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13 juillet 2008 à 7h21 en réponse à : Vietnam/dissidence : décès du patriarche bouddhiste Thich Huyen Quang #70831huynhthibich;59656 wrote:et pourquoi ilne fonctionne pas le site Viettan .org ??????????????????:bye:
Ben si .. si vous tapez le bon lien !! (mais vous aurez le même texte)
Vietnam/dissidence*: décès du patriarche bouddhiste Thich Huyen Quang – viettan.org
13 juillet 2008 à 6h47 en réponse à : Vietnam/dissidence : décès du patriarche bouddhiste Thich Huyen Quang #70829BEBE;59643 wrote:robin des bois, je suis assez surpris de voir que le sujet t’a échappé, toi qui nous postes les meilleurs articles du monde en ligne; a moins que le sujet suivant soit tabou sur notre forum ou alors tu es en vacances (peut être au :Vietnam:)Non je l’ai bien lu et pensé à F-V … mais j’ai quelquefois un petit peur de lasser cette auguste assemblée, en citant trop souvent le quotidien » Le monde » (dont je me méfie un peu désormais !!) .. sur des sujets qui peuvent « fâcher »!!
Je suis donc très heureux de voir que j’ai des « fils spirituels » en capacité dei prendre la relève .
( et puis tout bêtement, je n’arrive pas à lire tous les topics. Il y en a vraiment pour tous les goûts !)
sebiseb;59576 wrote:Certains rapports établissent que dans les pays occidentaux la corruption est bien plus importante, mais c’est mécanisme sont bien plus opaque et s’adresse qu’à un certain niveau du pouvoir politique, financier et même syndicale (voir l’affaire de l’uimm).[/quote]J e pense qu’il y a du vrai… mais je préférerais – avec votre permission tacite- que vous modifiez la fin de votre post , par exemple comme suit:
» En France ,dans l’affaire de l’UIMM, les bénéficiaires probables des détournements seraient tres probablement et par ordre croissant:
– certaines organisations syndicales, notamment celles faisant office de « syndicats maison »
– les « partis politiques » en position de participer à un gouvernement
– sans oublier bien sûr , les candidats aux Elections présidentielles. »Ce n’est qu’une simple suggestion mais cette version me plairait beaucoup mieux .. et je pense en toute modestie que je ne dois pas être très loin de la vérité !!!
Panda_mignon;59616 wrote:Ci-joint le classement international du degre de perception de corruption, etabli par l’ONG Transparency International en septembre 2007L’indice, calcule a partir de sondages réalisés aupres d’hommes d’affaires et d’experts (chercheurs, policiers, juges, diplomates en poste…), va de zero pour un pays totalement gangrene par la corruption a 10 pour un pays perçu comme propre avec des fonctionnaires integres.
:jap:
Rebelote sur la Corruption
– primo : quelle est , selon vous, la définition claire et précise, en peu de mots, de ce magnifique « gadget »: » le degré de perception de corruption », sans que vous ne vous précipitiez pas sur la définition officielle donnée ci-dessus.
selon moi, c’est du « subjectif » à 105 pour 100– deuxio : c’est quoi Transparency international ??
( avec ou sans des emplois-sinécure pour rentiers milliardaires et bien-pensants ?)-tertio: le coup des fonctionnaires Intégres, on ne me le fait pas : désolé
Les Fonctionnaéires peuvent être « corrompus », en effet , à partir du moment où ils détiennent une parcelle du pouvoir de l’Etat.. Mais, encore une fois , la vraie corruption mêle étroitement « Pouvoir Politique et Argent« .. et c’est moins les Fonctionnaires qui ont accès aux 2, que les gouvernements en place.
ps : au fait combien de « diplomates en poste », consultés par Transparency International,ont le courage de signaler et désdigner nommément les gouvernements qui détournent .l’APD ?
Je veux des noms d’hommes politiques au pouvoir svp
12 juillet 2008 à 8h59 en réponse à : [Marché du livre au Vietnam] les éditeurs locaux sous pression #70742sebiseb;59569 wrote:Boooouuuuh.. Personne donc ne peut me conseiller une librairie sur Paris, ou en ligne pour acheter des bouquins d’ingéniérie (sciences et techniques) en viêtnamien – En plus, ça me permettrait d’apporter ma contribution à la redynamisation du marché viêtnamien :jap:Dans mes « souvenirs livresques », je me rappelle au moins de cet organisme :
dont Vietnam..
mais il n’est pas sûr que celà corresponde aux filières scientifiques et techniques que vous recherchez
12 juillet 2008 à 7h38 en réponse à : [Marché du livre au Vietnam] les éditeurs locaux sous pression #70734claudio;59560 wrote:Et oui Sir robin, la qualite se paie..
Au vietnam j ai achete des livres pas chers et il apparait qu ils proviennet toujours des imprimeries Photocopie-saigon…
a+
Oui.. par exemple .. j’ai trouvé des bouquins très,très intéressants à la librairie du Musée Ethnographique d’Hanoï..
Prix assez chers et surtout difficiles à lire (très mauvaise impression), puisqu’il s’agissait de livres intégralement photocopiés!!!
Dans la librairie d’un musée national !!!
cà doit être un sport national, dans toute l’Asie d’ailleurs !
trinhdung;59529 wrote:Chào các bạn,
Merci pour vos messages de sympathie,je ne pensais pas d’en recevoir autant.Excusez moi si pris un peu de temps à vous répondre.J’étais à Praha voir ma nièce .Pour robin des bois,
Pendant la bataille de DBP qui a duré 56 jours,il n’y avait aucun photographe ,aucun journaliste,aucun caméraman, aucun écrivain alors comment peux-tu dire ce qu’a écrit Jules Roy soit objectif.Il n’existe pas de film sur la bataille de DBP,les films que l’on voit sont des reconstitutions tournées par les Russes une semaine~après la bataille avec les vrais soldats.J’ai lu des livres sur DBP écrits par des Vietnamiens et d’autres par des Français ,cela ne ressemble en rien à ce que j’ai vécu.Peut- etre qu’on ne s’est pas trouvé au meme endroit?
