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festival de Cannes un film vietnamien selectionné

Discussions générales sur le Vietnam La Culture au Vietnam festival de Cannes un film vietnamien selectionné

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  • Auteur
    Messages
    • #115671
      Ti Ngoc
      Participant

        Bonne nouvelle, si par la suite il passe dans ma région j’irais le voir!
        Merci Maya.

      • #115680
        maya;108587 wrote:
        Un film vietnamien est selectionné à « Cannes  » dans la section « semaine de la critique » « Bing Ding so » de Phan Dang di

        Photo Bi, dung so! de Phan Dang Di – La Semaine de la Critique en images – Photos – 2010 – festival de cannes – ParisMatch.com

        Maya:bye:

        Merci Maya…
        Je crois que la traduction « Bi, Dung So » = « Bi, N’aie pas peur ! »
        (Bi : est le nom de l’enfant de 6 ans)

        NVTL

      • #115719

        Entretien avec le réalisateur

        Quel a été votre parcours jusqu’à la réalisation de ce premier film ?

        J’ai commencé à suivre des études de cinéma à 18 ans, à l’Ecole de cinéma de Ha Noi. Depuis, je passe
        mon temps à écrire des scénarios, à regarder les films, à étudier l’histoire du cinéma et à boire de la
        bière.
        À part cela, j’ai commencé il y a 4 ans à donner des cours d’histoire du cinéma et des cours d’écriture de
        scénario à l’Université nationale de Ha Noi.
        En 2005, j’ai commencé à faire des courts-métrages. Et maintenant, un long-métrage.

        Bi don’t be afraid était à l’Atelier de la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2008. Quelles difficultés pour un cinéaste vietnamien indépendant dans le contexte du cinéma mondial ?

        Présenter soi-même un projet de film dans les festivals internationaux n’est pas dans les habitudes des
        cinéastes vietnamiens. J’ai donc été un peu mal à l’aise au début. Mais finalement l’expérience n’a pas
        présenté de difficultés particulières. Le problème est ailleurs : les investisseurs étrangers connaissent très
        peu le Vietnam, certains ignorent même quelle langue nous parlons. Heureusement pour moi, ceux qui
        avaient pris mon scénario à l’Atelier en 2008 m’ont tous répondu par la suite, et certains sont allés plus
        loin : ils se sont investis dans le projet.

        L’un des derniers grands prix cannois obtenus par un cinéaste d’origine vietnamienne, c’était la
        Caméra d’Or pour L’Odeur de la papaye verte de Tran Anh Hung. Vous allez concourir pour le même
        prix : que représente-t-il à vos yeux ?

        Une nuit d’été, il y a presque 17 ans, chez moi, les yeux rivés au petit écran noir et blanc, je suivais la
        cérémonie de clôture du Festival de Cannes. L’image d’un jeune Vietnamien recevant la Caméra d’Or a
        déclenché une très vive émotion chez le jeune homme que j’étais. J’ai décidé sur le coup d’opter pour le
        cinéma alors que je m’apprêtais à devenir écrivain…. Je n’ai rencontré Tran Anh Hung que 10 ans plus
        tard, à Hà Noi. Après avoir lu un de mes scénarios, il m’a demandé pourquoi je n’avais pas encore réalisé
        de films. J’ai commencé à le faire deux ans plus tard, en 2005. Me voici avec mon premier long-métrage,
        point d’arrivée d’un parcours de 17 ans qui a commencé par un rêve. C’est pour moi quelque chose d’à la
        fois surprenant et plein de sens.

        Bien que très écrit, le récit de Bi, n’aie pas peur ! se construit d’abord par la mise en scène.
        Comment la concevez-vous ? Quelle est l’étape du processus de création la plus importante à vos
        yeux (écriture, tournage, montage…) ?

        Contrairement aux scénarios précédents, tous complets et détaillés, le scénario de Bi, dung so ! se
        présente comme une esquisse de 50 pages, avec très peu de dialogues. Je me suis efforcé d’éviter tous les
        éléments dramatiques. Je n’ai pas voulu mettre mes personnages dans des épreuves qu’ils doivent
        surmonter, ni expliquer leur cheminement psychologique. Je ne me suis pas beaucoup occupé de l’ordre
        chronologique… Ce que j’ai voulu créer, ce sont des sensations réalistes mais difficiles à expliquer, des
        rapports humains mêlés à des histoires qui arrivent aux uns et aux autres. Ayant choisi cette option,
        tourner le film ne consistait plus à raconter une histoire avec une structure narrative habituelle, mais à
        créer des sensations liées à chaque scène et à anticiper les raccords de montage. Dans ce film, le montage
        a été très important et a exigé beaucoup de temps. Le scénario m’a pris un mois, le tournage près de
        deux mois alors que le montage a duré 4 mois, et c’est insuffisant…
        Quelle est la principale qualité qu’un metteur en scène doit avoir pour parvenir à ses fins ?
        Une volonté de fer dans le travail et une grande sagesse dans l’action. Mais ce sont seulement des
        conditions grâce auxquelles il doit atteindre son objectif quelles qu’en soient les circonstances, dans le
        style qui lui est propre.

