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Répondre à : Onze mois ss-prefet en Basse-Cochinchine du capt. Lucien Grammont

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#156753

@DédéHeo 156446 wrote:

Ce militaire mélange un peu : C’est l’évêque qui a trouvé les sous et les hommes en pleine révolution. Mais pour lui, un évêque français et des militaires français, ça travail pour la France. Normal, non ? Il est quelqu’un du second empire, pas d’une république laïque.

Même si l’on admet que « un évêque français et des militaires français, ça travail pour la France », il y a une grosse différence entre 100 soldats et 1.650 soldats. Et quand on n’a pas amené le nombre de soldats promis, on n’a pas la légitimité pour exiger la contrepartie. Juridiquement, il fallait renégocier le traité.

@DédéHeo 156446 wrote:

Tu Duc et les Vietnamiens qui l’entouraient avaient la capacité de former des médecin et tout ce que tu voudras. Mais ils n’en n’ont rien fait.

Ils n’en ont rien fait en 1858 pour former des médecins parce qu’il faut d’abord créer un socle technologique parmi la population locale. Les japonais avaient besoin de 20 ans pour le faire et la colonisation d’Indochine n’y est jamais arrivée à le faire même après 80 ans.

Pour former des médecins, il faut d’abord permettre aux jeunes de maîtriser les sciences modernes. Tu Duc et Nguyen Truong Tô avaient déjà attaqué aux réformes de l’enseignement des sciences en achetant manuels, machines et en engageant des instructeurs occidentaux (exactement comme Nguyên Anh avait engagé des experts militaires pour rénover son armée au 18e siècle).

Si les Français avaient laissé Tu Duc en paix en 1858, les Viets auraient pu avoir leurs propres médecins formés à la manière ocidentale après une génération d’étudiant (c’est-à-dire fin 19e siècle comme au Japon).

@DédéHeo 156446 wrote:

Les missionnaires envoient les bonnes sœurs :
Par exemple le Bệnh viện đa khoa Xanh Pôn (actuel hopital polyclinique Saint-Paul.
A été racheté aux religieuse (Saint paul de Chartes » par l’Etat colonial de la 3ème République.

Les missionnaires n’ont jamais amené des médecins avec eux au 17e siècle. Ils sont venus surtout pour critiquer et humilier les croyants et tradition vietnamienne et semant le désordre. Les écrits de Alexandre de Rhodes nous montrent que ces missionnaires étaient carrément des fanatiques religieux incapables de respecter les autres religions :
Rhodes, Alexandre de: Catechismus pro iis, qui volunt suscipere baptismum, Roma [1651] | BSB Digital

C’est seulement après l’invasion et la pacification du VN fin 19e siècle, début 20e siècle qu’on a des médecins et des hôpitaux qui soignent en priorité les colons français. Et toujours aucun médecin vietnamien. Alors que si on avait laissé faire Tu Duc et Nguyen Truong Tô, on aurait des équipes de médecins indigènes fin 19 e siècle. Comme au Japon.

Les Viets au 19e siècle n’avaient pas besoin de bonnes sœurs pour s’occuper malades et des nécessiteux. Il y avait déjà des moines et nones bouddhiques pour cela. Ils avaient surtout besoin de manuels et d’experts capables de former leur jeunesse à devenir médecin modernes (parce que la médecine orientale existait aussi déjà). On sait aussi qu’ils avaient les moyens financiers pour engager ces experts (qui ne coûtent pas plus chers que des experts militaires payés par Nguyên Anh au 18e siècle).

La conclusion est qu’en 1858, les Viets n’avaient vraiment pas besoin d’être colonisés et les Français de l’époque le savent très bien. Les Français ont vu les effets néfastes de la colonisation sur les Indiens d’Amérique au 17e siècle (c’est-à-dire 2 siècles avant la colonisation d’Indochine). Ces colons sont venus en Indochine dans le seul but d’accroitre la puissance de l’Empire français. Personne ne les obligeait à le faire et ils en ont payé de leur vie.