Voila mes amis je pense avoir répondu à toutes vos questions.Bien amicalement à vous. Trinhdung.« Objectif » – en ce sens que Jules ROY a rencontré – durant les 2 ans d’enquête préliminaires- différents responsables militaires Vietnamiens – pour écrire son bouquin sorti dès 1963 ; selon moi , il y donne une analyse très intéressante de » ce qui se passait du côté de l’adversaire vietnamien ».
Il reste effectivement un Français qui a écrit un bouquin concernant une guerre franco-vietnamienne . Je comprends donc fort bien vos réticences.
Voici la dédicace de son bouquin
[ A tous les morts de Dien Bien Phu
et à tous ceux qui, après avoir combattu, ont survécu à la douleur, à la captivité ou à la honte des vaincus comme à l’ivresse et au triomphe des vainqueurs, et croient encore à la justice, à la vertu du sacrifice et à l’amour, ce livre est dédié.
J.R ]CQFD : plus d’autre commentaire pour moi sur le sujet !
11 juillet 2008 à 19h23 en réponse à : [Marché du livre au Vietnam] les éditeurs locaux sous pression #70694mike;59503 wrote:Le livre devient trop cher au Vietnam
Source : Courrier du VietnamMoi qui aime la lecture:
– tous les livres -et les beaux livres- sont toujours chers en Asie
– la presse de qualité -sauf les » peoples bien saignants et sanguinolents » – est aussi très chèreEnfin , j’ai trouvé!!
abgech;59511 wrote:Ce M. Michael Pease, n’est-il pas étatsunien ? Alors qu’il s’occupe de ce qui se passe dans son propre pays avant de vouloir faire la leçon aux autres.
..Alors, M. Pease, occupez-vous de votre propre pays, il y a bien assez à faire.
Ce que je ne comprends pas bien, c’est:
Pourquoi le Monde Asiatique (politique, financier, économique. etc ) :-qui s’est frotté depuis plusieurs décennies au Monde Economique Occidental, notamment anglo-saxon
-qui fait ses preuves en matière de savoir-faire industriel et financierne prenne pas beaucoup plus rapidement une ceratine distance et même une certaine liberté avec ces mécanismes financiers et boursiers occidentaux qui visiblement sont à bout de souffle, obsolètes et désormais dangereux pour le monde économique.
Le poids économique de l’Asie devrait lui permettre de créer sa propre sphère d’influence et d’autonomie, la rendant beaucoup moins sensible et dépendante de mécanismes financiers anglo-saxons complètement pervertis..
Et l’UE ferait bien d’en faire autant.. au lieu de croire au Père Noël !! (mais pour çà faudrait déjà sortir la Grande Bretagne -ce « mouton noir »- de l’Union Européenne.. DE Gaulle avait raison…)
mike;59491 wrote:Le Vietnam perd son attrait pour les investisseurs….La hausse des coûts de la main-d’œuvre est également « une préoccupation importante pour les affaires américaines en exploitation au Vietnam » et les conflits sociaux sont directement liés aux problèmes macro-économiques.
….M. Pease reconnaît que les travailleurs « ont des préoccupations légitimes au sujet de l’érosion du pouvoir d’achat de leurs salaires, » mais affirme que le gouvernement devrait faire davantage pour prévenir ou résoudre les grèves en « aidant à une meilleure communication entre les travailleurs et la direction des usines [à capitaux étrangers]. »
Il dit également que la corruption est « l’un des plus grands défis pour le progrès du Vietnam » et exhorte le gouvernement à protéger, et non pas pénaliser, les informateurs et les journalistes qui enquêtent sur les affaires de corruption.
Source :Financial Times
Par Amy Kazmin, de Bangkok
Publié le 1er Juin 2008 22:03Doux Jésus !!
Il faut que je vienne sur F-V pour lire de telles horreurs
qui en plus font grimper ma tension !!
Heureusement qu’il y a c
e dessin pour expliquer mon message !!!trinhdung;59420 wrote:Juste quelques remarques complémentaires sur l’histoire et l’origine du nom de famille Nguyen:-1° :.Après quoi les Français ont éliminé les Nguyen pour s’emparer le pays pour en faire une colonie d’exploitation et non peuplement.
-2°.Ainsi mon est Trinh van Dung,le mot « van » placé entre le nom de famille Trinh et le nom personnel Dung est une matricule de noblesse comme le mot « de » en français.
-3° : .Les colons français l’ont très bien compris et cherchaient à séparer le Vietnam en deux pour mieux avoir la main mise.
-4° : Il y a très peu de Viet kieu originaire du Vietnam nord
.Bao Nhân;59452 wrote:Là je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis à propos de la particule « Văn »._6°: En fait, on l’intercale entre le nom et prénom afin que les gens puissent distinguer que telle personne dont le nom suivi de cette particule est de sexe masculin. A mon avis, ce serait dû au fait qu’il existe chez les Vietnamiens des prénoms mixtes. . Sinon, la moitié de la population vietnamienne aurait des origines nobles. Ce qui est fantaisiste comme raisonnement.
BNBien .. bien …encore une analyse intéressante qui mêle étroitement une approche vietnamienne et un rappel du passé colonial français.
Voyons voir point par point ….sereinement.. et cool
– Point n°1°: « Colonie d’exploitation »:
Oui je suis d’accord si l’expression « Vietnam du Sud » se rapporte à ce qui fut la Basse Cochinchine coloniale, faite de « Latifundia » et de grandes plantations détenues par de riches colons français, « colonie » pratiquement gérée en direct à partir de la Métropole Française, vu son importance économique.« Colonie de non-peuplement »: Qu’avez-vous voulu dire ? ( parce que je ne suis pas d’accord à première vue)
Puisque vous êtes à la fois Vietnamien et Français, vous savez surement qu’il s’agit d’un dossier assez sensible qui provoque encore aujourd’hui des réactions épidermiques tant du côté Khmer/Cambodgien que du côté Vietnamien ; de toute façon les 2 camps se mettent toujours d’accord pour laisser la responsabilité de cette situation aux Colonisateurs Français !!!Oui mais : la Basse Cochinchine a été occupée, bien avant l’arrivée des Français, par les Vietnamiens de chez les Nguyen justement..ceux dont vous parlez, et qui ont utilisé la technique dite du « Mitage ».
