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Bien observé. C’était effectivement un océanographe.
ce que tu proposes est seduisant mais par quel mecanisme penses tu cela envisgeable en dehors de l’hypothese de la reconstruction suite a un chao.
Je ne pense pas que l’idéologie moderne prône la patrie, avec toute cette affaire de mondialisation (ou, dirait Mai, d’occidentalisation mondiale).
Quoi qu’il en soit l’idée est justement d’abandonner petit à petit les mécanismes de consommation: on revient tranquillement acheter du poisson séché chez le voisin plutôt que de courir à Métro sur la RGV chercher le cabillaud d’Écosse.
On garde la moto, et on met de l’essence dedans quand il y a besoin, mais on privilégie l’ombre et le vent frais à faire le tour du petit lac pour se désaltérer d’une journée trop ensoleillée.
On prend le temps de travailler avec le mécano du coin pour faire une fenêtre qui ferme bien quand il pleut plutôt que d’acheter une fenêtre Européenne en plastique.
On répare son vélo et on reprise ses chaussettes.
Dit comme ca, ca ressemble à un recul, non? Mais avoir arrêté un beau jour de repriser les chaussettes, et avoir commencé à les mettre à la poubelle quand elles avaient des trous, c’est (selon Toynbee si je me rappelle bien) le tournant du consommateur qui ne vit plus que dans un flux de ressources et de biens, financé par un flux en sens inverse d’argent, et ce n’est tentant que dans un monde òu l’argent n’est plus corrélé au travail effectif. Le monde du marché, celui qu’on vend aujourd’hui à tous ceux qui se savent définitivement exclus de l’enrichissement qu’on leur brandit à tours de bras par le petit écran.
Pourquoi conserver? Conservation is good work, dit Wendell Berry (prof de littérature à l’uni du Kenucky, romancier, essayiste et fermier vivant de sa terre).
La vie tribale, qui chérit et conserve ses biens utiles comme les Anglais savent le faire (la salle à manger d’une vieille famille anglaise n’a pas deux chaises identiques, mais chacune a une histoire –la cuisine assortie est signe de nouveau riche), qui consiste essentiellement à trouver dans une famille étendue voire très étendue le confort et la reconnaissance nécessaires au quatrième étage de Maslow, en participant avec elle d’un mode commun de vie et de subvention à ses besoins, la vie tribale peut tout-à-fait se vivre en parallèle avec la vie sociale et même l’emploi.
L’important est de l’ordre de l’état d’esprit. Travaille-t’on pour gagner les ressources qui nous permettent de vivre bien notre vie de famille large? Ou travaille-t’on pour le dernier téléphone, la moto, les Seychelles?
Je regrette que Sơn Lâm ne soit pas ici sur ce coup: il aurait un mot utile à dire.
La tribu n’est en fait ni une mouture ni surtout un retour: c’est un changement de point de vue et d’optique sur ce qui compte. C’est pour ca que je parlais de vivre avec la bête (cette société moribonde) tant qu’elle et là. L’un n’empêche pas l’autre. C’est sur que quand le point de vue a changé, les vanités de la société de consommation se vivent plus en sectateur éclairé.
Le gars qui a beaucoup développé sur ces sujets s’appelle Daniel Quinn. Ses livres Ishmael et The story of B, qui plairaient à coup sur à Mai, posent des éléments de changement en majorité très pertinents.