sinon on se fait réprimander .

      • #145059
        thuong19
        Participant

          salut Han Viet
          le quoc ngu n’est pas un sujet brulant si on reste ouvert à la critique argumentée et constructive. la connaissance n’est jamais un sujet fermé. la connaissance n’est pas acquise définitivement à chaque instant la connaissance s’enrichit jusqu’à ce qu’on rejoigne nos ancêtres.On est sur le Forum pour partager non pour se prendre la tête. il y assez de soucis dans d’autres domaines de la vie pour ne pas s’en rajouter.
          thuong19

        • #145067

          @DédéHeo 141310 wrote:

          J’ai vu dans l’autre fil la réponse de DP
          Mais ca doit etre ça :
          On clique sur ce lien pour afficher le PDF du Bon de commande :
          http://lesindessavantes.com/bdc_lesindessavantes/Bdc_2009.pdf
          On imprime au boulo car c’est moins cher…
          C’est un papier avec le texte suivant :


          Bon de commande

          Les ouvrages du catalogue sont en vente chez votre libraire.
          À défaut vous pouvez adresser votre commande, à l’aide de ce bon de commande,
          accompagné de votre règlement, à l’ordre de : Les Indes savantes.

          22, rue de l’Arcade, 75008 Paris – Tél. : +(33) 1 40 41 01 53 – Fax : +(33) 1 40 41 01 56
          e-mail : [email protected]


          Bonsoir DédéHeo et TLM,
          Désolé, je viens de m’apercevoir que sur le Bon de Commande qu’a recopié DédéHeo, l’adresse postale des Editions Les Indes Savantes n’est plus la bonne.
          Maintenant elles se trouvent au 94, Boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris.
          Je ne sais pas non plus si les N° de téléphone et de Fax sont encore bons.
          Par contre, le contact par e-mail est bon.
          Bonne nuit,
          Bien cordialement.
          Dông Phong

        • #145072

          Hou la la ! c’est le bon de commande qui est en photocopie PDF sur leur site !
          C’est pour tout leurs bouquins, j’espère qu’ils font suivre leur courrier !
          Heureusement que je ne l’ai pas envoyé !

          PS je vérifie sur le site ; c’est bien la nouvelle adresse :
          *******************************************
          Éditions Les Indes savantes

          94, boulevard Auguste Blanqui

          75013 Paris – France

          Tél. : 00 33 (0)1 40 41 01 53

          [email protected]

          Contacts : Frédéric Mantienne, [email protected]

          Tout les ouvrages sont disponibles chez votre libraire ou peuvent être commandés.
          À défaut vous pouvez utiliser le bon de commande de notre site : Bon de commande (LA, C’EST le lien ver la PHOTOCOPIE PDF avec l’ancienne adresse)

          ou à Paris:

          Circulaire Cujas
          11, rue Cujas
          75005 Paris
          ******************************************************
          peut etre si je vais a cette librairie Cujas, je l’aurais avant Noel ?
          Car généralement quand on achète par correspondance, le vendeur encaisse le chèque avant d’expédier car il ne peut pas vérifier la carte d’identité

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