Mais il y avait bien avant eux des Khmers, pas mal de Khmers… avec même leurs pagodes, leur Bouddhisme Théravadà et leurs palmiers à sucre baptisés « Thnôt »( et çà c’est bien Khmer.. et pas Nguyen du tout !!!)– Point n°2: Les Van Nguyen
Je rejoins tout à fait le pdv de Bao Nhân rappelé au point n°6
Je reste toujours intéressé par une « explication claire » de l’origine du nom générique NGUYEN, même si je pense qu’on en est assez près, depuis un certain temps déjà (cf le fil de discussion passé).
Personnellement, j’ajouterais qu’il y a peut-être à prendre en compte la tradition et l’influence du « Culte des Ancêtres « ; je pense que cette appellation est bien en relation directe avec les lignées régnantes dans les Vietnam Nord et Sud ; et je dirais volontiers que ces rois ont sans doute « collé d’office » le port obligatoire de leur lignée royale pour obliger leurs sujets à se souvenir du clan auquel ils appartenaient (leur « famille élargie ») , notamment lorsqu’ils rendaient hommage annuellement à leurs ancêtres.
(cette inteprétation n’engage que moi bien sûr)-point n°3: Une petite précision complémentaire s’impose, svp .
Car, soit :
. vous parlez de la période récente..
Et la séparation du Vietnam en Nord et Sud (17eme parallèle), comme vous le savez bien, date des accords d’Evian de 1954.. post Dien Bien Hu où vous étiez témoin direct.
« La France avait alors perdu la main. ». ou, comme je le suppose plutôt, vous voulez parler du début de la première guerre d’Indochine, celle qui concerne la France des années 46/54.
Dans ce cas, et selon moi, je dirais qu’il ne faut pas parler de » Vietnam du Sud » mais encore une fois de la Basse Cochinchine.
Il est exact qu’il y a eu un clash entre d’Argenlieu et HCM , le premier voulant organiser un réferendum séparé de cette Basse Cochinchine, alors que HCM acceptait seulement un réferendum global sur toute l’Indochine (c’est la doctrine des « 3 Khi » de HCM).Parce que, selon la 1ere ou la 2eme hypothèse, le résultat du réferendum n’aurait pas du tout été pareil!!
( Et pour cause : revoir mon petit paragraphe sus-cité sur le peuplement initial de la Basse Cochinchine)..
Après, il y a eu le bombardement d’Haîphong et le début de cette Première guerre d’Indépendance..– votre point n°4 : « Il y a très peu de Viet kieu originaire du Vietnam nord «
votre constat me semble très juste .. et vous savez pourquoi?
Je ferai remonter l’explication aux relations Sino-Vietnamiennes..et à l’expansion du monde communiste asiatique.
– en 1949, suite à la guerre civile entre Nationalistes Chinois et partisans de MAO , les « perdants » sont partis se réfugier soit à Taïwan , soit aussi, surtout pour les Sudistes chinois, dans le Tonkin colonial d’alors.
– en 1954, avec l’indépendance du Vietnam Nord et l’instauration officielle du régime communiste, ces mêmes exilés , auxquels se sont rajoutés les Vietnamiens anti-communistes, sont descendus au-dessous du 17eme parrallèle; puis très rapidement,vu l’activité des troupes de HCM dans le Centre Annam, tout ce monde est redescendu jusqu’à Saïgon.Les plus fortunés se sont mis à l’abri avant 1975.. et les moins fortunés ont fourni les gros bataillons des Boat People après le 30 avril 75.. nouvel épisode dramatique de l’histoire du Vietnam.
Encore une fois , tout en respectant votre pdv et votre analyse, voilà ce que je souhaitais apporter comme infos (qui n’engagaent que moi bien sûr!!) pour nourrir cet échange.
trinhdung;59349 wrote:Bonjour à tousje suis un tout nouveau venu au forum ,Je suis un ancien combattant Vietminh( bo doi) à Dien Bien Phu en 1954,j’avais 14 ans,je faisais partie de la 3eme vague d’assaut qui n’a pas eu lieu en totalité,c’est peut etre pour cela que suis encore là.
J’ai combattu avec détermination contre l’armée française et à présent je voyage avec un passeport français,une chose pareille ne peut arriver qu’à un Vietnamien. Trinhdung
Bonjour à vous
Je tiens à vous souhaiter la bienvenue ….parce que:
– nous devons être du m^me âge ou peu s’en faut
– je suis allé à Dien Bien Phu ,
et me suis recueilli tant devant le monument élevé pour les morts de La France (sans tombe) qu’au cimetierre où sont enterrés de nombreux combattants du Vietnam.
– j’ai lu avec un très grand intérêt (et même relu) le bouqun de Jules ROY sur « La bataille de Dien Bien phu » .
Personnellement, et outre ses qualités littéraires, je le trouve pour l’époque de sa parution (1963) d’une assez grande objectivité, même s’il s’attarde beaucoup plus sur les problèmes du commandement français
.Qu’en pensez-vous, svp?
9 juillet 2008 à 5h25 en réponse à : [documentaire] Le Vietnam dans "Faut pas rêver" sur France3 #70536HUYARD Pierre;59333 wrote:Le niveau de vie de la majorité des Vietnamiens, toutes proportions respectées, il se retrouve sensiblement équivalent?
Toutes proportions gardees evidement! Mais ca fait de grosses proportions quand meme.