        Votre film sépare personnages masculins et féminins. D’un côté, des hommes faibles (l’autorité
        malade du grand-père, l’alcoolisme du père, la jeunesse du garçon) de l’autre des femmes qui
        tentent de s’émanciper du désir masculin. Pensez-vous que l’on puisse mieux comprendre la
        situation d’une société en y observant la condition des femmes ?

        Cela va de soi, ne serait-ce que parce qu’elles représentent la moitié du monde, qui plus est, la moitié la plus forte. J’ai compris cela à partir de ce que j’ai vu chez les femmes vietnamiennes. Les femmes sont
        fortes, non pas parce qu’elles sont indépendantes des hommes ou qu’elles détiennent le pouvoir. Elles
        sont fortes parce qu’elles croient à quelque chose de simple, parce qu’elles prennent la vie au sérieux. La
        patience qu’elles déploient face aux hommes, infidèles pour la plupart, qui manquent de confiance en
        eux-mêmes et qui sont toujours prêts à courir après des plaisirs éphémères prouve qu’elles sont
        moralement plus fortes qu’eux… Dans une société comme celle du Vietnam qui a connu tant de
        bouleversements (les guerres, les catastrophes naturelles, la succession vertigineuse de credo et de
        dogmes tous inventés et rejetés ensuite par les hommes…) si les choses finissent par s’arranger, c’est
        grâce à la persévérance des femmes, aux sacrifices qu’elles ont consentis. C’est ainsi qu’elles ont appris à
        accepter la vie, qui est rarement facile, à accepter les hommes, souvent très faibles.

        Votre style est très sensuel. Comment travaillez-vous avec vos acteurs ou avec vos différents
        collaborateurs pour composer ce style « tactile » ?

        J’ai cherché cette sensualité chez les acteurs dès le casting. Pendant le tournage, il a fallu beaucoup de
        temps pour qu’elle réapparaisse chez les acteurs. Il y a une autre raison : nous avons choisi de tourner
        pendant une période torride, tout le monde (et pas seulement les acteurs) était immergé par la chaleur, il
        faisait 35°C. La sueur qui colle à la peau, qui trempe les vêtements est bien réelle. Ceux qui vivent dans
        les pays tropicaux connaissent cette sensation naturellement érotique. Une autre raison, et pas la
        moindre, c’est que j’ai un cameraman d’une grande sensibilité. Chacune de ses images est tout
        naturellement d’une grande sensualité.

        Comment interpréter le motif de la glace qui circule dans tout le film et à travers tous les personnages ?

        De toute évidence, la glace épanche la soif, rafraîchit la bière, apaise la pulsion sexuelle chez la tante,
        adoucit la douleur qui torture le grand père… La glace garde la fraîcheur des feuilles pour Bi. Elle vous
        pique, elle vous gèle, mais elle fond aussi rapidement, comme toutes les choses de la vie, qui paraissent
        puis disparaissent…

        De l’enfance à la mort en passant par le désir sexuel, votre film est un condensé de l’existence
        humaine. Aviez-vous en tête cette structure de récit initiatique qui passe d’abord par le langage des
        corps ?

        Les trois personnes du sexe masculin dans le film (Bi, son père, son grand père) sont en réalité les trois
        âges d’un seul et même homme. Ce qui leur est commun, c’est qu’ils ont besoin des femmes, ils ont
        besoin qu’elles s’occupent d’eux, qu’elles les protègent, qu’elles les aiment, qu’elles les épuisent. Mais
        comprennent-ils les femmes ? Deux autres points communs les relient : ils ont besoin de posséder et ils
        ont chacun quelque chose à cacher : une pastèque dans le cas de Bi, une maîtresse dans le cas du père,
        un passé scellé depuis des années dans le cas du grand père. Ainsi, pour les hommes, la naissance, l’âge
        d’adulte et la mort… tout cela n’est-il pas une succession de questions de plus en plus difficiles, questions
        dont ils n’ont probablement pas la réponse ?

        Quel est votre regard sur le cinéma vietnamien, comment vous inscrivez-vous dans son histoire?

        Le cinéma vietnamien n’est pas dépourvu de bons films, mais ce sont des films isolés, pour ainsi dire des
        fulgurances survenues au bon moment pour tel ou tel cinéaste. On ne trouve pas de réalisateur qui ait
        produit un ensemble de films de valeur, unis par un style personnel, exprimant une conception
        personnelle de la condition humaine. Je suis un débutant. Ce qui explique que je ne me soucie pas
        beaucoup de la place que j’occupe dans cette histoire. Disons que pour le moment, je me tiens à part,
        dans mon coin.

        Propos recueillis par Patrice Carré pour la Semaine de la Critique

        Source : http://www.isabelleburon.com/upload/Bi-Dossier-de-presse.pdf

      • #116016

        Merci pour vos messages et la traduction du titre
        Maya

      • #116404
        duc

          si vous etes a Cannes

          il y a le projection aujourd’hui 21 mai au festival « off » de cannes du film
          de John Trinh , docu sur l’agent orange

          Cannes Independent Film Festival: 2010 line-up

          17 h CIFF Villa près du palais du festival

        • #117303

          Merci Duc
          Les nouvelles sont plutôt bonnes pour le cinema sud est asiatique , la palme d’or est revenu à un thailandais Werasetakul et « Bi don’t be afraid  » a remporté 2 prix à Cannes

          ?Bi, Don?t Be Afraid? wins two at Cannes

          Maya

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