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Répondre à : [Ecriture vietnamienne] Le chữ nôm

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#50255

Bizarre, je n’arrive pas à éditer mon message, peut-être qu’il y a une limite de temps. Donc je continue dans un nouveau message.

Bao Nhân wrote:
Je crois qu’on a parlé du hán nôm et du quốc ngữ en tant que sytème de notation, et qui n’a rien à voir avec le hán văn (littérature chinoise) que étudiaient autrefois les futures candidats des concours mandarinaux, pour qui avec ou sans l’invention du hán nôm ça ne change rien, car de toute manière, ils doivent étudier le hán văn dans sa version originale. D’ailleurs, l’invention du hán nôm avait pour vocation de se servir comme système de notation destiné pour la masse populaire non pour les élites dont, une partie d’entre eux affichent même une certaine méprise vis-à-vis du hán nôm.

A mon avis non, l’invention du Nôm n’avait pas pour « vocation de se servir comme système de notation destiné pour la masse populaire ». Je ne sais pas sur quoi vous vous basez, mais ça me semble contraire à tout ce que j’ai pu lire sur la question. Ce que j’ai compris, c’est que ce système a été élaboré par les lettrés (donc tous formés aux chữ nho, écriture chinoise classique) qui ressentaient le besoin d’écrire non pas en chinois mais en langue nationale (c-à-d le quốc ngữ, terme qui ensuite a été utilisé pour désigner l’écriture romanisée) pour être libéré d’une langue (le chinois) qu’ils jugeaient inadaptée à exprimer leurs pensées et les émotions proprement vietnamiennes. Ceux qui étudient le Kiều en sont convaincus. Et de plus, ils pouvaient ainsi écrire des textes qui seraient compris (et non pas lisibles) par les classes populaires. Bref, ce n’était pas dans le but de faire accéder la population à l’écriture, mais plutôt d’écrire pour la population, dans un langage qu’elle comprend (à l’oral).Pas nécessaire que tous sachent lire, il suffit qu’une seule personne sache et lise aux autres. Ca restait en tout cas une affaire d’élites : ceux qui avaient justement suffisemment étudié le Hán văn pour se frotter au Nôm. Et vous avez raison, le Nôm était largement méprisé par une partie des lettrés, y compris parmis ceux qui savaient l’utiliser.

Bao Nhân wrote:
A ma connaissance : le concours mandarinal qui ouvre ses portes tous les trois ans aux candidats venus de tout le pays et issus des milieux sociaux les plus divers, parmi lesquels se trouvent même de nombreux autodidactes (à mon avis, on l’aurait considéré comme une forme de démocratie avant l’heure).

Je ne peux pas l’affirmer, mais je vois mal comment il y aurait pu y avoir des autodidactes dans la mesure où la transmission du savoir ne pouvait pas passer autrement que de maître à élève. Que je sache, il n’y avait pas de manuels de chinois en librairie à cette époque, et le chinois n’était pas utilisé ailleurs que dans le circuit très restreint des lettrés (mandarins + moines + médecins + étudiants + …) (*). De plus, même dans les provinces reculées, il y avait forcément quelques lettrés plus ou moins doués (au moins dans l’administration), qui avaient plus ou moins réussi les concours mandarinaux, et qui pouvaient donner un enseignement et préparer des disciples aux concours mandarinaux. Il arrivait que le maitre et le disciple passent ensemble le concours et que seul le disciple, peut-être plus doué ou chanceux, réussisse à devenir mandarin. Certains passaient le concours toute leur vie! Sans être mandarins, ils étaient un minimum lettrés. Comment pouvait-on être autodidacte? S’il y en a eu, ils ne devaient certainement pas être nombreux.

(*) Vous aviez raison de signaler qu’il n’y avait pas que les mandarins. Je ne sais pas si j’ai dit dit le contraire, mais ce serait une erreur de ma part.