Pour jouir de nouveau de la vie agréable que ce pays a à t’offrir, j’espere que ca ne sera pas toutes proportions gardees, sinon apprete-toi a souffrir un peu.
Toutes proportions gardees evidement.Rien ne vaut une bonne petite expérience sur le terrain, et sur plusieurs mois ; par exemple
-disons « 100 dollars de revenu par mois » pour un Vietnamien du pays qui vit à la Vietnamienne
– doublons allègrement la somme pour l’Expat, qui devra vivre d’une manière autonome et à la mode vitenamienne si çà lui fait plaisir !!,
soit 200 dollars par mois.
Qui veut bien essayer svp ?
( je l’ai fait il y a 10 ans maintenant , à côté ; il me fallait mes 500/600 dollars /mois , en vivant entièrement indépendant hors » circuit Expat »!!!
Mais ce fut une expérience absolument formidable)8 juillet 2008 à 15h58 en réponse à : [documentaire] Le Vietnam dans "Faut pas rêver" sur France3 #70516Et pour les « volontaires qui en redemandent. »
COREE DU SUD – LES MARIAGES INTERNATIONAUX EN COREE
Auteur : par le P. Paul Couvreur, MEPNDLR – Avec l’Inde et la Chine populaire, la Corée du Sud est un des pays d’Asie à connaître un fort déséquilibre hommes-femmes, conséquence des avortements sélectifs qui déciment les fotus féminins depuis maintenant plus de vingt ans. Dans ces pays, la priorité pour nombre de familles est d’avoir des garçons. Outre ces avortements, la conséquence de ce déséquilibre est une « pénurie » d’épouses. Le P. Paul Couvreur est membre de la Société des Missions Etrangères de Paris. Missionnaire en Corée du Sud depuis 1978, il avait été rappelé en France en 1998 comme assistant du supérieur général des MEP. Son mandat de six ans accompli, il est reparti en Corée en février 2005 où il travaille au sein du diocèse de Taejon. Dans l’article ci-dessous, il explique son travail et la rencontre qu’il a faite avec une nouvelle forme de pauvreté, celle de ces ménages « mixtes » ou « internationaux », où le mari est coréen et l’épouse étrangère et où l’apprentissage de l’un par l’autre ne va pas de soi
…
Je voudrais partager ici ma découverte, depuis mon retour, d’une autre dimension de la présence étrangère en Corée, à savoir ce qu’il est convenu d’appeler ici les « mariages internationaux
Je ne parle pas de ces couples (mari coréen et épouse étrangère) qui se sont constitués après le séjour plus au moins long en Corée d’une ouvrière étrangère. Celle-ci, au départ, n’avait pas forcément l’intention de s’installer en Corée, mais, solitude aidant aussi sans doute, elle a trouvé « chaussure à son pied ». Le mariage ainsi contracté, après un temps d’adaptation (même minimale) en Corée, ne pose pas, ou pose moins, les problèmes que je souhaite évoquer ici. Il s’agit en effet, alors, de l’issue assez ordinaire et en générale heureuse, de la rencontre de deux jeunes qui, au moins avec une certaine liberté, peuvent décider de faire leur vie ensemble.Le phénomène dont je veux parler ici est une réalité qui est signe et cause d’un nouveau type de pauvreté, apparue depuis à peine plus de dix ans. La population coréenne avait toujours, jusqu’alors, mis sa fierté dans le fait (discutable !) d’être une « race pure n’ayant pas souffert des métissages d’autres nations. On ne se mariait donc qu’entre Coréens, veillant bien d’ailleurs à ce que la famille du jeune prétendant Kim n’ait aucun lien de parenté avec Melle Kim qui éventuellement deviendrait l’épouse (pour reconnaître « les siens on ajoute au nom de famille le nom de l’endroit de Corée dont sont issus les ancêtres).
Jusqu’à ces dernières années, cela s’était toujours avéré possible et, s’il est vrai que quelques couples internationaux se sont constitués suite à la présence sur le territoire des soldats américains, on en parle encore aujourd’hui comme d’un « mauvais traitement qu’ont subi quelques femmes coréennes 1). Mais jamais n’avait-on songé jusqu’alors que des hommes coréens puissent épouser des étrangères. Et c’est précisément ce qui « nous » arrive ! C’est cela que je viens de découvrir à mon retour en Corée et c’est de cette « pauvreté »-là que je veux parler.
C’est une réalité qui devient de plus en plus apparente, pour laquelle il est fait une publicité parfois choquante, et qui intéresse de plus en plus les médias. J’en veux pour preuve cet article du Korea Times du 9 mai 2005 dont le titre est ainsi libellé : « De plus en plus de célibataires coréens sont en quête d’amour à l’étranger Et d’expliquer :
« ( …) Malgré l’homogénéité historique de la société coréenne, les mariages rapidement arrangés avec des épouses étrangères sont en augmentation spectaculaire, soutenus d’ailleurs par les campagnes de publicité agressive des agences matrimoniales. L’an dernier (2004), le nombre des Coréens qui ont épousé des étrangères s’est élevé à 25 594, plus du double des 11 017 cas recensés en 2002 par l’Office national des statistiques de Corée.
Les mariages arrangés ne sont pas quelque chose de nouveau en Corée. En effet, dès les années 1980, les campagnes manquant de jeunes femmes (celles-ci préférant aller chercher fortune en ville), les mariages avec des citoyennes chinoises (de Chine continentale), mais de souche coréenne, sont devenus chose populaire. Mais, actuellement, les hommes de Corée du Sud élargissent leurs horizons et choisissent aussi des femmes qui n’ont pas le même héritage ethnique.
