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Répondre à : [Documentaire-Arte] Chasseur de saveurs : le Vietnam avec Mark Brownstein

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#45089

Bonjour,

Par chance, les deux épisodes de cette série documentaire étaient rediffusés, ce qui me permet de vous faire partager mon impression toute personnelle…
Je les avais enregistrés sur le disque dur de mon appareil, de sorte à ne rien manquer, au cas où.

J’ai appris que le cafard d’eau était une variété de punaise (dont la capacité à produire du « parfum » est bien connue) et que l’esplanade du mausolée de l’Oncle Ho en était un repaire du temps où les rizières n’avaient pas été remplacées par des pelouses. Ensuite, le « chasseur de saveurs » s’est mis en quête du vrai « ca cuong » après en avoir goûté dans une sauce d’accompagnement de banh cuon, chez les célèbres soeurs … qui sont les spécialistes réputées de ce plat à Hanoï, toujours accompagné de son guide, une charmante étudiante qui n’aurait pas déplu (c’est un euphémisme :bigsmile:) à BenP, pour découvrir que le malheureux avait cessé son activité de chasseur de punaises à cause de son état de santé. Là-dessus, en sortant de chez Monsieur …, l’Américain exprimait son souhait de le voir recouvrer la forme, pour renflouer les réserves de ca cuong, limitées à six flacons de 15 ml… Parce que, naturellement, cette fine bouche avait aussitôt détecté le côté chimique du ca-cuong qui assaissonnait les banh cuon mangés plus tôt. Moi, pauvre béotienne, je me contente parfaitement du synthétique thaïlandais, le seul que je connais !

Bon, je vous l’avoue tout net ; ce type m’a paru fort antipathique, parce qu’il entrait dans le cadre de l’Occidental riche voleur des richesses naturelles de pays pauvres : là, ce sont les plantes indigènes dont on prive les autochtones en les brevetant, ailleurs, c’est autre chose, pour la même démarche : le pillage systématique. Ainsi, ce petit malin gagne sa vie en voyageant pour dénicher des goûts nouveaux, à la solde de chefs cuisiniers, propriétaires de bars et industriels de l’agro-alimentaire, dont le souci est de réveiller l’intérêt d’une clientèle blasée, leur évitant la peine de se déplacer. Ces gens se voient servir des mets originaux sans avoir besoin d’aller à la rencontre des ingrédients rares et lointains, encore moins à celle des peuples qui les cueillent ou les cultivent.

Cet individu a sûrement trouvé un bon boulot, agréable et bien payé, n’empêche que je trouve le principe parfaitement condamnable de profiter de la naïveté de peuples qui livrent innocemment les trésors de leur sol.

Conclusion : ceux qui n’ont pas regardé ont bien fait ; je vous invite même à boycotter les épisodes sur les autres pays ! Halte à l’exploitation sauvage !

Thu Huong