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Esprits brillants et cœurs d’or

Le Vietnam en France Etre Viêt Kiêu Esprits brillants et cœurs d’or

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      Esprits brillants et cœurs d’or28/07/2008
      [IMG]http://lecourrier.vnagency.com.vn/news/Image/2008/07/Vietnam/Societe/Vie/4461.e01as.JPG[/IMG]

      Un couple de Vietnamiens résidant en France, Trân Thanh Vân et Lê Kim Ngoc, scientifiques au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), se sont vu décerner un satisfecit par le Comité national chargé des Vietnamiens de l’étranger. Cette distinction, c’est surtout à leur engagement dans l’assistance aux enfants malheureux qu’ils la doivent…

      Physicien renommé, Trân Thanh Vân est directeur de recherche au CNRS. Ce grand scientifique est l’auteur de plus de 200 articles et de 150 études sur les particules élémentaires, publiés dans des revues scientifiques d’Europe et des États-Unis. Pour les scientifiques vietnamiens, ce n’est pas un inconnu. Il organise des dizaines de colloques au Vietnam et dans le monde, en cherchant par tous les moyens à trouver des fonds afin d’offrir des bourses à de jeunes chercheurs de son pays natal.

      Né en 1936 dans la province de Quang Binh (Centre), il perd très tôt ses parents et connaît une enfance difficile. À 17 ans, il quitte le pays pour aller poursuivre ses études en France : « Mon grand frère n’avait pas prévenu du temps qu’il faisait. Je ne portais qu’une chemisette et j’ai attrapé une grosse grippe. C’est mon premier souvenir en France ».

      En juin 1953, il passe son bac. Dans son livret scolaire, son professeur de mathématiques et de physique écrit : « On ne peut pas l’empêcher de travailler ». Durant ses études universitaires, il étudie la physique théorique. Puis, il passe sa thèse de doctorat à l’âge de 27 ans sur la structure du neutron.

      Un homme qui aime partager ses expériences

      En 1966, Trân Thanh Vân organise la Rencontre de Moriond, sa première conférence internationale sur la physique nucléaire. Le succès l’amène à organiser d’autres événements du même type afin de procéder à des échanges sur les particules élémentaires, dont les Rencontres de Blois et du Vietnam qui jouissent d’un prestige grandissant.

      La Rencontre du Vietnam se déroule pour la première fois en 1993 à Hô Chi Minh-Ville, réunissant environ 70 scientifiques. On dénombre 6 éditions jusqu’à l’heure actuelle. Les participants sont des physiciens de renommée mondiale, dont des prix Nobel. En 2004, Trân Thanh Vân se voit décerner l’Ordre national du Mérite, avant d’obtenir le titre honoris causa d’A.G Messyats, président par intérim de l’Académie des sciences de Russie.

      Sa femme, une biologiste, travaille aussi au CNRS

      « Nous avons le même regard sur la science ainsi que sur les questions sociales. Sans elle, je n’aurais pu réaliser tous mes projets », relève Trân Thanh Vân en évoquant sa femme, son alter-ego, la biologiste Lê Kim Ngoc, qui travaille aussi au CNRS.

      Comment faire fleurir des orchidées en moins d’un an au lieu de 5 ou développer des bourgeons sénescents ? Cette prouesse, Lê Kim Ngoc l’a réalisé ! Lê Kim Ngoc arpente les couloirs de son laboratoire du CNRS d’un air décidé, un flacon rempli d’une mixture verdâtre entre les mains. Maître de recherche au Phytotron de Gif-sur-Yvette, en banlieue parisienne, cette scientifique vietnamienne de 74 ans révolutionne la biologie végétale.

      Née en 1934 dans la province de Vinh Long (delta du Mékong), Lê Kim Ngoc fait ses études d’abord au collège de Gia Long à Saigon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville), puis au lycée français Marie Curie. Là, elle se distingue en accumulant des prix d’excellence dans plusieurs matières. À tel point que la directrice du lycée se charge des démarches administratives et financières pour permettre à Kim Ngoc de partir à Paris pour des études universitaires. Licenciée en sciences naturelles et major de sa promotion en 1955, elle se spécialise plus tard en biologie végétale pour sa thèse de doctorat soutenue à l’âge 31 ans à la Sorbonne-Paris. Dans les années 70, les résultats de ses recherches reçoivent les honneurs de plusieurs journaux français renommés. De nombreux scientifiques du monde entier fréquentent son laboratoire, parmi lesquels bien entendu des chercheurs et professeurs vietnamiens. Le Docteur Duong Tân Nhut, responsable du Département des biotechnologies de l’Institut de biologie de Dà Lat, province de Lâm Dông (hauts plateaux du Centre), qui considère Lê Kim Ngoc comme sa mère, confie : « Les succès dans mon travail de recherche, je les dois beaucoup à son aide ».

      Au chevet des enfants malheureux

      « L’argent et la gloire sont éphémères… En un instant, ils peuvent s’évanouir. Mais l’amour envers son prochain est inébranlable et peut bousculer des montagnes ! », confie Lê Kim Ngoc. Elle s’engage dans un combat, celui pour l’enfance malheureuse via l’association Aide à l’enfance du Vietnam (AEVN), fondée en 1970, dont elle est présidente. Étant membre de la Fédération internationale des villages d’enfants SOS et bénéficiant de l’appui logistique de l’Association des villages d’enfants SOS de France, l’AEVN vise à redonner confort matériel et amour aux orphelins et à aider les enfants issus des familles pauvres à recevoir une éducation de qualité.

      Au cours des 3 premières années de fonctionnement de l’AEVN, elle-même et son mari ont sacrifié leurs soirées de Noël pour vendre, à l’entrée de la cathédrale Notre-Dame, des cartes de vœux dans l’objectif d’accumuler des fonds pour financer leurs activités humanitaires. Grâce aux assistances financières de l’AEVN, les villages d’enfants SOS de Dà Lat, de Quang Binh et le Centre d’accueil et de formation professionnelle Thuy Xuân ont été construits.

      Trân Thanh Vân et sa femme ont consacré toute leur vie à la science. Attachés à leur pays natal, ils s’attellent à offrir une chance aux scientifiques vietnamiens, à leur rechercher des bourses. Personnes de cœur, ils veulent donner un avenir aux enfants déshérités. Travail, partage et compréhension, c’est leur devise pour la vie.

      Thanh Tuê/CVN
      (27/07/2008)

      Source : Courrier du Vietnam

    • #71924

      Merci Bao Nhan, pour cet article, intéressant et édifiant.

      Heureusement qu’il y a, parfois, des êtres admirables qui nous font croire que l’homme n’est pas toujours un loup pour l’homme… Ils sont tellement peu à nous donner de l’espoir sur l’avenir de l’humanité !

    • #71927

      Merci Bao Nhan pour cet article :bye:
      C’est très intéressant.
      NVTL:jap:

    • #71941

      Le témoignage des justes parmi les justes.

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