Parmi les épouses étrangères, celles provenant de Chine sont encore les plus nombreuses : 18 527 l’an dernier, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2003. Les épouses vietnamiennes suivent au second rang : 2 462, soit une augmentation de 75 % par rapport à 2003. Les Japonaises étaient 1 224 et les jeunes femmes des Philippines 964… »
Oui, la Corée est actuellement « pauvre de jeunes filles à marier Depuis les années 1980, dit-on (2), la proportion d’hommes par rapport aux femmes est de 11 pour 10. C’est le résultat du planning familial des décennies précédentes, prônant la famille d’un ou de deux enfants, et aussi sans doute d’une élévation du niveau de vie (avec les coûts et les besoins que cela entraîne), sans parler de l’égoïsme ou, au moins, d’une certaine peur de l’avenir. Cela a provoqué de nombreux avortements dont les fotus féminins sont les premières victimes, puisqu’il s’agit encore, dans tout cela aussi, de perpétuer le nom de la famille, ce qui reste le privilège de la population masculine. Bref, à force de « faire le tri », la proportion, naturellement équilibrée, des sexes s’est trouvée notablement endommagée.
Des raisons avouées et d’autres non avouées.
Il est d’ailleurs assez curieux de constater qu’il y a peu de gens, en Corée, à admettre le lien entre la pratique de l’avortement et ce déséquilibre actuel des sexes masculin et féminin. Par contre, l’une des raisons alléguées communément au fait que des hommes coréens ne trouvent plus de partenaires féminines parmi leurs compatriotes, est l’urbanisation qui a entraîné une dépréciation, encore plus grave qu’avant, de la vie à la ferme ou au village de pêcheurs.
Parmi les ruraux, un Coréen sur quatre a épousé une étrangère l’an dernier, un phénomène dû à la chute du nombre de Coréennes acceptant de vivre dans des zones d’agriculture et de pêche. Les mariages internationaux entre célibataires ruraux et femmes non coréennes se sont élevés au nombre de 1 814 en 2004, ce qui correspond à 27,4 % du total des 6 629 mariages impliquant des hommes engagés dans la culture et la pêche, selon l’Office national des statistiques. Le nombre des mariages « biraciaux » entre célibataires ruraux et femmes étrangères a continué à augmenter, du fait que de plus en plus de femmes coréennes préfèrent vivre dans les zones urbaines où le niveau de vie est plus élevé et où on peut trouver une grande variété d’activités culturelles et de loisirs (3).
… ….
Parmi les « couples internationaux » que j’ai eu l’occasion de visiter, je constate aussi que le(s) divorce(s) de certains Coréens entre(nt) en ligne de compte dans le fait qu’ils épousent une étrangère. On notera au passage que le divorce aussi est un phénomène récent en Corée : l’urbanisation et donc l’abandon de la vie en familles groupées comportant en général trois générations ont relâché les contraintes sociales en matière de fidélité conjugale d’une manière assez spectaculaire.
« La capitale, Séoul, comptait 10 276 968 habitants au 1er janvier 2004. Chaque jour de 2003 a vu deux cents nouveaux couples se fonder à Séoul, mais aussi, chaque jour de 2003, il y a eu quatre-vingt-dix divorces (officiels ! il y en a d’autres …), soit entre deux et trois fois plus qu’en 1993 (trente-sept divorces) » (4). Ces divorces font que des hommes âgés de 30 ou 40 ans, voire plus, se retrouvent seuls, avec d’ailleurs souvent des enfants. Les familles de ces divorcés font pression sur leur fils pour qu’il retrouve une partenaire. Mais on comprend que les jeunes filles coréennes qui veulent se marier ne soient pas tout à fait prêtes à accepter un partenaire avec un tel passé et un tel passif. Le divorcé coréen n’aura plus comme recours qu’un mariage avec une étrangère…
On notera aussi, parmi les explications de ces mariages internationaux, le fait que des hommes, moins doués par la nature que les autres, se retrouvent seuls, et une étrangère, ignorante de la situation, acceptera plus facilement d’en devenir le partenaire.
Il y a certainement encore d’autres considérations à faire en amont de ces « mariages internationaux ». Pour faire bref, on peut dire que la Corée est arrivée à ce stade de son histoire où « après avoir résolu son problème de main-d’oeuvre industrielle en employant des travailleurs venus du Sud-Est asiatique, elle est maintenant en train d’essayer, par le même moyen, d’aborder le problème de son ‘manque de jeunes filles à marier’ » (5).
Ces explications, partielles, du phénomène des mariages internationaux me semblent pouvoir être considérées comme des « signes » d’une certaine pauvreté, nouvelle en Corée. Celle-ci découle d’un bouleversement des modes de vie qui ne va pas forcément dans le sens du développement de la personne humaine. Mais que dire alors de la pauvreté, de la situation misérable engendrée par une grande partie de ces mariages internationaux et dont les étrangères surtout sont les victimes ? Après avoir considéré qu’ils étaient « signes de pauvreté », je voudrais montrer maintenant comment ces mariages internationaux sont aussi « causes de pauvreté », matérielle et surtout morale.
Des agences matrimoniales d’un type particulier
Pour bien comprendre la situation, il faut d’abord savoir « comment sont faits » ces mariages internationaux.Laissons notre journaliste de service (6) nous décrire la situation. Il ne parle ici que du Vietnam, mais le processus est identique dans les autres pays, puisqu’il ne relève que de l’initiative des agences matrimoniales.
« Les hommes coréens sont très populaires au Vietnam, nous dit Choi Sung-Hee, employé à l’agence ING Wedding qui est spécialisée dans les arrangements de mariages avec des femmes vietnamiennes. Ils ont la réputation d’être travailleurs et d’avoir l’esprit de famille. »
L’agence emmène donc au Vietnam, pour un séjour d’une semaine, les éventuels futurs maris. Ceux-ci rencontrent, à leur arrivée, jusqu’à une centaine d’épouses potentielles, toutes âgées d’une vingtaine d’années, et dont aucune n’a été mariée précédemment. Une première sélection, basée sur le physique des candidates, réduit leur nombre à quelques douzaines, qui subissent alors une interview avec interprète. « C’est comme les élections de Miss Corée ! commente M. Choi.
