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Un article intéressant de Pierre Journoud , chercheur à l’Ecole Militaire:
Dien Bien Phu : naissance et destin d’un mythe héroïque
Héros militaire, culture et… – Dien Bien Phu*: naissance e… – Pierre Journoud – UMR CNRS IRHiS
Mais, en France, la question s’est posée très tôt de savoir comment gérer les conséquences de la défaite, avant même que celle-ci se fût produite ; comment en atténuer la portée. Dès qu’ils ont pris conscience que la bataille tournerait au désastre, les responsables politiques et militaires ont tout fait pour en minorer les enjeux4. Puisant dans une vieille éthique héroïque et sacrificielle, ils ont aussi cherché, avec une grande persévérance et quelques complicités, à faire de cet échec majeur une glorieuse défaite.
L’héroïsation collective des combattants de Dien Bien Phu s’est accompagnée de la promotion de quelques destins individuels – tels de Castries, Bigeard, Langlais, Grauwin ou Geneviève de Galard5.
Depuis 1954, néanmoins, la monopolisation de la mémoire et de la parole publique sur Dien Bien Phu, par une poignée d’anciens acteurs de la bataille plus médiatiques et soucieux de ne pas écorner la légende, comme le général Bigeard et ses « paras », a occulté les sentiments et les réflexions de milliers de soldats anonymes, citoyens français ou membres de l’Union française, qui ont pu se sentir ainsi dépossédés de leur mémoire. Différentes initiatives, notamment à l’occasion du cinquantenaire de la bataille, ont permis à certains d’entre eux de se réapproprier leur passé, et aux historiens de dégager une vision plus historique de la bataille.
2 Avant de préciser comment le retour de cette mémoire longtemps bâillonnée a pu influencer à son tour les représentations de la défaite en France (il ne sera question du mythe héroïque au Vietnam qu’en conclusion), il faut en revenir aux origines du mythe héroïque de Dien Bien Phu, c’est-à-dire au début de la bataille.
Peut-être François Guillemot est-il influencé par cette mémoire longtemps bâillonnée ?
Malgré le traumatisme engendré par les conditions de captivité, les survivants français témoigneront à leur tour du courage de leurs adversaires.
De fait, pour la première fois à une telle échelle et si loin de ses arrières, Giap a accepté le combat dans une grande bataille frontale, principalement conventionnelle17. Tant les prouesses logistiques de l’arrière que les sacrifices des combattants de première ligne ont fortement marqué les Français.
Conscient d’avoir partagé une expérience hors du commun, les anciens adversaires se sont voué un grand respect mutuel, au-delà de divergences politico-idéologiques irréconciliables.
L’historicisation de la bataille de Dien Bien Phu malmenée par les témoignages des anciens.
Grandeur et décadence du mythe héroïque en France
Lire dans les derniers paragraphes
Le mythe à l’épreuve des témoignages
On peut donc penser après avoir lu Pierre Journoud que certains livres sur Dien Bien Phu ne font que suivre l’histoire officielle.