› Discussions générales sur le Vietnam › Le Vietnam, son passé, son histoire › CONG BINH, la longue nuit indochinoise de Lam LÊ › Répondre à : CONG BINH, la longue nuit indochinoise de Lam LÊ
– DVD reçu il y a trois mois. Regardé environ un mois plus tard. Pourquoi ? = trois heures tranquilles à trouver et… un peu peur aussi de trop d’émotions. Puis enfin… Et un mois encore pour « digérer »….
Il semble que beaucoup de monde ait vu le film en salle, à présent. Et à ce propos j’ai une remarque à faire : J’espère que la fin du film était au moins suivi de l’un des suppléments que l’on peut regarder sur le DVD : l’interview de Lam Le concernant sa conception du tournage. Sinon, ce serait dommage, car ce serait incomplet.
Il explique notamment les toutes premières images du film. Il s’agit d’un groupe de Vietnamiens, alignés et filmés comme une photo de groupe.
Quand elles apparaissent, le spectateur n’y voit rien de remarquable. Or Lam Lê explique qu’il s’agit du dernier plan de son film, et qu’il a voulu faire une boucle, en quelque sorte, en montrant d’emblée, ensemble, à la fois les spectateurs du théâtre de marionnettes sur l’eau (qui sont des enfants vietnamiens à qui, avec les marionnettes, on raconte l’histoire des Cong Binh – ce qu’il explique à ce moment-là aussi et qui n’était pas évident), et les acteurs du films (les vieux messieurs qui sont les survivants-témoins).
Sans cette interview ajoutée, et d’autres explications d’autres détails au cours du film, c’est totalement indécelable !
Si les projections en salle ne les montrent pas, c’est très, très dommage, auquel cas je vous conseillerais de vous procurer le DVD.
– Peut-être certains parmi vous pourront-ils me rassurer à ce sujet ?
Dire toutes les émotions ressenties est impossible. Mais il y en a une, parmi les premières, que je peux citer.
L’un des Cong Binh fait une remarque qui m’a particulièrement touchée.
Après le cauchemar de la séparation d’avec les parents, on vient de raconter les semaines en mer de la traversée depuis le Vietnam jusqu’en France, lesquelles sont semblables à celles des esclaves noirs du XIXe siècle…
Arrivée à Marseille. Débarquement.
Et là, le témoin dit : « Je me souviens. On a vu des Français, et on a été très étonnés… Car c’était la première fois qu’on voyait des Français nous parler sans crier ! «
Un détail qui illustre les colons et la colonisation…