Quand un homme a jeté son dévolu sur une jeune femme, les deux vont ensemble chez les parents de la jeune fille demander leur permission. Le prétendant aura alors à payer un million de wons (1 000 USD) à la famille, en cadeau de mariage. La troisième journée du séjour devient celle de la célébration du mariage, suivie du voyage de noces tout le reste de la semaine du séjour au Vietnam… En fait, les futurs prétendants coréens auront à débourser de six à onze millions de wons (6 000 à 11 000 USD), pour les frais d’agence et pour les frais de la noce… »
La semaine écoulée, le jeune couple rentre en Corée, sans problème de visa pour la femme étrangère, puisqu’elle est désormais l’épouse d’un Coréen. Selon la loi coréenne, après deux ans de vie conjugale en Corée, l’épouse étrangère pourra faire sa demande d’obtention de la nationalité coréenne. Les enfants à naître seront coréens de par leur naissance d’un père coréen.
Notre journaliste parle aussi de cas où certaines étrangères, ainsi mariées, utiliseraient le mariage comme un « billet d’entrée sans problème et prendraient la fuite pour se trouver un emploi. Il n’y a pas de statistiques à ce sujet, mais ce qui est certain, c’est que cette fugue met, ipso facto, l’étrangère concernée dans une situation de « résidente illégale avec les conséquences que cela entraîne.
Pour comprendre la facilité – et la rapidité – avec laquelle ces couples internationaux se font (ou se défont !), il est bon de savoir qu’en Corée la procédure du mariage est très simple. Il suffit que les futurs époux déclarent, devant deux témoins coréens, leur intention de vivre ensemble, pour devenir aussitôt mari et femme. Il leur faudra quand même aller faire une déclaration officielle de leur échange de consentements à l’administration coréenne ad hoc pour l’enregistrement légal de leur union.
Les agences matrimoniales qui arrangent les mariages à l’étranger n’ont donc de comptes à rendre à personne. Elles assurent un « service », et se payent comme bon leur semble. A noter ici que l’Eglise dite de la réunification (la secte de Moon) s’emploie aussi beaucoup à la « fabrication » de ces mariages, à ce commerce ! Car il faut bien appeler les choses par leur nom !
L’argent
Si ces mariages sont rendus possibles, c’est bien à cause de l’argent : l’argent qu’il faut avoir pour « se payer » une épouse, l’argent qui rentre pour ces familles étrangères amenées à « vendre » leur fille, sans parler de l’argent qui remplit l’escarcelle des agences matrimoniales concernées et autres profiteurs. Tout cela n’est-il pas signe d’une réelle pauvreté, en humanité, en biens matériels, en respect de la dignité humaine, selon les différents acteurs de ce drame ? Car enfin ce « commerce » a des conséquences désastreuses.
Le mari coréen, qui s’est ainsi acquis une épouse à prix d’argent, s’en considère le propriétaire et la toute jeune épouse étrangère n’est plus qu’un objet dont il peut se servir à volonté ; au mieux, elle devient un (animal) domestique qui doit se soumettre au doigt et à l’oil de son maître. Les relations homme-femme, dans le couple coréen, n’ont commencé que récemment à s’orienter vers une plus grande égalité des sexes, mais le triste spectacle que nous donnent bon nombre de ces couples internationaux vient hélas nous rappeler que les machos coréens ont encore beaucoup de progrès à faire.
Comment « s’entendre » ?
Si encore cette femme étrangère pouvait comprendre pourquoi elle est aussi souvent l’objet d’une telle animosité, d’un tel dédain de la part de celui qui lui avait fait miroiter le paradis lors des premières rencontres, là-bas au pays ! … Car, s’il n’est déjà pas facile à un homme et une femme de s’accepter dans leurs différences, précisément d’homme et de femme, se retrouver brutalement avec quelqu’un dont on ne connaît ni la langue, ni la culture, dont on ne connaît rien à vrai dire, est un choc dévastateur. Le plus désolant est de constater que bien souvent l’époux coréen et ses proches ne réalisent pas la solitude et la panique dans lesquelles se trouve enfermée la nouvelle venue. Ils n’ont, pour la plupart, jamais fait l’expérience de la vie à l’étranger et ils voudraient que, du jour au lendemain, la jeune épouse soit capable de vivre à la coréenne et de se comporter comme une Coréenne.
Combien de fois, lors des visites, n’ai-je pas entendu le mari coréen s’exclamer : « Puisqu’elle est en Corée maintenant, elle doit vivre comme nous ! Pourquoi ne fait-elle pas ce que je lui dis de faire, comme le font et doivent le faire les femmes coréennes à l’égard de leur mari ? » Ne pas être très sensible à la psychologie féminine et aux différences entre les psychologies masculine et féminine n’est pas inhabituel chez les hommes coréens, mais, être, à ce point, inconscient des difficultés énormes que doit affronter l’épouse étrangère, précisément parce qu’elle est étrangère, révèle une épouvantable étroitesse de vue et un égoïsme désarmant.
L’un des buts des visites que je fais à ces couples, avec une religieuse coréenne, est précisément de faire prendre conscience au mari coréen de « l’étrangéité », de l’altérité de sa compagne. La religieuse coréenne insiste, en tant que femme, sur la psychologie féminine. Quant à moi, étranger vivant en Corée, je partage les difficultés et les problèmes que j’ai rencontrés et que je rencontre encore aujourd’hui, précisément du fait d’être étranger. J’essaie de faire comprendre aussi que le temps arrange pas mal la situation et qu’il faut donc user de patience et donner le temps à la partenaire pour prendre racine et s’intégrer.
Nous ne manquons pas non plus d’essayer de faire comprendre au mari coréen que la vie de couple doit aller dans le sens de l’acceptation de l’autre tel qu’il est et non pas tel qu’on voudrait qu’il soit. C’est souvent demander beaucoup… sinon trop !
La situation de solitude psychologique et morale où se trouve la jeune épouse étrangère, au moins au début de son séjour, est une pauvreté extraordinaire. Cela se trouve même renforcé du fait que bien souvent le mari et sa famille empêchent la nouvelle venue d’avoir des contacts avec ses propres compatriotes. On empêchera les visites réciproques et même parfois, si l’épouse est catholique, on lui interdira l’assistance à la messe dominicale célébrée pour les étrangers afin d’éviter tout contact en dehors du « clan » coréen. Bref, l’épouse étrangère se trouve confinée à la maison, assurant les tâches ménagères, sans lien avec l’extérieur, sans aucune possibilité de partager avec qui que ce soit le poids de sa solitude et de sa souffrance morale. C’est presque la vie de prison !
Comment s’en sortir ?
Bien sûr, dès qu’un premier enfant paraîtra (et en général cela ne tarde pas !), la jeune femme pourra porter son affection sur un être aimé. Mais là aussi, on lui reproche souvent de ne pas savoir nourrir et élever l’enfant à la coréenne. Le fait de ne pas – ou presque pas – parler le coréen devient un handicap aussi pour l’enfant, et les torts sont, bien sûr, une fois de plus, mis sur le compte de la jeune maman… qui décidément n’est bonne à rien !
C’est une situation de pauvreté, de désarroi, qui semble aller en augmentant, et qui relève même du cercle vicieux. Il faudrait pouvoir apprendre la langue coréenne, mais les tâches ménagères, les soins à prodiguer au bébé, et aussi le fait qu’on s’oppose aux contacts avec le monde extérieur, font que le démarrage de l’apprentissage de la langue est toujours remis à plus tard.
Aussi, un autre but des visites faites à ces couples internationaux est de faire comprendre que la décision de se mettre à l’apprentissage de la langue est prioritaire. Là aussi, mon expérience d’étranger en Corée me permet d’avoir un peu de poids dans la conversation et de faire pression sur le mari coréen. Les deux centres pour étrangers mis sur pied par notre diocèse offrent des cours de langue coréenne, et il nous est donc possible de proposer un service pour une mise à exécution immédiate du projet d’études de la langue. Un service de garderie pour enfants permet aux mamans de surmonter un des obstacles majeurs à leur apprentissage de la langue. C’est souvent d’ailleurs, à partir de ces cours de langue, que l’épouse étrangère commencera sa « libération ». Non seulement connaître la langue l’aide à pouvoir se tenir debout, en adulte, dans le milieu coréen qui est désormais le sien. Mais ces cours lui donnent aussi la possibilité de rencontre et de partage avec d’autres étrangères, souvent ses propres compatriotes d’ailleurs.
A partir de là, on constate que le mari et sa famille diminuent aussi la pression et permettent éventuellement à l’épouse étrangère de participer à certaines activités culturelles, sportives et religieuses, que nos deux centres diocésains organisent aussi.
Il arrive aussi, hélas trop souvent, que les situations mettent du temps à s’arranger, et même qu’elles ne s’arrangent pas du tout. Le diocèse a donc mis sur pied un « refuge » pour les femmes étrangères victimes de violences, et cette maison n’est jamais vide. Evidemment, l’adresse de ce refuge est confidentielle et absolument ignorée des époux coréens et des familles auteurs des violences. Les services de la police sont parfois nécessaires pour faire « sortir » l’étrangère de son lieu de souffrance et l’amener au refuge.
Pendant ce temps, avec la religieuse, on tente d’amener les auteurs de violences à prendre conscience de ce qui n’a pas marché dans le passé et de ce qui pourrait être fait pour améliorer la situation. Dans bien des cas, le comportement agressif du mari coréen est dû aussi à l’alcool, et il y a donc du travail à faire à ce niveau-là aussi, pas toujours sans résultat d’ailleurs.
Il faut reconnaître enfin que les divorces sont assez nombreux et qu’ils surviennent parfois assez rapidement parmi les couples internationaux. La jeunesse et le manque de maturité des épouses étrangères entrent aussi en ligne de compte : on a pu être pris au piège de ce mariage arrangé à un âge où l’aventure à l’étranger pouvait paraître attrayante, mais, avec une ou deux années de plus, dans ce contexte où le « mirage » a complètement disparu, il n’y a plus rien qui retienne dans ce genre de vie. Evidemment, si un enfant est au milieu de cette situation dramatique, la décision du divorce sera peut-être contenue, du moins sera-t-elle plus difficile à prendre. Mais souvent, le divorce entraînant l’illégalité de séjour et provoquant le retour au pays d’origine, la jeune maman aura à laisser derrière elle son ou ses enfants qui ne peuvent l’accompagner, puisqu’ils sont, eux, coréens. Et c’est encore une autre pauvreté qui vient s’ajouter…
La précarité économique aussi
Sans prétendre être exhaustif dans la présentation de cette nouvelle forme de pauvreté, je voudrais ajouter quelques lignes sur la pauvreté matérielle engendrée par ces mariages internationaux. Je me réfère ici à une enquête dont a fait état le Korea Times du 15 juillet 2005.
« Plus de la moitié des femmes étrangères venues vivre en Corée du Sud, suite à leur mariage, vivent dans la pauvreté. Selon le ministère de la Santé et de l’Aide sociale, 52,9 % des couples internationaux vivent au-dessous des revenus minimums. Il n’y a que 11,3 % de ces foyers à bénéficier du plan d’aide gouvernemental… Parmi les couples qui vivent dans cet état de pauvreté, 15,5 % omettent un repas par jour, faute de pouvoir s’acheter la nourriture.
En outre, il faut savoir que la moitié de ces femmes étrangères sont ignorantes du plan d’aide gouvernemental, et que les étrangers ne peuvent bénéficier de cette aide avant les deux ans de séjour requis pour pouvoir obtenir la nationalité coréenne. Plus de 22,5 % de ces femmes paient leurs factures de soins médicaux à plein tarif. »
L’avenir
Que conclure de tout cela ? Que faire, face à toute cette pauvreté qui s’accumule ?
Il est vrai que l’on se trouve bien démuni, bien « pauvre », face à toute cette misère, à ce manque d’humanité, à ce non-respect de la personne humaine. Je suis bien conscient que notre action en faveur des victimes de ces mariages internationaux ressemble à du replâtrage. Plutôt que de guérir les blessures, ou, plus pauvrement, plus petitement, plutôt que de soulager quelques souffrances ici et là, on aimerait pouvoir prévenir le mal et travailler à ce que ce genre de commerce sauvage ne soit plus possible. L’une des racines du mal semble être que ces mariages internationaux sont le fait d’individus, d’entremetteurs particuliers, d’agences matrimoniales qui sont plus intéressés par l’argent que par les personnes.
« Il est temps, suggère l’éditorialiste du Korea Times du 30 juin 2005, que le gouvernement intervienne ! Il pourrait d’abord exercer une surveillance administrative sur les agences matrimoniales internationales. Ces agences d’entremetteurs se développent maintenant comme des champignons et n’en réfèrent presque jamais à l’autorité. Il faudrait que le gouvernement installe un système de contrôle. Il faudrait aussi mettre en place une nouvelle institution d’éducation, en faveur des épouses coréennes qui ont à s’ajuster à la langue et aux divers modes de vie coréenne. Le ministère de l’Egalité des sexes et de la Famille qui vient de reprendre vie semble être le mieux à même de travailler en ce sens… »
En attendant, il me paraît valable de continuer, autant que faire se peut, à soigner les victimes rencontrées, mais aussi à faire connaître au maximum ce nouveau genre de pauvreté et d’esclavage, pour mieux le dénoncer et le combattre plus efficacement.
Notes
(1)Editorial du Korea Times, 30 juin 2005
(2)Korea Times, 30 juin 2005
(3)Korea Times, 28 juin 2005
(4)Korea Times, 10 mars 2005
(5)Editorial du Korea Times, 30 juin 2005
(6)Korea Times, 9 mai 2005(EDA, P. Paul Couvreur, septembre 2005)
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8 juillet 2008 à 15h38 en réponse à : [documentaire] Le Vietnam dans "Faut pas rêver" sur France3 #70515Pour les « Incroyants » de F-V , vous avez ce petit texte :
Commerce de mariages forcés
Un autre style de trafic qui mérite attention est la manière dont on fait du commerce illicite sous couvert de la forme institutionnalisée et socialement acceptée du mariage. La stratégie est d’envoyer des filles vers les pays occidentaux par l’intermédiaire d’agences matrimoniales.
Le commerce de « commandes de mariées par la Poste » a ainsi réalisé de grands profits en utilisant la détresse de femmes vietnamiennes, népalaises, pakistanaises, thaïlandaises, indiennes, etc. Aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Grande-Bretagne et en Allemagne, des agences matrimoniales offrent des contacts étendus et des services de rencontres « sur mesure ». Les clients disposent d’un catalogue de femmes, venant ordinairement « d’Extrême-Orient et qui sont supposées être passives, soumises – de parfaits esclaves sexuels -. Une fois que ces femmes sont « livrées » aux hommes, elles sont souvent soumises à de terribles tortures, à des violences et, en certain cas, elles sont vendues pour la prostitution. Etant dans un environnement étranger, elles ne bénéficient d’aucune aide sociale ou de leur entourage et elles sont trop effrayées pour s’adresser à la police, même lorsqu’elles sont des émigrées en situation régulière. Dans beaucoup de cas, la fille a entre 20 à 25 ans, et l’homme est âgé de plus de 50 ans. En acquérant ainsi une « épouse » orientale, ces hommes font une « bonne affaire » : esclave sexuelle, personne s’occupant d’eux, aide ménagère – trois pour le prix d’une !
Il y a aussi ce qu’on appelle le système de l’épouse temporaire. Les hommes arabes qui résident au Pakistan pour une courte période peuvent prendre une femme qui fait la cuisine, lave les habits et assouvit leurs désirs sexuels. Après son séjour, la femme est abandonnée et, si des enfants sont nés, ils relèvent de sa seule responsabilité. A part les situations où les femmes sont consentantes pour se marier, il y a aussi les faux mariages. Les femmes vietnamiennes acceptées en Chine et qui s’attendent à trouver du travail sont vendues comme épouses ou concubines à des Chinois, souvent dans des provinces éloignées d’où elles ne peuvent s’échapper. La proportion des femmes en Chine étant déséquilibrée, dans un cas attesté par écrit, une femme a été forcée d’être l’épouse d’un homme et de ses quatre fils. Au Bangladesh, un « futur marié », accompagné par des hommes posant comme des frères, ou des cousins, ou pères ou oncles, parcourent les campagnes, allant d’un village pauvre à un autre, cherchant des familles qui souhaitent marier leurs filles. De cette manière, un grand nombre de « futures mariées » ont été rassemblées et emmenées en groupe au Pakistan, où elles ont été livrées à des trafiquants locaux. Des épouses du Bangladesh et du Népal ont été cédées par leurs maris à des hommes en Inde. Beaucoup de Pakistanais se sont mariés avec des femmes émigrées de Birmanie qui avaient fui ce pays pour échapper à la dictature et les ont fait travailler comme tisseuses de tapis au Pakistan. Leurs enfants, quand ils ont atteint l’âge de quatre ou cinq ans, deviennent des apprentis. Par conséquent, ce système procure aux hommes des maîtresses, des travailleuses et des reproductrices de main-d’ouvre pour l’industrie d’exportation de tapis. Derrière une façade de mariage, se cachent des situations d’esclavage qui sont une des formes de trafic d’êtres humains au Pakistan( ne sont pas évoqués ici les Coréens et les Taïwanais .. mais si si … y abien un problème aussi!)
Et comme de bien entendu, c’est un article de MEPASIE (des Curés, mais qui connaissent très bien leurs dossiers!!!)
LE TRAFIC DE FEMMES ASIATIQUES, UN ESCLAVAGE DES TEMPS MODERNES
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